jeudi 31 mars 2011

Qui veut aller à la projection privée du film La Pecora Nera ?

Ah ça faisait longtemps que je  n’avais pas fait gagner  des places de ciné ! Cette fois, je vous propose une place valable pour deux afin d'assister à la projection privée du film La Pecora Nera.
Synopsys :
« L’asile est le lieu où se concentrent le plus grand nombre de saints. Saints sont les pauvres fous qui dorment sous des draps chinois, suaires de fabrication industrielle. Sainte est aussi la sœur qui, à coté de la petite lumière qui illumine sa table de chevet, brille comme un ex-voto. Mais le saint des saints c’est le docteur, il est Jésus Christ. »
C’est dans ces termes que Nicola nous raconte ces 35 ans “d’asile électrique”. Dans son cerveau disloqué la réalité et la fiction entrent en collision et génèrent des illuminations imprévisibles. Nicola est né dans les années 60 “les fabuleuses années 60”, et le monde qu’il voit à l’intérieur de l’institut psychiatrique n’est pas très diffèrent de la réalité que vivent les gens à l’extérieur.
Un monde toujours plus vorace, où la seule chose qui semble ne pas pouvoir se consommer, est la peur.  
Le film sortira en France le 20 avril prochain et je vous propose de le voir en avant-première  le 4 avril  à  Paris  ( 20H00 et dans le 8ème ).
A la suite de la projection, vous rencontrerez au tour d’un verre, Ascanio Celestini en personne dans les locaux de la production du film Bellissima Films.
Alors heureux ?
Mais d’abord il faut répondre correctement à quelques petites questions (faciles) :
1°) Que signifie La Pecora Nera ?
2°) Qui est le réalisateur du film ?
Et enfin la question que vous attendez tous impatiemment :
3°) Sur la pochette du dernier  album de Miossec  finistériens, dans quel lieu  mythique brestois les photos ont été prises : le Quartz ou le Vauban  ???
Les réponses sont à envoyer par mail avec vos noms et prénoms, coordonnées avant le samedi 2 avril 20h00.

Annie Ernaux - L'autre fille

Éditeur : NIL - Date de parution : Mars 2011 - 78 pages sincères et touchantes...

La  collection Les affranchis propose aux auteurs d’écrire une lettre. Pas n’importe quelle lettre. Celle qu’ils n’ont jamais écrite.
Annie Ernaux écrit à sœur aînée décédée à l’âge de 6 ans, avant sa naissance. Une sœur dont elle a appris par hasard l’existence. Annie Ernaux est âgée de 10 ans lorsqu'elle surprend une conversation  un soir d’août 1950 entre sa mère et  une cliente. Des mots pesants, lourds de conséquence qu’elle n’aurait pas dû entendre : A la fin, elle dit de toi "elle était plus gentille que celle-là". Celle-là, c'est moi. Et avec cette  écriture sans mots inutiles, Annie Ernaux touche juste.  Qu’y a-t-il derrière gentille ?  Une sœur dont ses parents ne lui ont jamais parlé ni ouvertement ou à demi-mots.  Le poids, la douleur  de la maladie qui emporte un enfant ou celui  de regarder la fille qui « remplace » l’autre.  Sujets tabous pour ses parents. Alors, elle remonte le cours de l’histoire familiale, cherche à comprendre. L'auteure revisite son statut d'enfant d'unique et recolle les fragments des souvenirs. 
Annie Ernaux m’a touchée une fois de plus, j’ai tourné la dernière page  la gorge serrée. Sans fioriture et avec des mots  très justes, délicats, comme elle sait le faire si bien,  elle nous fait cadeau d’une très belle lettre. Récit dont la sincérité, la teneur  m’ont ébranlée…  
Tu n’as d’existence qu’au travers de ton empreinte sur la mienne. T’écrire, ce n’est rien d’autre que faire le tour de ton absence. Décrire l’héritage d’absence.
Les billets de Cathulu et celui de  Laure qui renvoie à d’autres liens.

mercredi 30 mars 2011

Fabienne Juhel - Les bois dormants

Éditeur : Rouergue - Date de parution : Août 2007 - 158 pages très belles...

Extrait de la quatrième couverture :
Depuis toujours, elle s'est perdue. Bébé, ses parents l'oublient dans une fête foraine. Fillette, elle s'égare avec plaisir dans les bois. Trente ans plus tard, à l'hôpital, on la dit perdue. La tumeur, une étoile accrochée à son cerveau, l'a fait basculer dans un univers d'anges et d'ogres. Quelque chose de son enfance lui est revenue. Qu'on lui laisse oublier la rentrée des classes. Elle est partie cueillir des mûres. C'est son dernier été.

Ah, merveilleuse Fabienne Juhel ! Après les hommes sirènes, cette auteure continue de me ravir et de me subjuguer par son écriture. Et si j’ai mis en résumé un extrait de la quatrième de couverture c’est parce qu'il restitue l’ambiance de ce roman. Il dévoile ni trop, ni pas assez mais suffisamment pour susciter le désir de pénétrer dans l’univers ô combien envoûtant de l’auteure.
Oui, envoûtant  car jugez par vous-même  les premières lignes :
Je me suis perdue. Ca devait arriver. Je me perdais souvent, avant.
Une histoire commencée très tôt avant de devenir une habitude. Une humeur aussi. Un petit héritage de famille en somme. Pas grand-chose. Un legs que personne ne vous jalouse. Et qu’on empoche. Pas la peine, pour le coupe, de le formuler dans les clauses testamentaires.

