mercredi 30 juin 2010

Pierre Dac - Le meilleur de l'os à Moelle


Editeur : POINTS - Date de parution : 27/05/2010 - 278 pages anti-grisaille, anti-morosité!

Quatrième de couverture :
L'Os à Moelle, c'est le manifeste de l'humour loufoque. Lancé en 1938 par Pierre Dac, cette revue propose des dépêches farfelues («Non, la longévité n'est pas incurable !»), des grands reportages saugrenus («L'étrange disparition de l'azimut»), des conseils incongrus («Automobilistes ! Remplacez vos chapeaux de roues par des casquettes ; ça fera plus sport et moins prétentieux»). La présente anthologie regroupe les meilleurs numéros de ce journal mythique.

Un livre dans lequel on picore afin de travailler ses zygomatiques ! Avec Pierre Dac, les années de 1938 à 1940 sont revues et revisitées avec humour. D’un œil critique, il nous ravit avec ses petites annonces, ses offres d’emplois et autres chroniques où l’absurde tient un rôle important.
Loufoque, drôle, irrésistible
, il épingle un portait de la France savoureux dans laquelle on pioche au gré de ses envies pour rire et sourire !

Pierre Dac joue avec les mots et c’est savoureux !

Ce livre garde une joyeuse dérision intemporelle ! A avoir en permanence sur sa table de chevet et à offrir aux grincheux…

Je n’ai pas pu me résigner à mettre des extraits car le livre entier serait à citer …

Reine d'un jour

-Lise ! Lise !!!!

Lise ne répond pas. Excédée sa mère monte les escaliers et ouvre la porte de la chambre sans frapper. Pourtant, la consigne est claire. Sa mère doit d’abord frapper et ensuite attendre patiemment qu’elle réponde.

-Mais, m’man, ça va pas d’entrer comme ça !

Lise est assise sur son lit occupée à appliquer un vernis à ongles rouge pailleté. Sa chambre est typique de celle d’une adolescente : des vêtements éparpillés un peu partout, un bureau jonché de magazines, d’hebdomadaires et de CD. Les murs sont recouverts de publicité pour des parfums comme pour masquer la tapisserie rose, seul vestige de l’enfance.

-Tu vas me faire le plaisir de ranger ta chambre ! Mais d’abord tu descends pour m’aider à préparer le repas.
-J’peux pas !

Lise agite ses doigts nonchalamment. Elle a lu dans une de ses revues qu’il faut bouger lentement ses mains pour que le vernis sèche correctement. Lise respecte à la lettre tous les conseils des rubriques beauté. Hors de question de rater sa manucure, son emploi du temps est très chargé ce soir : shampoing puis masque revitalisant pour ses cheveux. Lise ne pense et ne vit que pour ces diktats de l’apparence. Sa bible de chevet se résume à un cahier où elle colle soigneusement toutes ces astuces. Mais ce soir, elle lira l’hebdomadaire dont elle raffole. Il est arrivé ce matin au courrier et Lise attend impatiemment de découvrir quelle sera l’affaire de la semaine. Meurtre ? Enlèvement ? Blottie sous sa couette, elle se délecte de ces abominations.

Sa mère hausse les épaules :
-Mais, ma pauvre fille ! Quand est-ce que tu vas te mettre un peu de plomb dans la tête ?! Tu ferais mieux de penser à tes études …

En avançant, elle pose le pied sur un article au titre racoleur : « une jeune fille torturée par son beau-père ».


-C’est quoi ce torchon ? Un ramassis d’horreurs! Et puis je t’ai déjà dit : tout ce qui est écrit dans les magazines, c’est pas vrai !

Lise l’interrompt sèchement :
-Qu’est ce que tu en sais toi, d’abord ?
Les épaules basses, la mine découragée, sa mère tourne les talons pour disparaitre dans sa cuisine.

Lire reprend sa lecture : pour des jambes fines et musclées, rien ne vaut ces quelques exercices à faire chez soi vingt minutes par jour. Allongez-vous de biais, levez la jambe…Lise soupire. Est-ce qu’elle en a besoin ? Non. Elle trouve ses jambes parfaites comme tout le reste de son corps. L’entretenir, le sublimer encore pour le grand jour, celui où elle ira à Paris détrôner les mannequins actuels. Elles peuvent profiter de cette gloire éphémère. Dans cinq jours, Lise aura 16 ans et elle déjà prévu son avenir. Prendre la poudre d’escampette, quitter ce village paumé et devenir celle que les grands couturiers vont s’arracher. Son esprit est nimbé de paillettes et de rêves acidulés sous l’œil des photographes. Ils la voudront tous, oui, elle, Lise Lurin, future égérie de la mode. Ils se mettront à genoux pour la supplier … Lise rêve ces moments de conquête depuis toujours. Ce sera son tour de parader sur les podiums et de faire la couverture des magazines. Paresseuse, distraite en classe, Lise au fil des années s’est construite un avenir de top-modèle.

Enfant, on lui distribuait des « oh, elle est mignonne ». Fièrement, elle souriait et affichait un air candide. Devant la glace, elle s’essayait à rendre encore plus attendrissant son joli minois.

Maintenant, elle sent le regard des hommes sur elle. Elle aime savoir qu’ils la désirent. Son visage parsemé de tâches de son est empreint de fraîcheur. Ses lèvres rondes et pleines invitent à l’offrande d’un baiser. Ses yeux noisette pétillent de l’impudence de la jeunesse. Il n’y a qu’à la voir marcher, silhouette gracile ondulante dont les reins dansent à chaque pas. Elle met en évidence ses formes par des vêtements seyants et ses longs cheveux blonds bouclés courent dans son dos. La sensualité se dégage dans chacun de ses gestes. Lise est consciente de son pouvoir de séduction. D’ailleurs, elle ne possède que cet attrait physique mais à ses yeux, c’est l’essentiel. Dans son bled, ses admirateurs se résument au facteur qui lorgne sur sa poitrine, au boucher qui la dévore des yeux et à quelques garçons qu’elle juge sans intérêt. Elle ne se retourne pas à leur sifflement, ne daigne même pas leur accorder un regard. Port de tête altier, elle avance comme une reine semant la jalousie et récoltant des remarques. Frivole, elle ne prête pas garde aux piques de méchanceté : celle-ci terminera à faire le trottoir ! elle ferait mieux de travailler plutôt que d’allumer les hommes.
Lise a la tête remplie de robes faites sur mesure, de maquillage et de gloire.

Ce soir, Lise entortillée dans ses douces pensées boude son assiette.
-Lise arrête de rêvasser ! Et mange avant que ça refroidisse !

Lise soupire, passe sa langue sur ses lèvres charnues :
-Je n’ai pas faim… et puis c’est trop gras !
-Pardon ?! Mademoiselle fait sa difficile maintenant !
-Tu crois que les mannequins mangent des pâtes et du gruyère peut-être?

Elle soupire et affiche une moue dédaigneuse.
-Mannequin… Lise il serait temps que tu penses à travailler, tiens d’ailleurs chez nous, il cherche du monde.

Lise coupe sèchement sa mère.
-Je serai mannequin … tu peux dire ce que tu veux ! Mais moi j’ai de l’ambition !

Sa mère pose brusquement sa fourchette et lui répond violemment :
-De l’ambition ? Quelle ambition… ce n’est pas parce que les hommes te reluquent que tu es mieux qu’une autre ! J’ai honte de toi si tu veux tout savoir !
-Lâche-moi ! Et alors, parce que toi tu bosses dans une usine à trier des poulets, je devrais peut-être faire comme toi ??

Lise n’en revient pas que sa propre mère puisse douter de sa beauté. Les pommettes en feu, elle se lève, renverse son assiette sur la table et part en courant s’enfermer dans sa chambre.
Petite fille capricieuse, vexée au plus profond de son amour propre, elle sort de son armoire le sac qu’elle a déjà préparé depuis une semaine. Elle y rajoute ses trousses de maquillage et ses certitudes orgueilleuses. Ce sac représente son chemin vers sa destinée auréolée d’or et d’argent. La gare la plus proche est à une bonne heure de voiture, elle a prévu se s’y rendre en stop puis d’y attendre le prochain train pour Paris. Avec ses économies, elle pourra tenir une quinzaine de jours. Pour la suite, elle ne se fait pas de soucis.

Sa mère frappe à sa porte :
-Bon Lise, je vais travailler … à demain.
Elle ne répond pas.
Dès qu’elle entend la voiture démarrer, elle patiente une demi-heure au cas où sa mère aurait oublié quelque chose. Elle sort, laissant ses clefs sur la table de la cuisine. Son regard se pose une dernière fois sur la maison. Je reviendrai riche, je les épaterai et tous ceux qui m’ont méprisée s’en mordront les doigts…

Lise suit la longue frise des arbres. Le soleil lèche encore les toitures du hameau en cette soirée d’août.
Arrivée à la nationale, elle dépose ses affaires à ses pieds et lève son pouce. Un camion passe et klaxonne, Lise n’a pas froid aux yeux, elle est une adepte du stop pour aller faire du lèche vitrine. Au bout d’une demi-heure, elle a vu défiler trois camions, un tracteur et une voiture où les enfants étaient entassées à l’arrière. A la vue des camions, elle fait comme si de rien n’était. Elle se glisse dans la peau d’une jeune fille ingénue qui se promène au bord de champs par une belle soirée d’été.

Maintenant, elle aperçoit une voiture blanche. C’est bon signe, les commerciaux ont souvent des voitures de cette couleur. Le conducteur, soleil de lunettes sur le nez a mis son clignotant.

La vitre teintée s’abaisse :
-Je vous dépose ? Vous pouvez mettre votre sac dans le coffre si vous voulez.

En moins de deux, Lise est assise côté passager avec ses magazines sur les genoux. L’homme descend le son de la radio pour entamer la conversation. Souriant, bronzé, costard-cravate, Lise le trouve charmant.
- Et vous allez où ?
- A la gare puis je prends le train pour Paris.
- Vous avez votre billet ? Non parce que j’y vais moi aussi à Paris !
- Sans blague…
- Si, si, je vous assure… Ca ne me dérange pas de vous y emmener.

Lise sourit, ses yeux scintillent de mille feux. Sa nouvelle vie commence dès maintenant. Elle en est certaine. Elle n’éprouve aucun remords à s’être disputée une fois de plus avec sa mère. Demain matin, elle se promet de l’appeler pour qu’elle ne s’inquiète pas trop. Au détour de la conservation d’usage, elle apprend que le conducteur s’appelle Jean-Marc et qu’il est commercial pour une boîte d’aluminium.

