mardi 29 décembre 2009

Véronique Olmi "Bord de mer"




Une mère qui a promis à ses deux petits garçons enfants de les emmener en vacances à la mer. Alors, elle va le faire parce qu’une maman ça ne peut pas décevoir. Elle nous raconte, elle nous le dit avec ses mots qu’elle aussi est une maman « bien ».
Dès les premières lignes, on sait que cette escapade à la mer n’en est pas une « on avait pris le car, le dernier car du soir, pour que personne nous voie ». Il n’y aura ni de cris de joie, ni baignade mais la pluie, une mer violente et une chambre d’hôtel sordide.

L’auteur, Véronique Olmi, nous livre l’histoire de cette femme sans prendre parti.
Cette femme qui, pour une fois, voudrait être une maman comme les autres et faire plaisir à ses enfants. Mais, ses angoisses reviennent la hanter et puis il y a cette peur de ne pas y arriver.

Le style épuré, les phrases courtes mettent en exergue son amour pour ses enfants, sa colère à être toujours jugée, cataloguée, son ras le bol qu’on lui dise ce qu’elle doit faire avec ses propres enfants.
Et nous lecteur, on se retrouve d’autant plus impuissant parce qu’on a un mauvais pressentiment.

Le mal-être que l’on ressent s’amplifie et quand enfin on a tourné la dernière page, on est sous le choc, complètement abasourdi.

Une lecture bouleversante après laquelle, on a beaucoup de mal à remette un pied dans la réalité…

lundi 28 décembre 2009

Le cérémonial de fin d'année

A l’époque des mails et des SMS, j’aime toujours adresser des cartes de vœux papier. Pour rien au monde, je ne dérogerai à ce cérémonial de fin d’année. Une après-midi calme et silencieuse, le temps idéal pour se plonger dans l’écriture. S’appliquer, former de beaux arrondis sans rature, sans traits secs ou disgracieux qui pourraient trahir mes douleurs. Réfléchir quelques instants, le stylo suspendu dans l’air et trouver les mots personnalisés pour chacun. Pas de longues tirades ou de phrases ronflantes, juste quelques mots sincères.

Dans quelques jours, la représentation de la pièce «bonne année » va se jouer. Quoi de plus normal de souhaiter ses vœux à ceux que l’on aime, aux personnes qui nous sont chères ou que l’on apprécie ?

Très rapidement, cette pratique vire à l’hypocrisie générale, les vœux se noient dans une parodie de bons sentiments. Distribution à la louche de souhaits et de désirs. Qui en veut ? Allez, on en profite, c’est gratuit ! Rien ne manque : les voix enjouées qui sonnent faux, les sourires d’apparats, la gentillesse soudaine. Mais, chacun joue son rôle de spectateur ou d’acteur parce qu’au fond, on a tous envie d’y croire…

dimanche 27 décembre 2009

Souvenirs d'enfances

Chacun possède ses propres souvenirs d’enfance, qu’ils soient gais, joyeux, édulcorés ou tristes…On peut se les remémorer avec délice et espérer revenir dans le passé pour les revivre intensément ou alors les cacher enfouis au plus profond de soi, vouloir les oublier à tout jamais, tellement ils font mal.