Je peux vous dire que ce livre malgré le sujet triste n’est pas sinistre. Il ne reste qu’un été à vivre à la narratrice. Sa tumeur au cerveau ne lui accorde que quelques mois de sursis. Profiter juste encore du privilège de l’insouciance qu’offre la santé. Mas, ses oublis deviennent fréquents comme on perd le nord, les examens médicaux sont sans appel. Puis le corps se met en sommeil. Indéfiniment. L’esprit vagabonde et les pensées s’échappent. Elles franchissent à pieds joints la frontière du réel et se glissent dans les fables. Des souvenirs épars de l’enfance ressurgissent. L’odeur de l’herbe mouillée, du bol de lait chaud et les trésors de fortune mis au fond de la poche. Mais surtout sa vie de femme et de mère. A l’hôpital, son mari Michel est impuissant face à la prison du coma. Et, elle, elle aurait aimé continuer à raconter des histoires à ses enfants avant de partir définitivement. Le style de Fabienne Juhel caracole avec la poésie, l'onirique, c'est très beau… Une écriture qui porte en apothéose la nature, les fables. Des pistes sont semées, morceaux colorés que l’on retrouvera dans les hommes sirènes.

J’aime et j’ai besoin de ces lectures nourricières où le réel, l’imaginaire s’enlacent pour ne former qu’un. Encore un livre de cette auteure  et je  déclare officiellement que je suis atteinte de Juhelmania !

Le billet de Moustafette

mardi 29 mars 2011

Willa Marsh - Meurtres entre sœurs

Éditeur : Le Livre de Poche - Date de parution : Mars 2011 - 252 pages irrésistibles...

Vous voulez de l’humour noir, et caustique? Vous êtes à la recherche d’un livre qui se lit d’une seule traite ? Stop !!! N’allez pas plus loin, c’est  ce livre qu’il vous faut !
L'Angleterre et les années 1950. Le père  d’Olivia et la mère d’Emily, veufs tous les deux  décident de refaire leur vie ensemble. Les deux fillettes s’accommodent de la situation non sans mal puis deviennent très proches et soudées. Le bonheur prend fin pour elles lorsqu’une petite sœur Rosie s’invite. Liv et Em , jalouses, s’en prennent à l’adorable Rosie qui en grandissant se révèle être bien pire…
Tous les coups bas sont permis dans ce livre  comme celui de s’en prendre à la vie de sa sœur. Si Liv et Em me sont apparues au début comme deux petites pestes, eh bien Rosie se révèle machiavélique ! Rien ne l’arrête pour ainsi dire. Vénale, mesquine au point d’empêcher les mariages de ses sœurs.  Elle déploie des ruses, elle manigance pour arriver à ses fins et le tout de façon subtile. Un vrai stratège de guerre ! Mais Liv et Em vont découvrir le pot aux roses et même si c’est sur le tard, elles n'o nt pas dit leur dernier mot.  Du cynisme somme toute assez gentil mais suffisant pour me donner  un grand sourire aux lèvre (oui, j'ai un mauvais fond). Une lecture délicieusement distrayante sur fond d’humour noir !
C'est léger avec cette touche british , bref un livre idéal pour se changer les idées!

Merci à Theoma de me l’avoir proposé en LV. Et pour les billets,  on prend sa respiration car la liste est longue  : Alex, Anna, Brize, Canel, Cathulu, Choco, Kathel,  Keisha , Manu, Restling


lundi 28 mars 2011

Gary Victor - Le sang et la mer

Éditeur : Vents ailleurs - Date de parution : Septembre 2010 - 182 pages

Après la mort de leur mère, Hérodiane et son frère Estevel ont dû quitter leur village pour venir à Haïti. Ils s’installent à  Paradi. Un doux nom qui désigne  un bidonville accroché au flanc de la montagne. Agée de 17 ans, Hérodiane est d’une beauté qui ne laisse pas indifférent. Yvan, riche mulâtre la séduit et la jeune fille tombe amoureuse. Mais, les  princes charmants à la peau claire se révèlent quelquefois malhonnêtes et entrainent dans la déchéance les jeunes filles.
La nuit où le sang a jailli de mon ventre, j'ai rêvé de la mer marchant sur terre, telle une multitude de moutons dont la toison était l'écume blanchâtre des vagues venant battre en cadence les rochers dans la baie de Saint-Jean. A la lecture de cette  première phrase, j’ai su que j’allais aimer ce livre! Cette première phrase donne le ton, la mesure. Car voilà une lecture comme je les affectionne, à l’écriture travaillée où rien n’est laissé au hasard. Un livre porteur de messages et qui amène le lecteur loin, très loin. Une lecture où la poésie s’invite naturellement comme pour mieux  montrer la noirceur de la vie. Ici, Gary  Victor nous dépeint les quartiers pauvres d’Haïti, la survie et la débrouille. La face sombre d'un pays, celle de pauvreté, de la prostitution et de la corruption. Estevel est le grand frère protecteur, prêt à tous les sacrifices pour sa sœur. Comme il l' a promis à leur mère, Hérodiane fréquente une bonne école.  On peut se demander comment une jeune fille sérieuse et réfléchie peut tomber aussi facilement dans les bras d’Yvan?  Tous  les deux sont jeunes et beaux, ils s'aiment  mais la peau d’Hérodiane est d’ébène et elle est sans le sou.  Même si Yvan possède tous les apparats d’un prince charmant moderne, l’envers du décor est écœurant.  Et la fin n 'est pas celle d'un conte de fées : Ils ne se marièrent pas et n’eurent pas beaucoup d’enfant.
L’écriture de Gary Victor  est belle, fluide et  enveloppante.  Sans oublier cette touche de poésie qui se marie au surnaturel sans que cela soit choquant. Bien au contraire, le lien à la mer apparaît comme un cordon ombilical et salvateur.  
Une découverte que je ne suis  pas prête d’oublier !
Moi, j'avais cru pouvoir aller plus vite. Nous, les femmes, sommes arrivées, pour notre malheur parfois, à considérer comme normal, obigatoire même, un chemin pavé de briques cuites au feu de l'enfer.
Merci à Charlie et à ses drôles de Dames ( l’équipe de Dialogues Croisés pour ne pas les citer…). D’autres billets chez l'ami BOB. Livre lu dans le cadre du 9ème prix des Lecteurs du Télégramme.