Lise a remarqué qu’il ne portait pas d’alliance :
-Et vous êtes marié ? Vous avez des enfants ?
Son visage s’est rembruni. Apparemment, elle a posé une mauvaise question.
-Non… enfin c’est compliqué. Et vous, un p’tit copain ? Une jolie fille comme vous ne doit pas manquer de prétendants ?
Lise rigole :
-Je suis libre comme l’air !
-Mais pourquoi vous allez à Paris au fait ?
Si elle raconte qu’elle est partie de chez elle, il risque d’appeler la police et ce sera retour à la case départ avec une interdiction de sortie.
-Je rejoins ma copine. On a va faire nos études à Paris, on a eu toutes les deux notre bac en juin. Mes parents viendront un peu plus tard m’apporter le reste de mes affaires… On a décidé d’y aller un peu plus tôt avec ma copine pour se familiariser avec notre logement, le métro… Enfin voilà.

Ne pas en dire plus. Lise ment avec aplomb et ne laisse rien transparaitre. Jouer avec les mots, emberlificoter la réalité parce qu’elle est moche, Lise y excelle et manie la tromperie avec brio.

L’obscurité recouvre peu à peu l’autoroute, Lise s’assoupit et s’endort. Quand elle ouvre les yeux, elle se rend compte qu’il fait nuit noire. Le moteur est éteint et Jean-Marc n’est pas dans la voiture. Il a dû aller se dégourdir les jambes. Lise aimerait bien aller faire pipi mais ils se sont arrêtés dans un chemin de campagne. Impossible d’ouvrir la portière, Lise commence à avoir peur. Elle avale sa salive, respire un grand coup et essaie les autres portes. Prisonnière dans l’habitacle, elle commence à crier « ohh… s’il vous plaît ».

Jean-Marc arrive. Il a troqué sa chemise blanche contre un bleu de travail. Il se penche vers la vitre. Sans ses lunettes de soleil, Lise voit enfin ses yeux. Brillants et vifs comme ceux des pervers et des bourreaux de ses magazines.

Bientôt, la photo de Lise fera les gros titres. Reine d’un jour… Elle a en a tellement rêvé.

mardi 29 juin 2010

Donnons du travail à La Poste !

Nouveaux livres qui ne demandent qu'à voyager :

" Elles vivaient d'espoir " de Claudie Hunzinger

" A quand les bonnes nouvelles? " de Kate Atkinson.


Vous remarquerez que je contribue à donner du travail à la Poste...

Claudie Hunzinger - Elles vivaient d'espoir


Photo de Thérère Pierre.

Editeur : GRASSET - Date de parution : 25/08/2010 - 246 pages d'un très beau récit

A travers ce livre, on suit l’histoire de deux femmes Emma et Thérèse à partir des années 20. Une histoire d’amour qui a débutée à Nancy quand les deux jeunes femmes préparaient le concours pour enseigner.
Eloignées l’une de l’autre géographiquement, elles s’écrivent, n’aspirent qu’à se retrouver et à vivre leur amour. Emma consigne dans des cahiers leurs correspondances, ses idées et ses pensées. Emma au tempérament gai, découvre des auteurs, s’enthousiasme pour la littérature. Peu avant la guerre, Emma se mariera et se sentira bien seule dans une Alsace partagée. Thérèse, mutée en Bretagne se fait plus discrète, Emma n’apprendra plus tard que son engagement dans un réseau armé en Bretagne. Emma vit mal son mariage et est même distante avec ses enfants. La guerre la plongera dans un isolement et un désarroi plus grand. Arrêtée par la Gestapo le 21 octobre 1943, à Fougères, Thérèse subira des interrogatoires accompagnés de tortures telles qu’elles entraîneront sa mort, le 26 octobre 1943. Thérèse Pierre n’a pas parlé. Ses dernières paroles seront "Ils m'ont tué, mais je n'ai pas parlé".

Emma et Thérèse ont existé et Claudie Hunzinger est la fille d’Emma. Elle s’est inspirée des cahiers de sa mère pour écrire cette histoire, le parcours hors norme de ces deux femmes. Une histoire où l’amour audacieux est retranscrit tout en pudeur. Emma semble plus insouciante que Thérèse, plus discrète, effacée. Parallèlement au récit, l’auteure décrit la montée du nazisme et la guerre qui se profile. Avec la guerre, Emma perdra beaucoup de ses illusions et son mariage n’arrange guère la situation. Deux femmes dont les trajectoires, les espoirs d’émancipation et de liberté seront brisés par la guerre. Dans la dernière partie du livre, Claudie Hunzinger part à la recherche de témoignages afin d’en savoir plus sur Thérèse et sur son engagement durant la seconde Guerre Mondiale.

J’ai aimé ce livre, un premier roman qui aborde des thèmes que j’affectionne. Un hommage à Emma qui a transmis à sa fille le gout la littérature et à Thérèse Pierre, une héroïne qui a donné sa vie pour la résistance en Bretagne. On ne peut être qu’admiratif envers Thérèse.

Un livre émouvant…

Sur Wikipedia et sur les sites de la résistance en Bretagne, vous trouverez plus d’amples informations sur l’engagement de Thérèse Pierre.

lundi 28 juin 2010

"Elle, une autre" en avant première

Livvy? Un nom que vous connaissez forcément... Et oui, il s'agit d'une blogolectrice mais désormais c'est une auteure également !!!

Son livre "Elle, une autre" paraîtra en septembre mais sur son blog désirs d'histoires , on peut le commander en avant première et demander une dédicace...

Marie-Sabine Roger - La tête en friche


Editeur : ROUERGUE - Date de parution : 15/08/2008 - 218 pages que je conseille

Germain, 45 ans vit dans une caravane au fond du jardin de sa mère. Il travaille un peu à gauche et à droite, s’occupe de son jardin et passe beaucoup de temps au café avec ses copains. Quand il ne rajoute pas son nom au monument aux morts, il compte les pigeons au parc. Germain est né d’une histoire brève du 14 juillet. Un manque d’amour maternel, un père qu’il n’a jamais connu, il garde de l’enfance l’indifférence de sa mère et les humiliations de son instituteur qui le considérait comme un bon à rien. Alors forcément, Germain n’a jamais eu envie des mots et des livres, il s’en méfie.
« Tout ça pour expliquer qu’à la fin du primaire j’étais plus souvent à la pêche que le cul posé sur un banc. Ce qui fait que plus tard à l’armée, on m’a classé dans les analphabète, nom dans lequel on entend le mot bête, qui résume très bien de ce qu’on pensait de moi, en plus poli. »

Sur un banc du jardin public, il fait la rencontre de Margueritte, 86 ans, frêle et fragile qui est en maison de retraite. Entre eux deux, une histoire d’amitié et de complicité va se nouer.
Cultivée mais pas prétentieuse, elle respecte Germain. Margueritte aime faire la lecture à voix haute et Germain va prendre goût aux mots. Lui qui avait peur de ce savoir va employer des nouveaux mots, citer Camus à ses copains au bistro ce qui donne lieu à des situations drôles. Mais surtout, il va découvrir de nouveaux horizons grâces à la lecture.

Cette histoire est un plaidoyer sans mots savants ou flonflon pour la lecture et la connaissance. Le narrateur est Germain et on suit son cheminement, ses pensées.

Plus on avance dans le livre et plus ses expressions se modifient. Par exemple, il ne dit plus « baiser » mais « faire l’amour ». J’ai trouvé beaucoup de pudeur et de sincérité dans les réflexions de Germain.

« Lorsque j’ai rencontré Margueritte, j’ai trouvé ça compliqué, d’apprendre le savoir. Ensuite, intéressant. Et puis flippant, parce que, se mettre à réfléchir, ça revient à donner des lunettes à un myope. Tout semblait en sympa, tout autour : facile, c’était flou. Et tout d’un coup on voit les fissures, la rouille, les défauts (..) »

« L’affection, ça grandit sous cape, ça prend racine malgré soi et puis ça envahi pire que du chiendent. Ensuite c’est trop tard : le cœur, on ne peut pas le passer au Roundup pour lui désherber la tendresse. »

« La chance, elle est pas communiste ».

J’avais aimé le film mais incontestablement le livre m’a beaucoup plus touchée. Merci à Gwen pour le prêt !

Dans son billet,Theoma parle du livre et du film.

De Marie-Sabine Roger, j’ai également lu des nouvelles incisives sur les personnes âgées Les encombrants que je recommande vivement !

dimanche 27 juin 2010

Kate Atkinson - à quand les bonnes nouvelles ?


Editeur : Le Livre de poche - Date de parution : 30/09/2009 - 466 pages à lire!
Extrait de la 4ème de couverture :
Dans un coin paisible du Devon, une petite fille de six ans, Joanna Mason, est témoin d'un épouvantable massacre, dont elle est la seule rescapée.

Trente ans plus tard, l'homme qui a été condamné pour ce crime sort de prison. À Edimbourg, Reggie, seize ans, travaille comme nounou chez un médecin, le docteur Hunter. Mais quand celle-ci disparaît, Reggie est la seule personne qui semble s'en apercevoir...


« A quand les bonnes nouvelles ? » est le premier livre de Kate Atkinson que je lis et il ne s’agira pas du dernier !

Les premières pages s’ouvrent sur Joanna, six ans, qui assiste au meurtre de sa mère, de sa sœur et de son petit frère. Puis, nous nous retrouvons trente ans plus tard et nous faisons connaissance avec différents personnages : Reggie une ado débrouillarde, le Docteur Hunter et son bébé, Louise Monroe inspecteur de police, Jackson…
Ne voyant pas le fil conducteur entre tous ces personnages, j’ai eu un peu de mal au début à rentrer dans ce livre. Mais ensuite, je me suis régalée ! D’abord il y l’écriture de Kate Atkinson : vive, entrainante , truffée de pointes d’humour et de références littéraires.

Concernant l’histoire, on ne s’ennuie pas une seule seconde car les intrigues sont habilement ficelées. Les personnages n’ont pas un passé ou un présent facile, ils sont marqués par le sceau de la mort. Kate Atkinson excelle dans l’analyse psychologique, et j’ai suivi avec beaucoup d’intérêt Reggie. Elle est perspicace, n’a pas froid aux yeux et fait preuve de beaucoup de maturité.

Un livre dense, une écriture dynamique, des portraits très bien brossés… Que demander de plus ? En conclusion, un très bon moment de lecture qui s’inscrit dans le prix Indiana de chez George Sand.