Marie
Elle est bien loin derrière moi mon enfance, plus de quarante ans me sépare d’elle, mais elle demeure présente. Elle surgit au détour d’une odeur que je croyais oubliée à tout jamais, se réveille à la vue d’une vieille photo écornée, revient par bribes à l’écoute d’une chanson démodée. Oh oui, je revois la grande maison de campagne où nous passions nos week-ends et une partie de nos vacances. Le jardin où ma mère passait des heures en chantonnant à couper quelques fleurs ici et là, la grande terrasse pavée jonchée de vieux pots en terre et surtout cette campagne si luxuriante qui m’offrait un immense terrain de jeu. J’attendais impatiemment le moment où le blé et le maïs sortaient de terre, la saison où je ramassais des châtaignes puis les noisettes. J’entreprenais des promenades, des marches à travers les champs avec ou sans autorisation, avide de tout connaître. Je délaissais les poupées, je fuyais les activités imposées par mes parents pour parfaire mon éducation. L’odeur des lupins, l’herbe haute qui me piquait les jambes, les vaches qui me fixaient de leurs gros yeux tout en ruminant et dont je me méfiais, les talus que je franchissais et où il fallait éviter les ronces, les orties pour ne pas abîmer mes vêtements. Je martelais bien fort le sol de mes pieds pour faire peur aux vipères, j’inventais des animaux curieux, dangereux qui se tapissaient dans l’obscurité des ombres mélangées aux fougères. Un bâton à la main pour écarter les branchages, je retenais ma respiration avançant prudemment. Une fois que toute suspicion était levée, je continuais à gambader. Quelquefois, mes deux jeunes sœurs m’accompagnaient. Elles me suivaient toujours de près en se donnant la main. Lili et Marie m’obéissaient, c’était moi la grande. Les petites voulaient toujours rentrer assez vite de peur de se faire gronder mais moi j’aurais pu y rester des heures. Mes parents désespéraient, me menaçaient de m’enfermer dans ma chambre et ma mère soupirait que j’avais de plus en plus l’air d’un garçon de ferme. Malgré les punitions, je continuais à explorer cette campagne si simple et si belle. C’était trop tard, Je m’étais éprise pour toujours de cette nature, de toute cette liberté qui s’offrait à moi.



Sandrine
Ne me parlez de mon enfance ! J’ai tout fait pour l’effacer de ma mémoire. Ah, certains avaient le droit à de l’amour, de l’affection, je n’avais rien de tout cela. Les clichés standards de la famille parfaite, laissez-moi rire. C’est bon la pub, pour faire rêver monsieur et madame tout le monde, leur vendre du bonheur sur papier glacé, rien d’autre. Un père alcoolique, fainéant de surcroît et une mère mélancolique dont les yeux ternes reflétaient toute la tristesse du monde en permanence. Je n’ai jamais connu les histoires que les parents racontent le soir pour vous endormir ou les chansons pour bercer. Dès la fin d’après-midi, mon père, cuvait son vin et ronflait dans le salon endormi devant la télé allumée alors que ma mère était à son travail. Quand il n’avait plus à rien à boire, il me faisait aller à l’épicerie du coin acheter une ou deux bouteilles de rouge bon marché. La tête basse, les yeux fixés sur le trottoir, je me dépêchais de honte. Quand ma mère rentrait, elle allait dans sa chambre, elle y passait tout son temps libre, ne sortant que pour les repas. Quand elle ouvrait la bouche, elle posait toujours les mêmes questions comme un vieux disque. Elle les disait par automatisme, écoutant à peine mes réponses. J’avais à peine 8 ans et je voulais partir, je m’endormais le soir en mettant au point des plans de fugue.
La liberté, je l’avais ! C’était la seule chose qu’ils m’ont offert ou plutôt laissé… La liberté de pouvoir rester traîner le soir après l’école, de partir avec mes copains faire les quatre cent coups, celle d’avoir fumé ma première cigarette à 9 ans ou d’avoir bu ma première bière un an plus tard. Mais, je ne l’ai jamais prise… par peur. Peur de l’inconnu, peur de voir le bonheur chez les autres, je suis restée m’enfermant un monde imaginaire.