 

dimanche 27 mars 2011

Les raisons de l'audimat

Gwen nous invite à concocter un texte à partir des ingrédients suivants :
  • la nuit
  • une rue sombre
  • de hauts talons
  • une silhouette furtive
  • et la désagréable sensation de n’être pas seul(e)
Et voici mon texte...

Emma était sortie tard de son travail. La  réunion s’était éternisée mais elle était contente car  son travail avait porté ses fruits. A trente-deux ans, elle présentait une émission sur une des chaines de télévision les plus regardées. Cerise sur le gâteau, son talk-show était diffusé à l’heure où les gens aiment se gaver de sensationnel. Les études de marché étaient formelles : après leur journée de travail, les téléspectateurs voulaient se divertir sans avoir l’impression d’être abrutis.  Elle souriait en s’avançant dans la rue sombre. Le bruit de ses talons aiguilles sur le bitume résonnait. Une gagnante ! Voilà ce qu’elle était ! L’orgueil était un sentiment si délicieux qui renforçait sa satisfaction.  La nuit était tombée depuis longtemps et  elle frissonna car elle ne portait qu’un léger tailleur.  La tête haute, un sourire carnassier aux lèvres, elle avançait tranquillement comme  guerrière repue. Emma se remémorait  les premières émissions. Dès le début, elle avait voulu frapper fort. Capter l’attention des téléspectateurs, les rendre accro à l’émission. Que chaque jour, ils bénissent l’heure de cette grand’messe qu’elle allait leur offrir. C’était chose faite. Un bruit la fit sursauter  et elle avait la sensation étrange que quelqu’un la suivait. Elle avait encore quatre cent mètres à parcourir pour atteindre la station de taxis. Ces rues peu fréquentées manquaient d’éclairage. L’envie de vérifier qu’elle se trompait était la plus forte. Elle se retourna et eut l’impression de voir une silhouette près d’une porte.  « Calme-toi, tu te fais des films », pensa-t-elle. L’émission qu’elle présentait cartonnait. Le concept avait fait exploser l’audimat : le public devait voter pour le reportage qui lui plaisait le plus. Amateurs, professionnels, tout le monde était  prêt à filmer n’importe qui, n’importe quoi. Il faut dire que le gagnant remportait une jolie somme.  Cete fois, elle était certaine, elle entendait des pases pressés.Affolée, elle se mit à courir.

Le lendemain, une vidéo parmi tant d’autres était adressée à la production de l’émission d’Emma. On y voyait une jeune femme frappée à mort par deux individus. Dévisagée, les yeux de la victime exprimaient toute la terreur possible.  Toute l’équipe cherchait à joindre Emma qui était introuvable. En repassant la vidéo, quelqu’un fit la remarque  qu’on pouvait déceler comme une lueur de regret dans ce regard.

Finie la dolce vita pour le plagieur ?

Ce matin, j’ai eu l'agréable surprise de recevoir un mail de l’hébergeur :
Nous avons averti le blogueur en question. SVP lui donner quelques jours pour épurer son contenu.
Si dans une semaine ce n'est pas réglé, nous éliminerons le blogue complètement.

Admin.

Une réponse type mais au moins ils prennent la chose au sérieux. De  toute façon je garde l’œil ouvert. J'espère que cette affaire de plagiat va se terminer au plus vite.
Merci à vous !

samedi 26 mars 2011

Je copie, je colle... la vie est belle pour certains !!!

Kathel m' a prévenue que ma chronique sur La part de l'homme d'Hari Hotakainen se retrouvait sur un autre blog. Etrange non?