D'autres avis chez l'ami BOB.

samedi 26 juin 2010

Roxana Robinson - Jours toxiques


Editeur : Buchet-Chastel - Date de parution : 02/09/2010 - 582 page très longues...

Julia accueille un été ses parents dans sa maison du Maine. Son père ancien neurochirurgien est imbu de sa personne, pédant, et désagréable, sa mère très gentille commence à montrer des signes d’Alzheimer. Divorcée, Julia s’entend on ne peut mieux avec son ex-mari. Elle apprend par la bouche de son fils ainé Steven que son fils cadet Jack se drogue. Les soupçons sont confirmés et Julia demande à son ex-mari et à Steven de ramener Jack dans le Maine. Tout s’écroule pour Julia quand elle apprend que son fils se drogue à l’héroïne. Elle s’oriente vers Ralp spécialiste de la désintoxication qui suggère une médiation. Elle va mobiliser toute sa famille et même sa sœur avec qui elle ne s’entend guère.

Les non dits, les blessures d’avant vont ressortir mais n’empêcheront pas Jack de continuer à se droguer. La honte, les regrets et la culpabilité seront au centre de l’été de cette famille de la bourgeoisie américaine.

Dans les envois Libfly de la rentrée littéraire, j’ai reçu ce livre concocté d’après une recette précise…

Prenez une histoire qui puisse être adaptée pour faire un film de télé. Délayez au maximum, délayez de tout cœur, rajouter de l’inutile, des longueurs pour obtenir enfin un livre de pratiquement 600 pages.

Certes, ça se lit facilement mais les personnages sont surfaits, l’histoire semble fausse. Les clichés se suivent et défilent au fil des pages.

Aussi, ce roman polyphonique m’a laissée complètement indifférente….

La remise du prix des lecteurs du Télégramme



Voilà, la remise du 8ème prix des lecteurs du Télégramme a eu lieu.
Et là, je sais qu'une question vous taraude : mais qui est avec bibi et David Foenkinos sur la photo ?
Certains d'entre vous la connaissent , allez, je vous donne un indice : elle n'avait pas pu se rendre au salon de Rennes à cause des inondations. Toujours pas ? second indice : le nom de son blog fait référence à un animal domestique.
On ne s'énerve pas sur son buzzer, et oui, il s'agit de Katell du blog Chatperpilopette!

Mais reprenons depuis le début pour ceux qui n'ont pas TEBEO.
Nous étions conviées à l'enregistrement de l'émission "la complète" durant laquelle David Foenkinos recevait le prix les lecteurs du Télégramme pour son livre La délicatesse.

Il s'agit d'un auteur charmant et charmeur qui ne se prend pas au sérieux. Trait de caractère que j'apprécie.

A la fin de l'émission, ma voisine me dit:
- j'ai un autographe à lui demander.
Je lui réponds :
- Moi aussi mais pour une amie blogolectrice
- Ah et de quel blog ? Car je tiens moi aussi un blog ?

S'en suit un condensé de "nooon, c'est pas vrai? c'est toi? si.. non, tu rigoles... le monde est petit".
Vous l'aurez compris, Katell et moi étions assises l'une à côté de l'autre sans le savoir.

La suite de la soirée se poursuivait au port de plaisance avec un cocktail mais ni Katell ni moi ne pouvions nous y rendre. Désolée, je n'aurais pas de scoop sur l'après remise du prix...

Nous avons également discuté avec Charles Kermarec de Dialogues sur nos impressions de lectures.

Une belle soirée car j'ai fait la connaissance de Katell (inutile de vous indiquer qu'on a papoté !) et l'émission était tournée dans une ambiance décontractée.

vendredi 25 juin 2010

Extrait de la vie d'une lectrice

La vie d’une lectrice est trépidante !

Ce soir, je suis invitée à la remise du prix du télégramme. Ce matin, opération "je repasse le pantalon de circonstances ». Pour l’occasion, j’ai exhumé de ma penderie un pantalon qui s’y trouvait depuis … ouh… ça se compte en années !

Pour Miss Cynthia, je vais m’approcher de David pour un autographe. Question existentielle : ça ne fait pas un peu nul (pour rester polie) de ne pas en demander un pour moi ?

Cette après-midi après le dodo : opération « je camoufle mes boutons » et essayer de faire en sorte que ma peau ne brille pas comme si j’avais étalé une motte de beurre demi-sel dessus… Et là, il y a du boulot vu qu’il fait beau et chaud. ( Pour les non brestois, il fait chaud dès que le thermomètre dépasse les 20 dégrés...)

Pour l’enregistrement de l’émission, se répéter et appliquer : tiens toi droite, sois souriante…Paraître naturelle dans mon rôle de spectatrice/pot de fleurs.
Ne pas lancer des regards noirs à ceux qui vous baratinent « vous savez je suis un habitué des plateaux télés…blablabla… ah, excusez-moi j’aperçois mon ami journaliste ».

Alors qui a dit que c'était ennuyeux?

Claire Keegan - L'Antarctique


Editeur : S. Wespieser - Date de Parution : 06/05/2010 - 251 pages d'une écriture à découvrir et de portraits très justes

Quinze nouvelles dans ce recueil… Attendez, ne partez pas parce que je vous parle de nouvelles ! Lisez la suite d’abord…

Claire Keegan excelle dans l’art de cette écriture. Il m’a fallu un peu de temps pour m’immerger dans son monde. L’Irlande ou l’Angleterre sont les scènes de ces textes écrits avec la précision, le détail qui nous projettent dans la nouvelle.

Claire Keegan ne nous parle pas de personnes heureuses, de familles modèles. Des familles où tout n’est pas rose, des personnages qui se battent, qui espèrent beaucoup ou peu pour vivre. Les portraits, les relations humaines sont d’une grande qualité et font mouche…
On découvre des instants de vie où tout bascule, où des femmes dévoilent leur caractère, leur personnalité.

J’ai trouvé quelques nouvelles inégales dans la chute mais je dis chapeau bas pour l’écriture !

« Je suppose que j’ai mes raisons personnelles pour venir ici. Peut-être que j’ai besoin d’un peu de ce qu’a ma mère. Juste un peu. J’en prends une petite dose afin de m’immuniser .C’est comme une vaccination. Les gens ne comprennent pas, mais il faut regarder le pire en face pour être paré contre tout

Pour Gwen, c’est un coup de cœur !

jeudi 24 juin 2010

Arthur Miller - Les Misfits


Editeur : Robert Laffont - Date de parution : 03/06/2010 - 224 pages de visionnage

On s’imagine assister à dernière séance d’Eddy Mitchell. On se cale dans son fauteuil et on regarde le film. Une ambiance qui laisse place aux souvenirs : celle des cinémas d’autrefois où l’on passait des films en noir et blanc, des westerns et celui de l’âge d’or de Marylin Monroe.

Quand on évoque les Misfits, on pense d’abord au film de John Huston, The Misfits, avec Marilyn Monroe, Clark Gable et Montgomery Clift, d’après un scénario d’Arthur Miller. Un film tourné à Reno et dans le désert du Nevada durant l’été 1960.
L’écriture se situe se situe à mi-chemin entre le script de cinéma et le roman :
Elle obéit. Perce monte sur la plate-forme à son tour.
Roslyn : » est très bien bien ! Essayez ça, Perce. »
Perce s’installe de même. Tous trois sont maintenant assis ne silence, tandis que Gay scrute de nouveau l’horizon à l’aide de jumelles.


Sauf que ce livre ne fournit que l’aspect extérieur des personnages comme dans film sans paroles. Quid des sentiments, des caractères ? L’histoire est celle du film, les résumés ne manquent pas, donc je ne vais pas en rédiger un supplémentaire.

Une lecture qui ravira les amateurs cinéphiles et les nostalgiques de ce film. Pour ma part, j’ai eu l’impression d'assister au tournage du film mais sans le mode d’emploi des personnages…

Merci à Robert Laffont et à l’ami BOB où vous trouverez d’autres avis.

Fleur n'a pas accroché pour les mêmes raisons que moi.

Rencontre avec Nelly Alard



J’ai eu la chance de rencontrer Nelly Alard hier lors de sa venue chez Dialogues. J’ai pu échanger avec elle et surtout lui poser quelques questions.

Elle avait lu mon billet sur son livre, donc de fil en aiguille, nous avons papoté de lectures et de blog (et d’autres choses personnelles que je garde pour moi). J’ai eu le droit à une dédicace très touchante …

Dans son livre le crieur de nuit, elle parle en effet de la mort de son père. Mais dans ce roman, réalité et fiction s’entremêlent, on ne peut par parler d’un récit autobiographique.

« La légende de la mort chez les Bretons armoricains" d'Anatole Le Braz est un livre qu’elle avait lu adolescente. Lankou, les légendes bretonnes l’intéressaient et quand elle a commencé à écrire son roman, c’était naturel pour elle d’insérer des extraits du livre.
Nelly Alard a voulu montrer le choc qu’il existe entre les questions que l’on se pose surtout quand on est athée et l’aspect absurde des formalités, des questions pratiques liées à la mort.

Elle a écrit ce livre avec la distance qu’on possède quand on a surmonté, accepté la mort et que la vie reprend son cours, il n’est pas question de thérapie par les mots.

Pour mon plus grand bonheur, Nelly Alard a pour projet un deuxième roman !

Ensuite, direction le café de Dialogues où elle intervenait. Elle lu des passages de son livre et surtout ces première pages. J’ai senti ma gorge se serrer, aucun bruit dans l’assistance. Chacun écoutait ses mots, cette histoire qui a trouvé écho auprès de nombreuses personnes.

Une autreuse très ouverte, très gentille... en toute simplicité.
Merci à vous, Nelly Alard pour votre livre, pour votre écoute et pour hier...

mercredi 23 juin 2010

Sylvie Germain - Jours de colère


Editeur : Gallimard - Date de Parution : 1991 - 352 pages sublimes

Quel livre magnifique !

Dès les premières lignes, j’ai su que ça allait être une de ses lectures rares. Des moments privilégiés où l’histoire et l’écriture me transportent, où je vis le livre.

Nous sommes dans les forêts du Morvan, coupés de tout, un monde à part où les bucherons, les flotteurs de bois et les bouviers sont maîtres des lieux. Des hommes qui vivent par et pour ces forêts. Mais il y a l’envie de posséder plus et encore. Ambroise Mauperthuis est un homme que la jalousie et la rancœur font vivre. Il a assisté au crime de Catherine Corvol par son époux. Aveuglé par la beauté de cette femme, il en devient amoureux. Même morte, elle est à lui. Animé par son souvenir, il se nourrit de sa vengeance et devient un maitre-chanteur. Dans le même hameau, Edmée Verselay vit dans l’adoration de la vierge Marie, elle idolâtre sa fille Reine, femme au corps corpulent dont la faim est insatiable. L’un des fils d’Ambroise Mauperthuis se mariera à Reine s’attirant la colère de son père. La folie d’Ambroise Mauperthuis le pousserra à déshériter son fils, à renier ses petits-enfants pour prendre à Corvol ses enfants.