Louis
Enfant unique, j’étais dorloté par une mère possessive et choyé par mon père qui voyait en moi « le seul héritier de la droguerie familiale fondée par mon grand-père ». Ma mère craignait pour ma santé, me couvrait d’un bonnet et d’une grosse écharpe au moindre petit vent, me gavait de fortifiants et de sirops de toute sortes. Je n’avais pas l’autorisation d’aller jouer souvent avec mes copains de peur que j’attrape froid ou un microbe quelconque… Mon père, lui, parlait de moi comme si j’étais un prince qui un jour accèderait au trône royal, celui de régner sur les vis et les pots de peinture ! Je m’ennuyais de ne pas pouvoir découvrir le monde. Confiné dans un espace où ma mère pouvait toujours me surveiller, je n’avais pas le droit d’aller deux rues plus loin en vélo. Les autres à l’école se moquaient de moi, me surnommaient « le p’tit bébé à sa maman ». Ne voulant pas faire de peine à mes parents, je ne leur disais rien mais je souffrais en silence. Les murs de ma chambre étaient tapissés de cartes découpées dans des magazines, je connaissais par cœur le nom de tout les pays et de toutes les mers. Je rêvais de voyager, de faire le tour du monde et d’aventures dans la forêt amazonienne. Puis, petit à petit, l’amour de mes parents a commencé à m’étouffer. Quand mon père décrivait les projets de développement de l’entreprise familiale, il ne pouvait s’empêcher d’ajouter que j’avais de la chance d’avoir un avenir tout tracé. Et ma mère, le regard bienveillant, souriait, approuvait d’un hochement de tête. J’étais devenu prisonnier des ambitions de mes parents, d’une vie orchestrée sans fausse note réglée comme du papier à musique. Puis, j’ai commencé à franchir les interdits, sortir jouer dehors même s’il gelait ou faire le tour de la ville en vélo sans me soucier de l’heure. Ma mère me reprochait de lui causer autant de frayeurs, mon père s’indignait que je ne vienne plus l’aider au magasin. Je voulais être libre de mon avenir, de mon métier. A mes 14 ans, j’ai fait un baluchon avec quelques affaires et je suis parti embarquer sur un thonier. Ca y est, j’étais libre !

vendredi 25 décembre 2009

Fatou Diome - La Préférence Nationale




« La Préférence Nationale » ce sont tout d’abord les rêves, les espoirs que l’étranger a en tête en arrivant en France. Fatou Diome nous raconte son pays natal haut en couleurs et en odeurs. On le voit, on l’imagine et on l’entend, ce Sénégal envoutant à deux vitesses. Et puis, il y a le racisme primaire dont Fatou Diome est victime. Etudiante et femme de ménage, elle encaisse les propos humiliants de ses patrons, leur soi -disant « supériorité » intellectuelle due à leur couleur de peau.

Femme de caractère, Fatou Diome est une battante qui se défend par les mots.
Une auteur comme j’aime, qui dit les choses comme elles le sont.
Sa plume est vive, chantante ou dure par la violence des situations. Un style remarquable, touchant…

Un livre qui est un des mes grands coups de cœur de cette année !

Blandine Le Callet "Une pièce montée"




Un roman satirique et piquant d’humour ! On y apprend que les familles bien-comme-il-le-faut-sous-les-rapports, qui sont la fierté et la marque de fabrique de notre bonne vieille France , ne sont pas irréprochables.

Berangère et Vincent, jeunes, beaux, riches, pedigree Bobo se marient. Blandine Le Callet nous fait vivre cette journée mémorable à travers les portraits de quelques uns des invités, sans oublier le prêtre. Des gens bien élevés, propres sous toutes les coutures et qui vont se montrer moins reluisants par leurs pensées ou par leurs actes…

Une lecture agréable qui fait passer un bon moment.

samedi 19 décembre 2009

La rumeur

Origine de la rumeur : prend naissance à partir d’un fait divers ou d’une hypothèse puis se nourrit de tout ce que les gens vont dire. Particularité : se gave de l’avis de chacun et raffole de tous les potins.

La rumeur enflait depuis quelques jours. Elle était sur toutes les bouches, s’infiltrait dans les moindres conversations surtout les plus anodines. Ce matin, elle crevait d’orgueil, elle pavoisait et toisait de haut ses détracteurs. La nuit lui avait donné raison, Brest s’est réveillée sous la neige ! Pas quelques flocons épars, semés ici où là, non de la neige : un vrai tapis blanc et cotonneux.

Avant de mette le nez dehors, on regarde par la fenêtre, on jauge à vue d’œil l’épaisseur dans le jardin. Mais rien ne vaut le terrain ! Alors, fébrilement et en robe de chambre, on va constater par soi-même. On écoute le bruit de la neige qui craquelle sous ses semelles, on avance prudemment comme sur un terrain miné. La démarche se veut souple, agile (tel le félin prêt à bondir sur sa proie). Mais, le moindre pas s’avère pataud, embarrassé. D’ailleurs, on ne soulève pas ses pieds, on les traîne par peur de tomber. Si on glisse un peu, on pousse des petits cris aigues.