En  clair, ma chronique :

Salme est une ancienne mercière à la retraite. Elle rencontre par hasard un écrivain en manque d’inspiration  qui lui propose un marché. Lui raconter sa vie contre de l’argent pour en faire un livre. Une proposition folle, insensée  aux yeux de Salme. Mais celle ci a besoin d’argent et elle estime que sa vie vaut un prix plus élevé. Elle accepte de tout lui raconter contre 7000 Euros. Salme, mariée, mère de trois enfants lui promet de lui dire que la vérité.
Avertissement : si vous cherchez un livre qui vous livre un aspect tout rose et tout lisse  de la Finlande passez votre chemin…
Quel livre ! J’étais loin, mais vraiment très  loin de m’imaginer que cette lecture allait me troubler à ce point. Le hasard amène Salme à rencontrer un écrivain. Le marché est simple : lui raconter sa vie contre de l’argent.  Elle décide qu’elle ne dira pas tout et fait promettre à l’écrivain de n’écrire que ses propres paroles.  Après tout, elle peut lui parler de son  ancien commerce, de son mari Paavo et de ses trois enfants qui ont réussi leur vie. Comment elle et son mari ont gagné honnêtement leur vie, élevé et inculqué des valeurs à leurs enfants. Une vie qui semble lisse, parfaite, idéale même. Mais l’écrivain se questionne sur la véracité du récit de Salme.  On découvre que son mari Paavo s’est enfermé dans un mutisme et  que ses trois enfants Helena, Pekka et Maija n’ont  pas si bien réussi. Salme est une personne  foncièrement honnête qui ne comprend plus la société actuelle. Un monde où le profit et  le libéralisme  conduisent à toutes les dérives. Ses propres enfants  y ont contribué et en sont victimes à leur tour. Helena et  Pekka sont deux êtres laminés, essorés par ce système. Est-ce le récit de Salem qui nous est  livré ou l’écrivain y a t’il apporté une part de fiction ? On en sait pas par contre sans en dire de trop, on est bousculé, saisi par cette histoire où finalement tout s’imbrique. 

Il s’agit d’un livre dense remarquablement bien mené ! L’auteur nous pousse dans nos retranchements, nous amènent à nous questionner sur le monde dans lequel nous vivons et auquel nous participons.  Ca percute, ça clashe !
L’auteur nous met face à nous même avec beaucoup de sarcasme.  Il s'agit d'une lecture riche en réflexions sur des sujets qui ne peuvent pas laisser le lecteur indifférent.

Les personnages sont dirigés d'une main de maître. Rien n'est innocent ou laissé au hasard  et la fin m'a laissée sans voix...

Maintenant, un extrait de l'article du blog  http://blog.amicalien.com/Diptyque/t14113_kari-hotakainen--la-part-de-l-homme-.htm :

Salme est une ancienne mercière à la retraite. Elle rencontre par hasard un écrivain en manque d’inspiration  qui lui propose un marché. Lui raconter sa vie contre de l’argent pour en faire un livre. Une proposition folle, insensée  aux yeux de Salme. Mais celle ci a besoin d’argent et elle estime que sa vie vaut un prix plus élevé. Elle accepte de tout lui raconter contre 7000 Euros. Salme, mariée, mère de trois enfants lui promet de lui dire que la vérité. Avertissement : si vous cherchez un livre qui vous livre un aspect tout rose et tout lisse  de la Finlande passez votre chemin…
Le hasard amène Salme à rencontrer un écrivain. Le marché est simple : lui raconter sa vie contre de l’argent.  Elle décide qu’elle ne dira pas tout et fait promettre à l’écrivain de n’écrire que ses propres paroles.  Après tout, elle peut lui parler de son  ancien commerce, de son mari Paavo et de ses trois enfants qui ont réussi leur vie. Comment elle et son mari ont gagné honnêtement leur vie, élevé et inculqué des valeurs à leurs enfants. Une vie qui semble lisse, parfaite, idéale même. Mais l’écrivain se questionne sur la véracité du récit de Salme.  On découvre que son mari Paavo s’est enfermé dans un mutisme et  que ses trois enfants Helena, Pekka et Maija n’ont  pas si bien réussi. Salme est une personne  foncièrement honnête qui ne comprend plus la société actuelle.
Un monde où le profit et  le libéralisme  conduisent à toutes les dérives.
Ses propres enfants  y ont contribué et en sont victimes à leur tour. Helena et  Pekka sont deux êtres laminés, essorés par ce système. Est-ce le récit de Salem qui nous est  livré ou l’écrivain y a t’il apporté une part de fiction ? On en sait pas par contre sans en dire de trop, on est bousculé, saisi par cette histoire où finalement tout s’imbrique. 

Il s’agit d’un livre dense remarquablement bien mené ! L’auteur nous pousse dans nos retranchements, nous amènent à nous questionner sur le monde dans lequel nous vivons et auquel nous participons.

 

L’auteur nous met face à nous même avec beaucoup de sarcasme. 
Une lecture riche en réflexions sur des sujets qui ne peuvent pas laisser le lecteur indifférent.


Les personnages sont dirigés d'une main de maître. Rien n'est innocent ou laissé au hasard  et la fin m'a laissée sans voix...
*****

Vous pouvez constater par vous même que l'INTEGRALITE de ma chronique  s'y trouve sans aucun lien vers mon blog. Pire, l'auteur n'a pas pris la peine de citer sa source !

Dominique en fait aussi les frais....