Un livre dense où l’écriture de Sylvie Germain est foisonnante, d’une richesse haute en couleurs et dont les mots sont précieux.

On est happé par la poésie du livre, subjugué par ces odes à la nature, à l’amour, à la vie que les neuf fils de Reine possèdent en eux. Les amours fantasmés, de la chair, de la nature sont portés à travers ce livre. La folie se décline, simple et douce à son extrême violence.

C’est beau, très beau….
Un énorme coup de cœur !

Parcours de femme - Le rendez-vous

Incapable de tenir en place, elle se regarde à nouveau dans la glace. Elle regrette d’être arrivée hier soir et d’avoir passé sa nuit dans cette chambre d’hôtel. Elle redoute ce nouveau rendez-vous. Pourtant, elle l’a déjà vu il y a quelques mois. Ce n’est pas comme s’ils étaient des inconnus l’un pour l’autre mais l’appréhension la fait douter. Et si ça se passait mal ? Depuis leur dernier contact, elle attend ce grand jour et maintenant elle se sent prise d’une agitation fébrile. La peur de décevoir celui qu’elle avait rencontré sur internet, de ne pas lui plaire. Pour chasser ses idées grisâtres, elle pense à leur première rencontre. Son cœur bat la chamade et une bouffée de joie l’envahit. Elle a même pris de nouvelles résolutions : manger plus équilibré, faire du sport. Pour lui, elle veut être parfaite. Machinalement, elle remet une mèche de cheveux derrière son oreille et regarde sa montre une fois de plus. Elle a mal dormi. Trop énervée, elle n’arrivait pas à trouver le sommeil. Après avoir regardé une émission insipide à la télé, elle s’est plongée dans la lecture. Mais ses idées étaient ailleurs. Impossible de se concentrer sur les mots qui lui échappaient. Elle relisait plusieurs fois le même paragraphe mais les phrases s’envolaient. Elle a finalement décidé de prendre un léger somnifère.

Dans une heure, ils ont rendez-vous dans un endroit situé dans la même rue que l’hôtel. De sa fenêtre, elle épie les passants : une jeune maman qui pousse un landau, un homme âgé qui tient un cabas d’une main et de l’autre sa canne. Dos vouté, il avance à petit pas précautionneusement. L’estomac noué, elle n’a pu qu’avaler un thé ce matin puis elle a hésité entre plusieurs tenues et a finalement opté pour un jean et un chemisier. Elle s’et demandée si elle devait se maquiller. Elle a pour habitude de souligner ses yeux d’un trait de crayon. Quelquefois, elle ajoute un peu de fard à paupières mais jamais plus. Pour l’occasion, elle a acheté un rouge à lèvres à une vendeuse qui a réussi à lui vendre en plus « un fond de teint léger qui unifie la peau et estompe les rides ». Elle avait écouté les conseils de l’esthéticienne: « l’apparence c’est important, surtout quand on approche de la quarantaine, car beaucoup de femmes ont une tendance à se laisser aller. D’ailleurs, je peux vous proposer une crème de nuit qui fait des miracles. » Ses trente-huit ans s’affichaient donc sur son visage ? Elle se sentait pourtant jeune. Hormis quelques petites rides qui apparaissent quand elle sourit, les années qui passent n’ont pas encore laissé leur empreinte.

Elle hésite à y aller maintenant. Arriver trop tôt serait peut-être mal perçu ? Elle pense à ses amies. Certaines l’ont encouragé, d’autres l’ont mise en garde. De façon directe avec ces mots si souvent entendus « si j’étais à ta place ». Qu’est ce qu’elles en savaient de son quotidien ? Comme si ses soirées passées seule devant la télé, ses promenades où elle croisait des couples, des familles ne lui donnaient pas le cafard ? Il y avait également les regards fuyants qui en disent long, l’embarras que son entourage éprouvait et qu’il avait du mal à dissimuler. Ses parents n’ont rien dit. Quand elle leur annoncé la nouvelle, son père a relevé la tête de son assiette et son visage s’est rembruni. Sa mère s’est levée de table pour aller chercher une bouteille d’eau. Pourtant, il y en avait déjà une. Sa mère a toujours pris la fuite dès qu’elle devait donner son avis. Les prétextes ne manquaient pas : fermer une fenêtre dans une chambre ou vérifier que la machine à laver le linge a fini. Son père a dit : « c’est ta vie » en soupirant. Les larmes aux yeux, la voix tremblante, elle lui avait répondu qu’elle aussi avait le droit le bonheur, qu’elle avait passé des années à effleurer du bout des doigts son rêve et que maintenant elle n’allait plus faire machine arrière. Il avait haussé les épaules et d’un ton las, avait prononcé : « fais comme tu veux ». Depuis, elle ne les a pas revus. Elle a encore sur le cœur ce poids lourd de l’incompréhension.
A ressasser le passé, elle devient mélancolique. Ses parents ne vont pas lui gâcher cet instant qui n’est rien qu’à elle.

Elle expire un grand coup pour se donner du courage, attrape sa vaste et son sac à main. Le sang monte à ses tempes, elle essaie de ne pas se laisser submerger par l’émotion. Elle serait presque tentée d’allumer une cigarette, non, elle s’est faite la promesse d’arrêter. Sortie de l’hôtel, elle marche vers le lieu du rendez-vous. Elle plisse ses yeux pour voir s’il est là. Elle l’aperçoit, son cœur bat à tout rompre. Il est assis, patientant tranquillement. Elle le trouve encore plus beau avec cette chemise et ce pantalon qu’elle a choisi pour lui et qui font ressortir son teint hâlé. Il n’est pas seul mais accompagné d’une femme.

Elle s’approche, il la reconnaît. Deux seconde où le temps semble se figer pour l’un comme pour l’autre.
-Mon amour, je suis si contente !
Elle le couvre de baisers, pleurant de joie.

L’autre femme les regarde tendrement.

Il lève la tête vers elle et lui demande sur un ton hésitant :
-Alors, tu es ma maman maintenant, c’est sûr ?

Elle opine de la tête, l’assistance sociale lui remet officiellement les papiers d’adoption. Sa nouvelle vie commence aujourd’hui.

mardi 22 juin 2010

Olivier Adam - Le coeur régulier



Editeur :editions de l'Olivier - date de parution : 19/08/2010 - 232 pages intenses...

Quand j’ai trouvé dans ma boîte aux lettre, le nouveau livre d’Oliver Adam, j’ai effectué une sorte de danse Sioux ponctuée de « ahhhhhh, ohhhhh , génial ! ». J’espère que mon facteur était déjà reparti sur son scooter tonitruant et qu’il ne m’a pas vu dans cet état d’euphorie !

Car Olivier Adam un auteur que j’affectionne particulièrement. Comme je l’ai déjà dit, il décrit des gens à qui la vie fait un pied de nez, des personnes qui n’ont pas une vie linéaire avec en filigrane « tout est beau, tout est rose ».

Pour Sarah tout allait bien : mariée, deux enfants, une vie tranquille et aisée. Mais Nathan le frère dont elle était si proche est mort. Un frère qui a refusé de se couler dans le moule, alternant les périodes sombres, noires et celles où il retrouvait pied. Depuis que Nathan est mort en encastrant sa voiture dans un platane, Sarah se sent incomprise et de plus en plus prisonnière de sa « si parfaite » vie de famille. D’ailleurs, elle est persuadée que cet accident était un suicide. Elle décide de partir sur les traces de Nathan, au Japon, et s’installe dans un petit village connu pour une étrange raison : ce village est en effet le lieu d’élection de tous les candidats au suicide. Un homme, Natsume, arpente les falaises pour les dissuader de commettre l’irréparable. Nathan, avant son accident, prétendait avoir enfin trouvé la paix auprès de lui. Sarah a l’espoir de se rapprocher, une dernière fois, de son frère.

Mais il lui faudra plus qu’un voyage pour se réapproprier son histoire et reconnaître qu’elle s’est dupée elle-même. « Toutes ces années, je m’étais tellement échinée à me perdre, à me fondre dans le décor, à me noyer dans la masse. Je m’étais noyée tout court ».


Il y a d’abord l’écriture d’Olivier Adam, une écriture puissante qui nous submerge. Comme quand l’on se tient debout sur le sable et que l’on se prend des vagues fortes ou déstabilisantes qui nous font vaciller. On se ressaisit en attendant la prochaine plus tempétueuse ou plus calme, nous léchant seulement les mollets.

Il y a l’univers d’Olivier Adam mais dans le cœur régulier, il y a moins de noirceur et Sarah va comprendre qu’elle s’était cantonnée à ce qu’elle voulait voir. Une fois ses œillères enlevées, elle pourra prétendre à être heureuse.
Ntasume est le porte-parole d’une sagesse, d’une philosophie : « personne n’a envie de mourir. Tout le monde veut vivre. Seulement, à certaines périodes de votre vie, ça devient juste impossible ». Il va aider Sarah à ouvrir les yeux. Le Japon joue également un rôle, invitant à la méditation et à se retrouver soi-même.
Sans tout raconter le livre, à travers Sarah, Oliver Adam nous parle du monde du travail tel qu’il est : « si j’ai appris quelque chose du monde du travail, c’est qu’on y tolère mal les faibles, que tout faille doit être camouflée, toute fragilité niée, toute fatigue combattue et oubliée, qu’une part non négligeable de nous-mêmes doit être laissée au vestiaire, comme un costume qu’on renfilerait qu’une fois le soir venu ».

Un livre qui m’a scotchée d’émotions. J’ai lu en apnée totale cette histoire, le cheminement de Sarah, sa révolte et ses remises en question. Pas de pathos ou de mélo… Une fois de plus, j’ai pris en pleine figure des paquets d’émotions. Des vraies et sincères, des violentes ou des belles…

Ce livre traite de la capacité que l'on possède (ou non) à encaisser les coups durs de la vie, et comment on réagit selon sa propre sensibilité...

Un gros coup de cœur et je dis chapeau bas à Olivier Adam pour ce livre!