Et puis, les souvenirs d’enfance remontent à la surface : les routes de campagne impraticables, les batailles de boule de neige…

La ville se métamorphose: les voitures roulent à deux à l’heure, grands et des petits affichent un air polisson, rieur.

Quand on y regarde de plus près, on constate que rien n’a vraiment changé. Passé et présent se superposent : Brest était paralysée ce matin par deux petits centimètres de neige…

vendredi 18 décembre 2009

Philippe Delerm - La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules






On retrouve tout l’art de Philippe Delerm. Il décrit avec cette minutie précise des moments simples pour en faire des purs moments de plaisirs. Le génie de capter des instants et d’en parler avec finesse et poésie. Un éventail de situations et de souvenirs qui deviennent un luxe privilégié sous sa plume.

Il nous invite à gouter, à savourer pleinement ces évanescents moments.

Suspendre le temps pour apprécier ces bribes de petits instants, croqués sans artifice.

mardi 15 décembre 2009

Françoise Lefèvre "le petit prince cannibale"




Une très belle lecture, très touchante. Un cri de vérité où s’expriment les peurs et les combats. La vérité se fait dure ou poétique, violente ou tendre à travers l’amour maternel, le courage et les moments d'abattement.

Une mère, un écrivain : une même femme qui lutte pour et par les mots. Les mots pour sortir son fils de l’autisme, les mots de l’auteur qui attendent d’être écrits et ceux de son fils.

La puissance des mots prend toute son ampleur : ils sont la porte d’entrée entre deux mondes différents, le lien si fragile qui les unit.

Un livre magnifique par la beauté des sentiments et des émotions exprimées.

lundi 14 décembre 2009

Jacques A. Bertrand - Les autres, c'est rien que des sales types













Jubilatoire, un régal de l’esprit, une détente des zygomatiques ! Ces portraits sont fignolés avec brio dans la finesse des expressions et des jeux de mots. Ceux qui savent jouer de l’auto-dérision se retrouveront au détour d’une phrase…

Nous pouvons affirmer qu’il existe plusieurs catégories d’Ecrivains. Ce mot vient du latin Scriba qui signifie scribe. Dès l’Antiquité et même avant, les Ecrivains étaient des scribouillards. Ils passaient leurs journées à dessiner des hiéroglyphes puis à écrire de pompeux discours pour les personnalités célèbres de l’époque. C’est à ce moment que la jet-set naquit.

Des scribouillards devinrent gratte-papier alors que le commun des mortels n’est qu’un gratte-Millonnaire, Banco et Morpion (d’où l’expression se gratter le c.. (censuré)).

Pour en revenir aux Ecrivains, une des catégories accède au prestige et à la gloire selon le nombre de best-sellers vendus. Et quoi de plus dur que de pondre et d’enchaîner les livres à succès ? Je vous le demande… Sauf quand on a trouvé le bon filon et les ingrédients qui plaisent à tous les coups (au choix : argent, sexe, sentiments, trahison, amour).

Une autre catégorie gagne ses lettres de noblesse grâce à son talent : celui de choisir les mots, de jongler avec pour en faire des chefs d’œuvre. Une chose est certaine : Jacques A. Bertrand en fait partie !

vendredi 11 décembre 2009

Philippe Claudel "la petite fille de Monsieur Linh"




Il y a des livres qu'on relit pour le plaisir. Plaisir de la beauté des mots et de celle de l'histoire. "La petite fille de Monsieur Linh" en fait partie.

Une fois de plus, je me suis prise de tendresse pour ce vieil homme expatrié. Monsieur Linh qui apprend ce nouveau monde, qui tente de s'y adapter pour sa petite fille.

Un livre bouleversant de sentiments qui m'a conduit doucement, sans aucune précipitation, à découvrir sa vie "d’avant" et à aimer cet enfant.

Il espère pouvoir offrir le meilleur à sa petite fille alors on voudrait, simplement, pouvoir l’aider ce Monsieur Linh...

mercredi 9 décembre 2009

Yannick Haenel "Jan Karski"













Jan Karski … je viens de finir la toute dernière page. Ce livre n’est pas qu’un livre, oh que non, il est bien plus. Une piqure de rappel douloureuse pour ne jamais oublier l’extermination de millions de juifs.