Edit : Comme  il est impossible de laisser des commentaires sur ce blog, j'ai adressé un mail à l'hébergeur et je vous invite à en faire autant même si vous n'êtes pas concernés par ce plagiat ! Dominique a rédigé un mail type que vous trouverez sur son blog.
Merci d'avance !

vendredi 25 mars 2011

Hervé Lossec - Les Bretonnismes

Éditeur : Skol vreizh - Date de parution : octobre 2010 - 101 pages

Les Bretonnismes... Inutile de chercher  ce mot dans votre dictionnaire, il n'y figure pas. Ce petit livre aurait pu également s'intituler " traité d'usage pour comprendre comment est ce qu'on cause par chez nous !".
Hervé Lossec nous livre ici non pas que des expressions traduites du breton et utilisées couramment en français, mais aussi l’histoire d’une langue. Cette langue apprise par mes parents avant le français a bercé mon enfance et ma jeunesse. De la même génération de l’auteur, ils parlaient breton devant nous pour s’entretenir de sujets d’adultes. Mais le cerveau  à force d’être chatouillé par ces sonorités les a comprises.  Et, au bout de quelques années, nous étions capables de comprendre une conversation. Les carottes étaient cuites pour mes parents...
Quand nous nous disputions avec mes sœurs, on nous disait d’arrêter de faire du reuz, qu’on était des tagnous ou des torr-penn. A l’école, on se moquait entre nous  en faisant  biz’ à la carrotte.  On faisait attention de tomber (et je le fais toujours..), on n’était jamais fâché avec son voisin ou rarement… 
Sans être une bretonnante, j’emploie des bretonnismes couramment : prendre les ribines, hopopop.  Et je crois que mon mari continuera toujours d'aller faire de l’essence. Que voulez-vous, on a ça dans nos gènes…
La preuve, cours d’anglais entre les fififilles. "Comment tu traduis maman est  fatiguée ? Tu dois le savoir, elle le dit souvent. Ah oui, et ne me réponds pas : Mum is skuizh ! "
Sans honte mais avec fierté, je continuerai à utiliser des bretonnismes.  Une façon pour moi de rendre aussi hommage et justice à mon père :  pour chaque coup de règle reçu sur les doigts quand il parlait breton à l’école...
Un livre drôle et très instructif !
Les billets de Gwen, Majanissa, Sylire, Yvon

Edit du soir (espoir) : ce livre est accessible à   tous  (pur beurre ou non).

jeudi 24 mars 2011

Richard Powers - Générosité

Éditeur : Le Cherche Midi - Date de parution : Mars 2011 - 471 pages de grand Art...

Thassa Amzwar, une jeune algérienne, poursuit  ses études à Chicago.  Après des émeutes en Kabylie son père a été tué et sa mère est décédée peu après  leur exil. Mais malgré un tel passif émotionnel, Thassa est souriante en permanence. Elle possède une joie de vivre  et le bonheur qu’elle dégage rayonne autour d’elle. Russel Stone, un professeur bien attentionné  remarque cette particularité. Très vite,  une énorme machine se met en route. Thassa serait-elle porteuse du gène du bonheur ?
Une fois commencé ce livre, difficile de le lâcher et quand je l’ai fini, le premier mot qui me soit venu à l’esprit a été un  « woahhhh » (oui, je sais ce n’est  pas un mot) admiratif ! Parce qu’il s’agit d’un livre de haute voltige, dense qui ne laisse aucun répit au lecteur !  Si Thassa se fait des amis auprès de  Russel Stone et de Candice Wels la psychologue de l’université, elle intéresse Thomas Kurton, le spécialiste des manipulations génétiques.  Son discours est bien rodé : isoler ce gène du bonheur permettrait de changer la vie de millions de personnes.  De quoi se mettre l’opinion publique dans la poche.  Thassa se retrouve au centre de toutes les convoitises, elle qui est la générosité incarnée.  Pas le temps de souffler, car si on se demande  si Thomas Kurton pense au bien du l’humanité ou veut fabriquer des hommes parfaits, l’auteur nous amène à réfléchir sur les dérives des médias et d’internet. Un livre où l’on est maintenu le souffle en haleine. Il nous offre des pistes  de réflexions mais ne nous sert pas la clé sur un plateau d’argent. A nous de nous faire notre propre opinion.  Du grand Art, Richard Powers m’a promenée, a aiguisé ma curiosité dans ce livre dense et  magistral !  J’en suis restée bouche bée…
Vous êtes prévenus : prévoyez de tourner les pages de ce livre avidement !
Merci à Solène pour la découverte de la fameuse collection Lot 49 !
Les billets de Cuné, Keisha
Peu après la publication du sermon de pasteur Mike sur le site de sa mégaéglise, l'une des personnes de cette paroisse tentaculaire partage sur un forum en ligne le fruit  de ses recherches : l'adresse de l'âme du pélerin , si d'aventure quelqu'un souhaitait échanger avec elle sur les bénédictions du Très-Haut.
La réaction est rapide et enthousiaste. Même la foi aime les économies d'échelle.

mercredi 23 mars 2011

Christian Ost - Un dé en acajou a disparu

Editeur : Quadrature - Date de parution : Janvier 2011 - 119 pages

Le titre complet de ce recueil est "un dé en acajou a disparu et autres nouvelles économiques". Oui, vous avez bien lu : économiques ! Pourtant, et ça n’est pas un scoop, tout le monde sait que je me suis fâchée avec les chiffres il y a quelques années.  Mais, point de chiffres ou de termes barbares et place à onze nouvelles de qualité !
Une écriture limpide, fluide  pour cet auteur qui est quand même docteur en  économie (allez, je le lui pardonne..) et professeur. Et là, Christian Ost n’a pas à rougir de complexe à  côté des nouvellistes. Car il sait manier la dérision sur son sujet .
Sans détailler toutes ces nouvelles essentiellement à chute, j’ai eu une préférence pour There is no bussiness like e-business  qui est excellente pour faire travailler ses zygomatiques. Ou quand par hasard un internaute se retrouve  par erreur à passer par erreur une commande auprès d’un magasin de jardinage. Dans Demain, j’anticiperai amour et économie ne font pas bon ménage (un conseil : si votre mari préfère se délecter des pages boursières au lieu de vous admirer dans votre petite nuisette, prêtez-lui ce livre!). Star Economy est un petit bijou…
Un recueil à lire !