Je remercie les Editions de L’Olivier pour ce beau cadeau et cette lecture en avant-première.

lundi 21 juin 2010

Maud Basan - La seule

Editeur : Denoël date de parution 18/08/2010- 224 pages

Quatrième de couverture :
Pourriez-vous arrêter svp, ce n'est pas la peine de l'appeler, fini c'est fini, bien vouloir noter, du large, de l'air, les sommations ont été données, pas reçues? au loin s'en vont les nuages, la voie est libre la porte ouverte le monde est vaste, allez-y voir, on vous l'a déjà dit c'est fini c'est décidé...

Perluète a tout perdu. Il est parti, l'a quittée. Elle est désormais seule. Elle marche, dans un paysage inconnu, totalement nouveau. Seule, ou unique?
Une écriture originale, sensible, pudique et drôle, pour évoquer la séparation, l'amour perdu.


Avertissement : inutile de me poster des commentaires en me disant que ce livre fait appel à l’intelligence ou que j'aille lire des Harlequins...

J’abandonne ce livre à la page 54. L’écriture originale indiquée sur la 4ème de couverture est en effet surprenante!

Un style hachuré, télégraphique qui m’a d'abord surprise. Passé ce premier effet (comme dans certains bonbons), cette écriture m'a laissée perplexe et m'a enlevée toute envie d'en savoir plus sur Perluète.

Des phrases sans sujet, des paragraphes s’ouvrant sur des tirades entre parenthèses… Je n’accroche pas et j'abandonne !


« Marcher sans fin, cela fatigue, pour finir. Finit par entrer dans un café, s’installe sur la banquette, commande quoi, un café par exemple, récupère un peu, repose ses jambes, s’éternise. Au premier contrôle ira se cacher dans les toilettes, refuge classique, depuis des générations (…)"

Prix des lecteurs du télégramme ... et le gagnant est ?

Le lauréat du huitième Prix des lecteurs du Télégramme est David Foenkinos pour son roman La délicatesse publié aux Editions Gallimard.

Je suis très surprise par ce résultat...Je trouve que d'autres livres de cette sélection méritaient largement ce prix.

Le lauréat empoche une jolie somme : 10 000 Euros!

dimanche 20 juin 2010

Maud Lethielleux - Dis oui, Ninon



Editeur : J'ai lu - Date de Parution : 12/05/2010 - 221 pages belles, droles, émouvantes...

Extrait de la 4ème de couverture :
« - T'as passé une bonne semaine ?

Je ne sais pas quoi dire. Si je dis oui, il va être triste, ça voudrait dire que je me passe bien de lui et que L'autre n'est pas si mal. Si je dis non, il sera très en colère contre Zélie et L'autre parce que je suis malheureuse à cause d'eux. Je dis :

- Moyen. »

À neuf ans, Ninon observe le monde avec malice et se moque des idées toutes faites. Quand ses parents se séparent, elle choisit la vie de bohème avec son père, Fred. Ensemble, ils construisent une maison de bric et de broc, traient leurs chèvres, vendent leurs produits au marché, oublient l'école et Mme Kaffe, l'assistante sociale...


Cette lecture est un coup de cœur!Si Ninon m'entendait, elle me regarderait d’un air surpris et me dirait « vous êtes compliqués, vous les adultes, on ne peut pas être amoureuse d’un livre ». Elle me parlerait de sa petite sœur Agathe : une petite sœur, elle l’est pour le temps, c’est pas comme les amoureux ou les trucs comme ça, une petit sœur, même quand t’es à quinze kilomètre ou si tu fais des choses, ou si tu fais rien, elle est pour toujours jours dan ta poche d’amour éternel ».
Elle me montrerait la maison que construit Fred, son papa et elle m’expliquerait fièrement qu’elle l’aide. Même qu’une fois elle a trait toutes les biquettes, toute seule !

Pour sa maman, Zélie, c’est un peu compliqué, elle l’a eu jeune et depuis que Fred et Zélie sont séparés, Zélie vit avec "Grocon" qu’elle n’aime pas. Et que sa maman parle souvent de Madame Kaffe et toutes les parole d’adultes quelquefois se mélangent…

Je lui dirais juste de continuer profiter de son enfance comme elle le fait. En grandissant, elle sera assez tôt de se confronter aux normes et qu’on n’est pas obligé de se fondre dans la masse pour être heureux.

Débrouillarde, gaie, un brin espiègle, elle nous confie du haut de ses neuf ans ses réflexions sur le monde et la vie.

Après D'où je suis, je vois la lune, Maud Lethielleux continue de me ravir et de me toucher avec son écriture.

Plein d'autres billets chez l'ami BOB !

samedi 19 juin 2010

Joan M. Wolf - Ils m'ont appelée Eva


Editeur : Pocket Jeunesse - Date de parution : 04/2010 - 238 pages


1942, Tchécoslovaquie. Milada et sa famille sont arrêtés par les Nazis. Agée de 10 ans, elle est blonde, aux yeux bleus et correspond parfaitement aux caractéristiques types du profil « aryen ». Arrachée à sa famille, elle est placée avec d’autres jeunes filles dans un centre pour devenir une Allemande parfaite. Désormais, son prénom est Eva. Pendant de longs mois, elles apprennent la langue et sont formatées à l’idéologie Nazie. Elles représentent le futur de la nation et des familles Allemandes les adoptent. Dans sa nouvelle famille modèle, le père est responsable d’un camp de prisonniers. ..

Jamais je n’aurais pensé être touchée à ce point par un roman jeunesse ! J’aime les livres qui sont en relation avec la seconde guerre mondiale. Et grâce à ce livre, j’ai appris que des enfants étaient enlevés à leurs parents car ils avaient le physique « aryen ». Car cette histoire se base sur des faits réels de la Seconde Guerre Mondiale. A travers ce livre, on se rend compte combien ces enfants étaient manipulés sur le plan psychologique.

Seul lien avec son passé, Eva conserve une broche que lui avait donnée sa grand-mère. Cette broche va lui permettre de se raccrocher aux siens et à ses origines. Mais, Eva un jour va oublier son prénom. Et là, j’ai ressenti toute sa détresse. On a peur. Peur qu’elle oublie son passé, ses origines et qu’elle se soumette à cette nouvelle vie. La fin de la guerre permettra à Eva de redevenir Milada.

Une lecture d’autant plus poignante que le récit est à la première personne.

Je conseille cette lecture à tout le monde …


Un grand merci à Bladelor qui en a fait un livre voyageur.

vendredi 18 juin 2010

Isabelle Cousteil - Quand les loups avaient des plumes


Editeur : Triartis - Date Parution : 02/03/2010 - Collection : Correspondances intempestives. 120 pages de tendresse

« Je dévore le monde dans sa forme la plus primaire, pleine d’infinies possibilités. Je ne doute de rien parce que je crois de tout mon cœur au pouvoir absolu et divin de l’amour qu’on me porte. Parce que je n’ai ni nostalgie d’un passé ni appréhension d’un futur, parce mon instant présent est tout, délicieusement pur.

Je sais aussi qu’il me reste plus que quelques jours à vivre cet état de grâce
».

Voici un extrait des deux premières qui m’ont fait fondre. Un livre où le narrateur n’est qu’un petit homme… Un enfant bercé dans le ventre de sa mère puis plongé quelques heures plus tard dans la réalité de froide de la salle d’accouchement. On le suit lui et ses parents : retour à la maison, les premiers pas et tout ce qu’un petit bonhomme peut comprendre du monde des adultes jusqu’à ses 4 ans.

Notre petit homme, Loulou, découvre le monde, il y a les joies, les peurs, les appréhensions. On sourit, on est ému…

Un joli condensé d’amour du témoignage d’une mère via son enfant. Pas de mièvrerie ou d’excès, seulement des mots justes qui touchent.

Une très belle découverte et l'on se prend à rêver de retrouver la mémoire de ces moments oubliés.

Merci à Gwen pour m'avoir prêté ce livre!
Sylire , Gambadou et Anne ont également aimé cette lecture .

jeudi 17 juin 2010

Paola Calvetti - L'amour secret



Editeur : Presses de la Cité -Date Parution : 03/06/2010- 180 pages

A la mort de son père, célèbre violoncelliste, Lucrezia met au jour dans les affaires du défunt une boîte remplie de lettres, toutes écrites par la même personne : une certaine Constanza, qui, des années durant et dans le plus grand secret, fut la maîtresse du musicien.
Surprise de découvrir cette relation dont elle ne soupçonnait pas l'existence, Lucrezia décide de se rendre en Provence, chez Constanza, afin d'en apprendre davantage sur son père. Le temps d'un week-end, celle-ci va lui parler de l'homme qu'elle a aimé.


Quand Suzanne de chez les filles m’a proposé ce livre, j’ai accepté. La présentation de l’éditeur était alléchante :
Dans son premier roman, Paola Calvetti aborde son sujet de prédilection : l’amour, rendu plus fort par les obstacles, et capable à lui seul de bouleverser nos vies ordinaires. Tout comme dans L’amour est à la lettre A, Paola Calvetti emprunte au genre épistolaire. Parsemée au fil de l’histoire, la correspondance entre Andrea et Costanza apporte une profondeur narrative considérable au récit en établissant un dialogue invisible entre les générations.

J’avais oublié que le chant doucereux des sirènes amadouait les pauvres marins. Et bingo ! Non je ne suis pas retrouvée embarquer sur un navire ou un méthanier mais dans l’ennui…(désolée pour le côté non poétique, mais à Brest, on voit plus des vraquiers que des gondoles).

Et oui, je me suis ennuyée ! Déjà, il m’a fallu quelques pages pour comprendre que Constanza s’adressait par écrit à Gabrielle son amie.

Très vite, Cosntanza m’est apparue égoïste et très imbue de sa personne. Certes, il est question de l’amour entre cette dernière et Andréa mais je n’y ai pas été sensible.

La musique classique est omniprésente tout au long de cette histoire. Et, j’ai eu le sentiment que la passion pour la musique était plus forte que l’amour entre Andrea et Cosntanza.

Un rythme lent, une antipathie envers Constanza…bref, je suis complètement passée à côté de cette lecture.

Merci à
pour ce livre.

Qui l'a lu ? Keisha, Maggie, Mirontaine, Saxaoul et qui encore ?
Pascale qui a aimé !

Françoise Guérin - Mot compte double



Editeur Quadrature - Date de parution 25 janvier 2007 - 116 pages

Un recueil de seize nouvelles où des hommes ou des femmes nous confient ce qu’ils ont sur le cœur. Rancœur, amertume jusqu’à la goutte d’eau où le narrateur devient coupable.