Jan Karski a été porteur d’un message pour que le monde se réveille et arrête ce massacre. Toutes les atrocités, toute la barbarie dont il a été témoin étaient dans ce message.

Un message qu’il n’a cessé de répéter et de délivrer à Londres, à la Maison Blanche… Un message seulement entendu par les Alliés.Pourquoi ?
Complicité passive ? Questions de politiques, d’argent? Une réalité trop effroyable, trop cruelle donc faussée ?

La soi-disant Conscience a préféré d’autres intérêts à la place de la vie de ces millions de personnes.

Une chose est certaine, on devient à son tour porteur d’une mission, d’un message pour que plus jamais ça ne se reproduise.

lundi 7 décembre 2009

Régis de Sa Moreira "Le libraire"



« Le libraire » est avant tout une jolie fable faite pour rêver.

-Dis-moi, qu’est-ce que tu voudras faire plus tard ?
-Libraire.
-Mais ce n’est pas un métier.
-Si parce qu’on vend plus que des livres.
-Ah bon ?
-Oui, parce qu’on on donne de l’espoir aux gens et on leur donne le goût de vivre.
-Tu ne pourras pas en vivre financièrement, il vaut mieux que tu songes à un métier qui a de l’avenir
-Je me contenterai des livres, je les lirai, ce sera ma nourriture. Et puis, quand le bon client arrivera, je le lui vendrai.

Un livre à offrir à ceux qui ne savent plus rêver ou qui ont tout simplement oublié ( ohlala, ça fait du monde).

Le petit dialogue n'est pas un extrait du livre mais une de mes fantaisies.

dimanche 6 décembre 2009

Je-tu-elle

Depuis longtemps, j’avais envie de me lancer dans des tranches de vie, des parcours de femmes. L'anonymat décliné au « je-tu-elle » qui peut prendre toutes les identités : moi, votre voisine, votre collègue de travail, votre épouse ou tout simplement vous.

Des visages chiffonnés de fatigue, des silhouettes frêles qui cachent des blessures, des sourires qui cachent des zones d’ombre.

Je m’appelle Hélène, Margot ou Clémence, je suis divorcée ou mariée, je suis de peau métissée ou blanche, mon père était alcoolique ou PDG.

Elles se battent pour ne pas reculer ou elles se contentent de vivre au jour le jour. Elles espèrent ou elles ont peur, elles cherchent le réconfort dans les bras d’un amant ou sont des éternelles fleurs bleues.

Autant de femmes qui viendront raconter leurs histoires. Des témoignages, des confessions avec des mots infirmes ou informes, des phrases décousues ou construites, des états d’âme et de l’humour.

jeudi 3 décembre 2009

Marie Sizun "la femme de l'Allemand"













Encore une lecture qui m’a balayée… Je ne sais pas si cette histoire de « la femme de l’allemand » est basée sur du vécu. Peut-être. Ou sûrement parce que pour pouvoir parler de la sorte de son enfance, il faut l’avoir non pas effleuré du bout des doigts mais ressenti. Vous pensez que je fais dans la sensiblerie ou dans la mièvrerie ?

Ma mère était folle. Oui, elle était maniaco-dépressive. Imaginez-vous un instant sortir cette phrase de votre bouche. Que ressentez-vous ? De la honte, de la gêne ? Et maintenant que pouvez-vous lire dans les yeux de vos interlocuteurs ? De la stupeur, de l’incrédulité, de la surprise ou alors vous devinez la question qui leur traverse l’esprit mais qu’ils n’oseront jamais dire tout haut « mais la folie c’est héréditaire, non ?».

Mon père ? Je suis une enfant née d’un amour impossible lors de la seconde guerre mondiale. Nul besoin d’en dire plus, laissez-leur le temps d’accuser le coup.

Et vous ? Comment l’auriez-vous vécu ? Question difficile, voire taboue. Chut, on ne parle pas de ces choses là, c’est trop dur… comme si juste les évoquer à demi-mots pouvait amener le malheur.

Dans ce livre, Marie Sizun le raconte à sa façon si juste, si parfaite. Elle raconte cette différence et comment on grandit avec malgré le reste : les questions, la culpabilité, les doigts accusateurs ou les regards méprisants.

Un livre bouleversant à lire absolument.
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