Edit /Précisions : Quand je dis que je me suis fâchée avec  les chiffres c'est parce qu'ils  compartiment les personnes, les classent dans  une catégorie et les étiquettent.  On  se retrouve dans un pourcentage. On saute à pied-joints de célibataire à mariée, on fait même des enfants à virgule !  Et quelquefois, les nombres deviennent des ghettos d’où il est difficile de sortir.Et dire que dans ma vie "antérieure", j'étais Chargée d'Etudes dans le domaine ... des chiffres !

Conseillé et apprécié également par  Cynthia, Sylire

mardi 22 mars 2011

Fanny Chesnel - Une jeune fille aux cheveux blancs

Éditeur : Albin Michel - Date de parution : Février 2011 - 217 pages  relevées !

Caroline a soixante ans tout ronds. Elle range sa blouse de dentiste et bonjour la retraite ! Du temps libre, faire ce qu’on veut de ses journées sans un agenda de premier ministre. Mais ses filles redoutent qu’elle déprime,  qu’elle s’ennuie et lui offre un abonnement … pour des activités entre seniors au club Nouvel-âge.
Si à soixante ans j’ai la verve et le caractère de Caroline, je dis chouette ! Car  son franc-parlé, son dynamisme sont délicieux !  Et je ne me suis pas ennuyée une seconde en sa compagnie ! Mariée depuis plus de  tente ans, grand-mère comblée, Caroline ne se voit pas pour autant  faire du théâtre ou de l’aquagym avec des personnes retraitées. La retraite, voilà un mot qui fait peur à ses filles. Peur que leur mère si active avant  trouve le temps long.  Et avec une écriture enjouée, Fanny Chesnel met le doigt sur cet aspect social. Car qui dit retraite dit souvent de multiples activités et des journées bien remplies (et quelquefois bien plus que quand l’on était actif !).  Soixantenaire pimpante, Caroline va se surprendre et étonner sur bien des plans… La galerie des personnages est attachante, drôle sans tomber dans la caricature. Le veuvage, la solitude, l'amour et l'avenir sont traités sans fioriture. De façon juste et simple. Sans chercher à en faire de trop, bien au contraire. Et  l'on est aussi touché, pari gagné.

Un premier roman fort réussi qui réserve des surprises ! J’ai souri, j’ai rigolé franchement, je me suis questionnée et  j’ai poussé  un soupir de soulagement à la fin (vieux jeu, moi ? non !!!). Mais lisez-le…
-Chéri,  qu’est-ce que tu fais ?
-Rien, je fais un rêve érotique, rendors-toi.
-Avec moi ?
Je déteste quand il prend cet air de petite chatte.Ca nous infantilise et nous n’avons pas besoin de ça.
-Non, Philippe, tu ronfles comme un gorille, ça ne m’excite pas, je t’assure.
-C’est sympa de me réveiller en tout cas.
-Tu ne manques pas d’air : je n’ai pas dit un mot.
-T’es debout au milieu de la chambre, toute nue devant ton miroir, excuse-moi si ça m’angoisse.
-On n’a plus le droit de rêver alors ?

L’avis de Cuné.

lundi 21 mars 2011

Cristina Comencini - Quand la nuit

Éditeur : Grasset - Date de parution : Mars 2011 - 297 pages

Marina vient passer un mois dans un petit village de montagnes avec Marco, son fils de deux ans.  Elle loue un appartement à un montagnard Manfeld.  Un guide de haute montagne, un taiseux dont la fierté et  le mépris envers les femmes dissimulent bien  des blessures. Marina est jeune  et bien sûr, elle aime Marco.  Elle l’adore car il s’agit de son fils, de sa chair. Mais il s'agit aussi d'un enfant qui pleure ou  qui ne veut pas dormir. Alors, quelquefois Marina s’énerve, s’emporte contre lui  et le regrette. Elle a décidé de prouver au père de Marco qu’elle est une bonne mère et qu’elle peut s’occuper de son fils sans aide. Manfeld l’épie, la traque.   Comme s’il voulait lui faire payer la fuite de sa mère, l’abandon de sa femme.  Dans ce hameau montagneux  des Dolmites à la frontière autrichienne, tout prend une autre allure.  Marine qui semble si fragile est prête à tout pour ne pas montrer ses faiblesses.  Un soir, Marco est blessé. Manfeld veut que Marina avoue la vérite. Vérité honteuse...
Un combat s’instaure entre Marina et Manfeld.  Deux êtres que la solitude commune rapproche et sépare. Duel qui se joue sans mots mais où les non dits voleront en éclats. 
Même si ce livre n’est pas parfait sur tous les points, Cristina  Comencini charrie amour, culpabilité, haine,  remords  avec finesse. J'ai été émue, touchée par  Marina : sa volonté et sa difficulté d'être mère sont très bien décrites ! Il ne s’agit pas d’un thriller mais j’ai été tenue en haleine par les deux voix intimistes qui s’alternent très habilement...


samedi 19 mars 2011

Henning Mankell - Les chaussures italiennes

Éditeur : Points - Date de parution : 10/02/2011 - 373 pages magnifiques...