Quelques une de ces nouvelle ont pour cadre le milieu médical : un vieillard mourant qui confond réalité et passé, une femme dans le coma, un psychanalyste qui tombe amoureux de sa patiente.

Des thèmes graves et durs sont traités : la Shoah, l’inceste, l’alcoolisme… ça bouscule, ça secoue et on est dérangé.

Entre cynisme et un souvenir d’enfance, il y a celles aussi qui vous pincent brusquement le cœur.

Le chute tombe comme un couperet ou la suggestion nous laisse bouche bée à la fin du texte.

Sur ces seize nouvelles, je n’en ai pas apprécié trois et celle de la petite fille violée n’est pas passée… Trop dure pour moi.

Les amateurs de nouvelles apprécieront ce recueil!

mercredi 16 juin 2010

Cécile Coulon - Méfiez-vous des enfants sages

Roman de Cécile Coulon. Texte non corrigé à paraître le 28 août 2010.

Imaginez un livre où les narrateurs changent à chaque chapitre, et où de surcroit les relations entre ces différents narrateurs ( voisin, père, mère, sœur, copine) ne sont pas du tout claires. Vous obtenez ce livre qui relate des pans de vie de personnes dans l’Amérique profonde.

A faire travailler mes neurones, j’ai réussi à cerner les personnages (et encore, j’ai des doutes ) : le voisin Eddy ancien toxicomane, une voisine ( ou copine) qui a un œil de verre, une mère désabusée et un père qui ramène des araignées pour son travail à la maison.

J’au lu ce livre dans un brouillard épais. Je suis restée hermétique à cette lecture car je devais revenir aux pages précédentes pour essayer de comprendre qui était qui. J’aurais pu le relire une seconde fois et prendre des notes… mais j’avoue que c’est au niveau de ma volonté !

Vous l’aurez compris, je suis complètement passée à côté de cette lecture en forme de déception…

Merci à Dialogues Croisés et à son opération Rentrée littéraire 2010
pour la découverte de ce livre.

mardi 15 juin 2010

J.M. Erre - Série Z


Editeur Buchet-Chastel - Date de parution : 04/2010- 364 pages qu'on ne voit pas défiler

Un coup de mou ? Et oui, ça arrive à tout le monde… La preuve depuis deux ou trois jours, les nuages grisâtres s’accumulent dans mon esprit. Quand ce type de perturbation se déclenche, j’opte au choix pour l’une des trois options.
Petit a : me mettre sous la couette et me goinfrer de chocolat.
Petit b : toujours sous la couette, ruminer jusqu’ à ce que les petits nuages moutonneux deviennent vraiment noirs (les psys remarqueront et identifieront ce trait de caractère)
Petit c : essayer de me changer les idées.

Il m’arrive de combiner la solution petit a et petit b. Dans ce cas, je prévois en plus du chocolat des boîtes de mouchoirs.

Donc aujourd’hui, j’avais opté pout la solution petit a. Mais, problème ! Plus de chocolat ! Habituellement, je le remplace par du Nutella que je mange à la cuillère à soupe. Mais comme un fait exprès, petite fille n’avait pas cours cette après-midi. Qu’elle me surprenne à m’ empiffrer de pâte à tartiner dans mon lit, après j’aurais bonne mine à discourir sur les principes d’une alimentation équilibrée et à déclamer mes « on ne mange pas entre les repas».

Option petit c : se changer les idées. Temps maussade (comme moi) donc pas envie de sortir. Et là, je remercie Pickwick !

Comment vous parlez de ce livre loufoque, délirant, iconoclaste (je sais … j'ai placé un mot recherché pour relever le niveau culturel de mon blog) ?

Félix Zac espère pondre le scénario qui le fera connaître au monde entier. En attendant, il tient un blog sous le pseudo de docteur Z sur lequel il parle de sa passion pour les films de série B. Il vit au crochet de sa femme Sophie : végétarienne, écolo convaincue, et qui milite pour un monde meilleur au sein de l’association Fuck the OMG, tout en assumant de temps en temps son rôle de père.
Félix a un script de film : l’action se déroule dans une maison de retraite où des vieux disparaissent d’une façon étrange ! Sauf que pour notre ami Félix la réalité va rejoindre la fiction…

Je ne l’ai pas lu, je l’ai dévoré ! Oui, grâce à Série Z, le livre voyageur de Pickwick, j’ai travaillé mes zygomatiques et mes abdos (ces trucs un peu mous au niveau de mon ventre) mais surtout je me suis éclatée avec cette lecture ! Bonus, les petits nuages ont disparu et j’ai retrouvé mon pep’s légendaire…

Un livre où le script du film, le récit, les pensées de Félix, l’intrique et quelques bonus sont absolument irrésistibles.

Un gros coup de cœur ! Qui en plus m’a évité de me ruer sur le chocolat …

Que demander de plus ? I’m happy !!!!Je vais faire le plein des livres de cet auteur !

Les avis tout aussi enthousiastes de Gwen et de Keisha , Cathulu , Leiloona et de Brize !

"- Il a pourtant l'air inoffensif.
- C'est ce qui le rend suspect. Comme je dis toujours : "plus, il ne paye pas de mine, moins il n'est pas innocent."
- Je ne suis pas sûr d'avoir bien compris...
- C'est le théorème de Columbo.Faut être spécialiste
"

Bernhard Schlink - Le Liseur



Agé de 15 ans, Michaël un jeune allemand devient un peu par hasard l’amant d’Hanna de vingt ans son ainée. Elle est contrôleuse de bus mais l’on ressent une part de mystère dans lequel elle se drape volontiers. Dans leur relation, un rituel s’installe : le bain, la lecture faite à voix haute par Michaël à Hanna. Un jour, Hanna disparait brusquement sans laisser aucune trace. Sept ans plus tard, Michaël fait des études de droit. Au cours d’un séminaire, il assiste à un procès de cinq criminelles de guerre. Hanna est sur le banc des accusées. Il apprend que pendant la seconde Guerre Mondiale, Hanna était gardienne d’un camp de prisonnières.

Voilà un livre magistral sur le fond et la forme. Evidemment, il y a cette histoire d’amour entre Michaël et Hanna. Mais surtout, Bernhard Schlink nous fait part du sentiment de culpabilité de ces générations d'Allemands face un à héritage lourd, honteux laissés par leurs parents : « Mais enfin l’on condamnait et châtiait quelques rares individus, tandis que nous, la génération suivante, nous nous renfermions dans le silence et l’horreur, de la honte et de la culpabilité : et voilà, c’était tout ? ».

Lors du procès, Michaël comprend qu’Hanna est analphabète et plutôt que d’accepter une promotion, elle a préféré s’engager dans les SS. Hanna porte aussi une honte, celle de ne pas savoir ni lire ni écrire. Et plutôt que de l’avouer au procès, elle préfèrera endosser toutes les responsabilités L’amour que Michaël éprouvait pour Hanna n’est pas mort. Le procès va le réveiller mais comment peut-il juger un crime commis par Hanna, lui qui se destine à faire carrière dans le droit ?
Le lecteur est amené à se poser des questions : qui peut juger et de quel droit ? Bernhard Schlink ne nous donne pas de réponse sur un plateau, il laisse le soin à chacun de répondre à cette douloureuse question.

Je n’en dirais pas plus … juste que la lecture joue un rôle important tout au long de l’histoire.

Une lecture forte, troublante et dont on ne sort pas indemne. Un livre comme je les aime …

Maintenant, j'ai très envie de voir le film.

« Seulement voilà : fuir n’est pas seulement partir, c’est aussi arriver quelque part »

Il s'agissait d'une lecture cummune avec Valérie, d'autre avis chez l'ami BOB.

lundi 14 juin 2010

Ann Packer - Chanson sans paroles



Liz et Sarabeth sont amies depuis l’enfance. Liz mène une vie tranquille et confortable entre son mari et ses enfants. Sarabeth est célibataire et s’accomplit à travers la création manuelle. Tout bascule le jour où la fille de Liz, Lauren 15 ans tente de se suicider. Liz et son mari tentent de comprendre pourquoi leur sa fille en est arrivée là. Sarabeth revoit à travers le geste de Lauren celui de sa mère alors qu’elle était encore enfant. Liz compte sur son amie pour lui apporter du réconfort, de l’aide mais cette dernière s’isole. L’amitié de Liz et Sarabeth s’effrite alors que chacune des deux a besoin de l’autre.

A travers Liz, la question comment est on une bonne mère est posée. Comment assumer en tant que parent lorsqu’on ne voit pas les signes précurseurs du mal –être chez son enfant ? Les rapports entre Lauren et sa mère sont très bien dépeints. Mais surtout le personnage de Lauren et l’analyse de son désarroi est passée à la loupe. Aussi, le lecteur se retrouve dans la peau de Lauren et possède toutes les cartes en main pour essayer de comprendre son geste.

Dans le style et l’écriture, ce livre m’a fait penser à ceux de Douglas Kennedy. Hélas, comme dans certains livres de cet auteur, on est noyé sous certains détails inutiles…

Une lecture agréable mais qui aurait gagnée en profondeur sans les longueurs...

L'avis de Brize et celui de Cathulu .

dimanche 13 juin 2010

Le mauvais pacte

Qui dit dimanche, dit l'atelier d'écriture chez Gwen. On actionne ses neurones pour trouver une suite au texte qu'elle nous a concocté :

Lundi. 7 heures. Ce matin, vous vous réveillez brutalement. Vous vous sentez un peu bizarre. Comme fiévreuse. Vous vous frottez les yeux, passez la main de vos cheveux. Damned! Votre crâne est lisse… Plus un seul cheveu. La stupeur vous fait vous asseoir brutalement dans le lit. Vous allumez la lampe de chevet et ce faisant, remarquez votre main, épaisse, poilue, aux ongles courts. Surprise, vous jetez un œil sur votre torse. Plat. Plus un gramme de mammelle à l’horizon. Quelqu’un vous a volé votre silicone! Et ce… enfin, cette chose, ce poids entre vos cuisses… Vous soulevez le drap et le rabattez aussitôt en poussant un grognement d’horreur. Tous ces poils! Et cette… enfin ce… Aucun doute. Vous êtes un… homme! Mais comment cela est-il possible? Hier, encore, vous étiez une blonde aux cheveux longs, faisant un bon 95D et vous aviez les ongles manucurés et une épilation parfaite. Que s’est-il passé? Qu’aller vous devenir? Racontez…

Et voici le fruit de mes cogitations intitulé le mauvais pacte :

Hier soir, Il est revenu et m’a demandé ce que je voulais, je me rappelle lui avoir répondu que je voulais redevenir un homme. Ce matin, au réveil, j’ai crû un instant que j’allais retrouver ma vie d’avant. Car oui, je suis un homme ! Pas de doute, cette fois il a tenu parole. La tête sous les draps, je vérifie mon anatomie. Ouf, je suis soulagé. Non parce qu’il faut je vous raconte toute l’histoire…
Un jour, j’ai douté de ma foi. Curé, j’ai envié tout ce que à quoi j’avais renoncé. Quand je célébrais la messe, j’observais les femmes et je regrettais d’avoir prêté vœu de chasteté. Je rêvais de jouissance physique, d’un corps féminin sous mes mains. Les hommes qui avaient réussi plastronnaient fièrement dans leurs grosses voitures. Ils avaient l’argent, le pouvoir et la vie facile. Et moi, je vivotais en prêchant la bonne parole. Rongé par la jalousie, j’en ai eu assez de cette existence. Je n’en pouvais plus. Je bâclais mes offices, l’âme torturée par tout ce que je n’avais pas.