Fredrik Welin vit reclus sur une île de la Baltique depuis douze ans. A soixante-six ans, cet ancien chirurgien sans femme ni amis a pour seule activité une baignade quotidienne dans un trou de glace.  Un homme bourru, solitaire que  la visite régulière du facteur gêne.  Fredrik préfère la compagnie de son chien et de son chat. Il tient un journal où il consigne la météo.   Fredrik voit son ancien amour de jeunesse arrivé sur son île. Harriet munie de son déambulateur, Harriet, son cancer et la demande d’honorer une promesse qu’il lui avait faite il y a bien longtemps.
Dire que j’ai aimé ce livre est incomplet car  je l’ai ressenti, j’ai tourné chaque page en étant imprégnée de chaque mot ! J’ai eu la gorge serrée à la lecture de certaines phrases. Des phrases qui font mouche par leur sens profond et  qui interpellent. Je les ai relues  à voix hautes et transcrites précieusement dans un carnet le cœur vibrant d’émotions. Car les chaussures italiennes fait partie de ces livres qui vous laissent une marque indélébile.
Avec la venue d’Harriet, Fredrik se retrouve face à son passé, à ses actes manqués, aux portes dérobées qu’il a  ouvertes et empruntées. La fuite, le mensonge dont on rougit  et qui finalement conforte et sert de nid douillet. Personne n’est totalement blanc ou noir, chacun a ses secrets, ses fautes inavouées. Fredrik et Harriet vont peu à peu oser se dire la vérité.  Et comme toutes les vérités,  ça fait mal, ça réjouit ou ça donne envie de crier et de regretter tout ce temps passé. Harriet est mourante.  Fredrik acceptera sa demande qui le conduira à se remettre en question et à changer de vie. Progressivement, il enlèvera ses œillères, lèvera le voile sur  ses erreurs  et commencera une nouvelle vie tournée vers les autres.
Un livre magnifique où les personnages sont criants d’humanité et de cette quête de la vie.  Je reste volontairement avare en détails pour que cette histoire vous  transporte, vous colle à la peau et vous fasse vibrer. L’écriture fait ressortir et s’accorde comme un instrument de musique à la partition des sentiments. Et dans ce décor presque surréaliste de cette île perdue,  la tristesse, la gaieté ou la mélancolie n’en sont que plus beaux.   Le silence conféré aux paysages de cette nature de lacs, de forêts amplifie la portée des mots. Un gros coup de cœur !
Les gens sur les îles sont rarement bruyants ou expansifs. L'horizon est trop grand pour ça.


jeudi 17 mars 2011

Carl Aderhold - Les poissons ne connaissent pas l'adultère

Éditeur : JC Lattes - Date Parution : 20/01/2010 - 320 pages

Pour ses 40 ans,  les copines de Valérie lui offre une  séance de relooking. Le cadeau laisse son mari moqueur et c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Adieu la routine, le boulot, le mari et la fille ! La nouvelle Valérie décide de s’accorder une trêve. Sans prévenir quiconque, elle prend  place dans le train direction Toulouse. Un aller Paris-Toulouse,  des passagers , un contrôleur … quoi de plus normal , me direz-vous ? Sauf que tout  ce petit monde va voir sa vie transformer durant le  temps du trajet. Serait-ce  La croisière s’amuse version ferroviaire ?  
Premier  livre de la sélection du 9ème prix des lecteurs du télégramme et j’espère que les autres lectures me laisseront une meilleure impression. Car si au  début de ma lecture, je frétillais presque d’enthousiasme peu à peu, la lassitude m’a gagnée. A vouloir faire trop d’effets de manches dans le loufoque, l’auteur a transformé mon engouement en la fatidique conclusion de « mouais ». Pourtant, ce huit-clos vaudevillesque avait tout pour me plaire. Valérie, la veille de ses quarante ans décide de s’offrir une parenthèse dans sa vie. La coupure dont on rêve forcément un jour ou l’autre. En tout cas, c’est ce que je souhaiterais  à l’heure où j’écris ce billet ( L’Ado number one qui chante à tue tête  en grattant sa guitare, l’Ado number two  qui crie pour demander le silence, le mari qui répond à côté de la plaque ( c'était quoi la question?) et moi qui hurle à mon tour ). Revenons à nos moutons... Relookée et  à l’aube de ses  40 ans, Valérie redécouvre la femme endormie au fond d’elle. Les regards flatteurs masculins, le plaisir de s’aimer et d’être désirable. De quoi se rappeler "Pretty Woman"  et Valérie décide  de s’appeler Julia (en référence à  l’actrice, pour ceux qui n’auraient pas vu le film… s’il en existe). Dans le train,  un vent de folie douce va peu à peu  gagner les passagers. Sachez que vous rencontrerez un  contrôleur (prénommé Germinal) aux idées anarchistes, un Universitaire passionné des bestiaires médiévaux  et  qu’une chorale sera même improvisée ! Et, comme dans la croisière s’amuse l’amour verra le jour.
Alors, oui c’est pétillant sauf que l’on tombe vite dans les clichés et dans la caricature. Surtout avec le couple Muriel-Vincent. Et, l’écriture de Carl Haderhold, vive et pétillante, n’est pas parvenue à sauver cette comédie à mes yeux.  Même si  j’ai pris plaisir au départ à me glisser tour à tour dans la peau des personnages, mon avis est lus que mitigé ! L’histoire est largement prévisible et ce qui devait être léger flirte par moments avec le grotesque.
Les avis de Cathulu, Chaplum, Choco, Soukee.
Et, pour ceux qui le veulent : Love, exciting and new. Tandammmmm. Come aboard, we're expecting youuuu. Love,tandam, life's sweetest reward. Let it floooow, it floats back to youuuuuu. Looooove Boat ....