Un soir, Il s’est présenté et m’a proposé un marché mon âme contre tout ce que désirais. La tentation a été trop forte et j’ai cédé. J’allais enfin pouvoir connaître les plaisirs charnels, la puissance et la gloire. Il m’a faite femme. Je me suis retrouvé dans un corps divin. Grande, belle, blonde, une poitrine de rêve. Je n’étais pas une épouse dévouée avec des enfants. Non, j’étais une prostituée qui vendait sans vergogne son corps au premier venu. J’ai du accomplir les volontés, les désirs les plus bas et les plus vils des hommes. J’en pleurais, je regrettais mon église et mes bigotes du dimanche.

Mais là, j’avoue que je suis étonné qu’il ait tenu parole. Le Diable ne serait pas de mauvaise foi? Ma main se promène sur mon visage, je sens la barbe naissante mais également une moustache. Mais, je n’ai jamais eu de moustache ! Je n’ose pas sortir la tête de sous les draps. M’a t’il joué encore un mauvais tour ?

J’entends des chiens aboyer et des ordres dans une langue étrangère. Qui suis-je ? On frappe à la porte. Une fois puis une deuxième fois. Je dois affronter mon destin. Je me risque enfin à regarder autour de moi. La chambre est spacieuse, les murs sont ornés de tableaux. Il y a un grand bureau qui trône avec des cartes d’Etat Major dispersées un peu partout. On dirait des cartes anciennes de l’Europe. Je sens mon cœur battre comme un fou, prêt à sortir de ma cage thoracique. Le sang afflue à mes tempes, je ne peux pas le croire. J'ai une vision d’horreur. Posé sur une chaise, il y a un uniforme. Oh non !!!

Un soldat entre, me salue et m’appelle Mein Führer .
Je voulais être puissant, je suis le plus grand meurtrier de l’histoire …

Cécile Ladjali - Ordalie



Je me permets de mettre la 4ème de couverture qui résume on ne peut mieux ce magnifique livre :

Orphelin de ses parents tués sous les bombes, Zak n’en est pas moins inconsolable de l’anéantissement du Reich. Recueilli chez un oncle, il passe son adolescence après-guerre dans une petite ville d’Autriche. C’est là que vit Ilse, sa merveilleuse cousine, jeune poétesse et romancière promise au plus bel avenir. Chez elle, tout éblouit Zak, bien qu’il ressente de la haine pour ses engagements généreux, sa foi en la reconstruction, son idéal d’une autre
Allemagne…
Un jour, Ilse lui fait connaître l’homme dont elle vient de s’éprendre : Lenz, obscur poète roumain, juif désespéré, à peine rescapé de l’holocauste…
De la passion orageuse, sourdement destructrice, entre Ilse et le poète de l’ombre, Zak ne peut désormais que devenir, à son corps défendant – dans une fascination à lui-même odieuse –, le témoin et le dépositaire.
Dédié aux impossibles amours, aux mots qui renaissent de leurs cendres, à l’Allemagne du Mur et à celle de la réunification, aux écrivains qui espèrent et aux passions que l’Histoire ravage jusqu’à la consomption, Ordalie rend – aussi – hommage à deux figures mythiques de la littérature.

Je ne sais pas par où commencer tellement cette lecture s’est révélée riche et passionnante pour moi. Riche car il y a l’écriture parfaite de Cécile Ladajli qui m’était jusqu’alors inconnue. Une plume qui transcrit parfaitement l’amour idéaliste que Zak éprouve pour sa cousine et celui qui unit Isle et Lenz. A travers Isle et Lenz, elle fait revivre le poète allemand Paul Ceylan (1920-1970) et la poétesse autrichienne Ingebor Bachamnn(1926-1973). Deux artistes liés par l’amour des mots et par des convictions profondes sur l’Allemagne. L’amour y est dépeint sous toutes ses aspects : tourmenté, violent, jaloux, admiratif, exclusif …

Mais ce livre contient bien plus. En filigrane, il y a l’histoire de l’Allemagne d’après-guerre. Isle y voit un pays qui veut expier ses crimes passés et sur la voie du renouveau alors que Zak regrette l'époque du III ième Reich. De même, Ilse et Lenz ne sont pas d'accord sur la conception de la poésie et de sa finalité.

Je me rends compte que je parle très mal de cette lecture et que j’ai beaucoup de mal à trouver mes mots.

Ce livre m’a happée dès la première ligne et j’ai été conquise. Impatiente, troublée, j’ai lu le récit de Zak en apnée totale bercée par la correspondance si belle de ces poètes.

Un hymne à la passion, aux amours impossibles ou contrariés qui vous rongent, vous consument à petit feu ou qui vous donnent des ailes…
D’ailleurs c’est un coup de cœur pour moi…


Merci à Stephie pour ce livre voyageur, Leiloona, Mango et Lilly en parlent également (et leurs billets vous donneront une meilleure idée que le mien…)

"Je ne parlais toujours pas. J'avais envie de pleurer.De joie? De rage? Les deux. Elle m'aimait. Mais pas du même amour que moi.
(...)
Dans l'objectif, son corps était renversé. Ainsi offerte, elle rencontrait mon propre bouleversement. Celui que je ne pouvais pas vouer. J'avais alors dix-huit ans. Je serais bientôt un homme et je ferais bien mieux dans la vraie vie de de prendre des clichés de femmes
."

samedi 12 juin 2010

Aki Shimazaki - Le poids des secrets Tome 5 - Hotaru



J'ai lu le dernier tome de cette pentalogie et je dois dire que j'y ai retrouvé toute l'émotion des premiers. Mais une émotion encore plus forte et plus puissante. Dans Hotaru, il s'agit de Mariko qui confie à son tour son secret à sa petite-fille Tsubaki. Et quel secret !
On retrouve l'histoire du premier et du deuxième tome mais racontée par Mariko. Cette dernière raconte sa relation avec Monsieur Horibe. La vérité prend un autre tournure, différente de celle que j'avais pu imaginer.

La boucle est bouclée... je termine cette série la gorge serrée.

Un coup de cœur que je conseille !

vendredi 11 juin 2010

Salon du livre à Vannes le 19 et 20 juin

Le 3ème salon du livre en Bretagne aura lieu à Vannes les 19 et 20 juin prochains.

La liste des auteurs présents pour la section littérature est diponible ici .


Est ce que certain(e)s d'entre vous y vont ?

Bruno Le Sassier - Une histoire d'homme



Ce livre s’ouvre sur la mort de Claude une amie du narrateur. Dès les premières pages, ce dernier donne l’impression d’être sur de lui, il a du répondant. On apprend qu’il est avocat et qu’il a dans les 4o ans passés. Nous le retrouvons le jour de son mariage. On suit cette journée qui est le fil conducteur du livre avec des flashbacks sur ses anciens amours. Il égrène ses souvenirs heureux ou malheureux, ses anciennes maitresses. Sa bande de copains et leur amitié est omniprésente le long du récit, seule « valeur » qui ne bouge pas.

Malgré tout cela, j’ai eu du mal à renter dans cette histoire. J’ai ressenti une sorte de lassitude à l’évocation de ses conquêtes féminines relatées sur le même schéma: la rencontre, la relation puis la rupture. A la moitié du livre, j’ai commencé m’ennuyer vraiment. J’aurais peut-être dû ne pas continuer ma lecture car la fin m’a déconcertée.

Je suis complètement passée à côté de l’autre aspect de l’histoire … celle d’un homme qui confie ses états d’âme, un homme avec sa fragilité à la recherche du bonheur.

Merci à Lasardine qui a été plus sensible et réceptive que moi à cette lecture.

L’avis de 1000 - et – 1 et de Cath.

jeudi 10 juin 2010

John Harwood - La séance



Avertissement : avant de commencer ce livre, vérifiez que le frigo n’est pas vide et que votre tribu a quelques vêtements pour les deux ou trois à jours à venir. Car une fois ouvert, vous ne pourrez plus lâcher ce livre qui nous plonge dans l’Angleterre Victorienne, avec bonheur et délices…

Constance Langton apprend qu’elle hérite d’un manoir de famille Wraxford Hall. Un manoir maudit où les précédents occupants ont disparus de façon très, très étrange…

Mon résumé s’arrêtera là, oui, je sais c’est très court mais pour vous mettre un peu plus à la bouche, on y parle de spiritualisme, d’esprits qui viennent vous rendre visite et d’hypnose.

J’ai adoré ce livre ! Sa construction où les points de vue s’enchevêtrent sous forme de journal m’a séduite. On apprend des informations complémentaires, on croit s’approcher la vérité et puis non, fausse route ! Les pièces du puzzle deviennent plus nettes et nouveau coup de théâtre, notre théorie s’effondre. Les différents points de vue, les personnalités, le manoir… cet ensemble dégage une atmosphère qui piège le lecteur.

Un livre magistral, envoutant et qui est un gros coup de cœur ! J’en redemande ! Ah oui, l’écriture y est délicieuse….

Un grand merci à Solène la bonne fée des Editions Cherche Midi, car pendant quelques heures j’ai vécu à l’époque Victorienne et non à Brest….

L'avis de Keisha.

mercredi 9 juin 2010

Le mensonge

Cette semaine, le thème est le mensonge chez les Impromptus littéraires

Elle a mal dormi, n’arrivant pas à trouver le sommeil et une fois qu’enfin la fatigue l’avait emporté, son portable avait sonné. Son thé avalé, elle a hésité entre plusieurs tenues et a finalement opté pour une jupe et un chemisier. Devait-elle se maquiller ? Elle a pour habitude de souligner ses yeux d’un trait de crayon. Quelquefois, elle ajoute un peu de fard à paupières mais jamais plus. Pour son rendez-vous, elle a décidé de s’en remettre à une professionnelle. Elle a écouté les conseils de l’esthéticienne qui prenait à cœur son métier : « l’apparence, c’est important, surtout quand on approche de la quarantaine, car beaucoup de femmes ont une tendance à se laisser aller. D’ailleurs, je peux vous proposer une crème de nuit qui fait des miracles. »

Elle a l’écouté, mal à l’aise, elle s’est laissée emberlificoter pas ses conseils mielleux. Venue pour acheter un rouge à lèvres, la commerçante a réussi à lui vendre en plus des crèmes anti-cellulites, des gélules pour chasser les capitons…
Vous verrez dans un mois la différence sera visible, au revoir Madame. Et bonne fin de journée.

A peine avait elle franchi le seuil de la porte que l’esthéticienne appelait son apprentie dans l’arrière boutique.
-Regarde la dame dans la rue !
-Qui ça ?

L’apprentie ne voyait sur le trottoir d’en face qu’une femme frêle et maigre.
-Celle porte une jupe beige! j’ai réussi à lui vendre pour plus de 300 euros de produits pour maigrir.
-Mais pourquoi ?
-Je sentais que le rouge à lèvres n’était qu’un prétexte, elle jetait des coups d’œil sur les produits de la gamme minceur. Je lui ai posé quelques questions, elle m’a avouée qu’elle se trouvait un peu ronde, alors j’ai été dans son sens… je lui ai dit que je pouvais l’aider.
-Mais c’est un mensonge !
-Ah ma pauvre fille, tu es bien naïve ! Dans le commerce, on ne fait pas dans les sentiments… on dit juste au client ce qu’il veut entendre. Et puis, il faut bien faire tourner le commerce ! Ah oui, appelle le fournisseur, cette dame reviendra d’ici peu nous voir!

Fred Vargas - L'homme aux cercles bleus



Depuis 4 mois, les journalistes parisiens se régalent d’une affaire un peu spéciale. Des cercles bleus sont tracés pendant la nuit sur les trottoirs. Ces cercles dessinés à la craie bleue entourent des objets aussi divers que variés : trombone, pince à épiler…
Et, la même phrase : "Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors?" est toujours inscrite.
Le commissaire Adamsberg muté depuis peu à Paris n’y voit pas qu’un simple jeu ou l’acte d’un maniaque. L’avenir va lui donner raison : une femme égorgée est retrouvée.

J’ai eu du mal à rentrer dans ce livre.
Le personnage de Mathilde m’a semblé peu crédible : grande océanographe de renom qui aime suivre les personnes ou faire la fête quand elle n’étudie pas les poissons. J’ai trouvé que le commissaire Adamsberg lui faisait trop rapidement confiance alors qu’il ne la connaissait que depuis peu. Danglard l'acolyte d'Adamsberg est largement penché sur la boisson. Et là, je me pose une question : pourquoi les flics sont souvent alcooliques dans les livres ?
A la moitié du livre, j’ai failli abandonner ma lecture… je m’ennuyais.


Eh oui, il faut attendre un moment avant que le premier cadavre fasse son apparition (mauvais jeu de mots !) et que l’enquête commence.
La seconde partie s’est révélée un plus rythmée grâce au raisonnement d’Adamsberg. Le dénouement est original mais ça n’a pas été suffisant pour que j’oublie tous les bémols…

Une lecture synonyme de petite déception en conclusion !

Il s'agissait d'une découverte de cette auteure en ce qui me concerne. Allons voir chez Pimprenelle ce que les autres participants ont lu...

mardi 8 juin 2010

Emmanuelle Urien - Tu devrais voir quelqu'un



Sarah, 34 ans est secrétaire médicale mais son passe temps c’est l’écriture. Elle écrit sur des carnets, lors des diners, elle s’échappe dans les toilettes pour noircir des pages. A part, Fatiha, une amie de longue date, Sarah ne voit personne. Sauf Julien avec qui l’amour est compliqué. Un homme avec un chapeau apparaît comme une tâche dans son champ de vision. Il est toujours là, à côté d’elle. Mais personne ne le voit. Sarah s’habitue à cet homme qu’elle appelle Janvier et découvre que ses écrits le dirigent.

Emmanuelle Urien nous embarque dans une histoire en un rien de temps ! Comme dans ses nouvelles, le style est impeccable et elle mène le lecteur comme elle l’entend. D’ailleurs Sarah fait de même avec son personnage. Depuis qu’elle a découvert que son écriture commandait Janvier, elle se coupe du monde. Mais qui est fou dans cette histoire ? Qui dépend de qui ? L’écrivain ou le personnage ?

Un livre drôlement bien mené à l’humour grinçant qui s'accorde avec une folie étrange.

Emmanuelle Urien nous réserve son coup de maître pour le final.
Et quelle fin ! Une fin inattendue, surprenante et qui m’a scotchée ! J’en suis sortie bousculée, désorientée et n’ayant plus aucune certitude…

Mon conseil ? Lisez-le …si vous n’avez pas peur de la manipulation.

lundi 7 juin 2010

Sylvie Germain - Magnus



Nous sommes en Allemagne avant la seconde guerre mondiale. Agé de cinq ans, Franz-Georg suite à un traumatisme perd tous ses souvenirs d’enfance, « il ne lui reste aucun souvenir, sa mémoire et aussi vide qu’au jour de sa naissance ». Un père médecin, une mère très protectrice. Après la guerre il faut changer de noms, Franz-Georg ne le sait pas mais son père est un nazi qui travaillait dans les camps de concentration. Son père s’enfuit au Mexique sous autre nom où l’on perd sa trace. Sa mère le confie le confie à son frère qui habite en Angleterre. Franz-Georg devient Adam mais il veut retrouver ce père criminel. Il part au Mexique à sa recherche et découvre la vérité sur ses origines. La quête de l’identité le ronge, le pousse à savoir tandis que les démons de la guerre sont toujours présents. Son compagnon d’enfance sera de tous les voyages, de toutes les recherches : son ours en peluche Magnus. D’ailleurs, il changera son nom en celui de Magnus.

J’ai aimé ce livre ! J’ai aimé sa construction de chapitres en fragments intercalés de notules. Fragments comme la mémoire dissolue, trouble ou des morceaux épars de souvenirs. J’ai aimé cette histoire sur la quête de l’identité où Magnus tente de se construire en cherchant les bases qui lui manquent. Un récit, une histoire qui flirte par moment avec le conte. J’ai aimé l’écriture de Sylvie Germain si belle qui m’a transportée…

Une écriture limpide qui coule comme de l’eau. Avec une sensibilité, une grâce qui se veut parfois poétique.

Une lecture envoutante. On a la tête remplie des mots de Sylvie Germain et l’envie de les garder précieusement, de ne pas les oublier.


Un gros coup de cœur !

Contrairement à Sylire, j’ai adoré la fin que je trouve magnifique, une porte ouverte qui nous fait réfléchir à nos propres vies. Pour Canel il s'agit également d' un coup de cœur ! D'autres avis chez l'ami BOB.

Si vous l’avez lu, merci de me transmettre vos liens pour que je les intègre.

Une femme se présente dans le centre, elle passe les enfants en revue. Une femme encore jeune, élégante, mais le visage durci par un deuil récent. L’histoire de ce petit garçon, non pas sourd-muet mais vierge de tout souvenir, l’intéresse. Elle l’observe longuement, le trouve joli, placide, et le devine intelligent. C’est un garçonnet bouclé, aux yeux noisettes, au crâne en parfaite conformité avec les normes aryennes, au sexe non circoncis. Sain de corps et de race ; quand à l’esprit, il est nu, page gommée prête à être encore réécrite. La femme se chargera de la blanchir à fond avant d’y écrire à sa guise, elle dispose d’un texte de rechange. Un texte de revanche sur la mort.

dimanche 6 juin 2010

John Burnside - Un mensonge sur mon père



Dans ce livre, John Burnside écrit sur son père. Au lieu de nous raconter des mensonges et de placer son père sur un piédestal, il nous décrit une vérité peu reluisante. Qui serait fier d’avoir un père alcoolique, menteur ? Qui aimerait dire dans ce cas « mon père c’est un type formidable » ?

Un père qui agit en tyran et qui ramène ses soirs de beuverie ses copains à la maison. Une mère dépressive et anémique qui protège comme elle le peut John et sa sœur. Le manque d’argent et d’affection dans les cités minières.
Un père moitié docteur Jekyll et moitié Mr Hyde qui n’a jamais cessé de mentir sur ses origines. Lui, l’enfant abandonné n’a pas voulu donner le bonheur à sa famille. John sera son souffre douleur, l’objet de des humiliations. Comme le dit John, son père pouvait être bien pire et bien plus odieux quand il était sobre.

John en grandissant va toucher à la drogue, à l’alcool et va vouloir un jour commettre l’irréversible : tuer son père. A la mort de sa mère, il décide de quitter une bonne fois pour toute la maison familiale et d’abandonner ce père.

Quel livre ! D’abord il y a cette écriture sobre pour parler de l’alcoolisme. Sans tomber dans le pathos, il nous décrit bien plus qu’une enfance malheureuse et une Ecosse miséreuse. Il s’agit d’un parcours : comment se construire malgré tout et comment s’accrocher à ce que l’on nomme la vie.

Une lecture puissante et fulgurante … Un coup de cœur pour moi.

Merci à l'ami BOB et aux éditions Le Point pour ce livre !

Le billet d'Yv qui a également aimé.

La tête en friche - le film





Je suis ressortie du ciné avec des d'envies de lecture ! Lire "la promesse de l'aube" de Roman Gary et " la tête en friche" de Marie-Sabine Roger!

Ce film est une ode aux mots, aux livres et aux amitiés qu'ils savent créer.
La tête en friche c'est comme un champ non cultivé où l'on n'a rien semé. Germain va rencontrer Margueritte qui va lui donner l'envie, la volonté de connaître, de manier les mots.

Tout le pouvoir de la lecture est retranscrit dans des dialogues qui sonnent juste... Pas de flonflon ou de grands discours, non, des phrases qui vont droit au coeur et comme le dit Margueritte "nous sommes des passeurs de livres". A nous de transmettre la passion de la lecture ....


C'est beau ! On a la tête émerveillée et le coeur pincé....

Je vous invite à aller lire l'avis Géraldine qui en parle très bien !
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