vendredi 11 mars 2011

Justine Lévy - Mauvaise fille

Éditeur : Livre de poche - Date de parution : 02/02/2011 - 184 pages

 

La mère de Louise se meurt.  Le cancer l’a d’abord grignotée puis n’en a  fait qu’une bouchée. Louise découvre qu’elle est enceinte. Sans avoir eu le temps de le lui annoncer, Louise doit faire son deuil et se préparer  à cette idée d’être mère à son tour.
Mauvaise fille, mauvaise fille,  là c’est  moi qui le suis. Car oui, je l’avoue, j’avais des à priori sur ce livre ou plutôt sur l’auteure. Justine Levy étant la fille d’un certain Bernard-Henri, j’étais restée bloquée sur son ascendance sans chercher à la lire. Bon, j’ai enfin réparé mon erreur  et j’en suis bien contente ! Certains diront que Justine Lévy expose sa vie. Certes. Mais quand on le fait sans pathos et avec cette écriture,  le résultat est plutôt réussi. Premier livre de cette auteure que le lis et je suis contente de ma découverte ! A travers le personnage de Louise, il s’agit bien entendu de Justine Levy . Et  j’ai trouvé ce livre touchant.  Même si elle  auréole un peu  son père (Ohé, Œdipe, es-tu là ?), elle décrit sa mère sans fard. Mieux, elle ne provoque pas  la compassion ou la pitié chez le lecteur. On découvre que sa mère était l'opposé d'une maman gâteau.  Sans s’appesantir ou en faire de trop,  elle nous décrit  la peur de la mort et celle de devenir mère. On sent toute cette culpabilité qui véhicule  le spectre d’être une mauvaise mère. L’écriture est  vive, rythmée, franche  et  viscérale. Et là je dis bingo pour ce point ! Pas de temps mort, on se prend des émotions constrastées en pleine figure.
J'ai envie de dire peu importe où est la réalité, la part de fiction car j'ai souri et  j’ai été  émue. Donc mission accomplie !
Les billets d’Antigone, Canel, MyaRosa

jeudi 10 mars 2011

Joyce Maynard - Et devant moi, le monde

Éditeur : Philippe Rey - Date de parution : 06/01/2011 - 463 pages

1972, à 18 ans Joyce Maynard signe un article sur la jeunesse américaine pour le New York Times Magazine qui connait un énorme succès. Des centaines des lettes lui parviendront. Parmi elles, une de J.D. Salinger, l’écrivain de L’attrape-cœurs. A partir de cette lettre, la vie de Joyce Maynard va changer à tout jamais.

Dans ce livre, Joyce Maynard raconte sa vie. Et quelle vie…Un père alcoolique, une mère qui la pousse à écrire à tout prix. Très vite, Joyce comprend qu’à l’extérieur, il faut donner une image d’une famille parfaite même si ce n’est pas le cas. Et, il s’agit déjà d’une jeune fille fragilisée à 18 ans qui tombe dans l’anorexie. Maigrir et rester très mince deviennent son obsession. Etudiante en première année à l’université de Yale, mal dans sa peau, son article au New York Times Magazine lui vaut un certain succès. De quoi raviver au passage l’égo de sa chère maman. Joyce reçoit une lettre flatteuse de l’écrivain J.D. Salinger et tombe sous le charme de la voix de cet homme de 53 ans. Ils s’écrivent à un rythme effréné et pour Joyce, Salinger est enfin quelqu’un qui la comprend ! La suite, on la pressent. Joyce quitte tout et part s’installer avec Salinger qui se passionne pour la naturopathie, l’homéopathie et s'impose un régime de vie alimentaire très strict. Tombée dans les mailles du filet et en adoration pour lui, Joyce devient sa «proprieté ». Salinger entreprend de la façonner psychologiquement, il est son gourou et va se monter de plus en plus autoritaire au fil des mois. Les problèmes vont surgir et l’écrivain la jettera comme une malpropre. Comment sortir indemne d’une telle relation ? Impossible. Malgré les blessures, les traumatismes, elle va recommencer une nouvelle vie. Repartir de rien et essayer de se reconstruire.

Je ne sais pas ce qui c’est passé avec cette lecture… J’ai envie de dire que dès le départ les dés étaient pipés. Parce que ce livre a trouvé de nombreux échos en moi, trop peut-être d'ailleurs. Bizarrement, je ne suis pas ressortie bouleversée de cette lecture. Peut-être à cause du ton suffisamment détaché. Oui, je sais, ça fait beaucoup de "peut-être" !
Une chose est certaine, la pudeur perle entre chaque ligne de ce récit.  La manipulation psychologique,  les conséquences de l'alcoolisme, l'engrenage de l'anorexie sont décrits avec beaucoup de justesse...

"Pendant 18 ans j'ai vécu dans la terreur de quitter mes parents tout en rêvant de m'échapper". Une phrase qui en dit long...

Les billets de Cathulu, Cynthia, Gwen ( merci pour le prêt !)

mercredi 9 mars 2011

Françoise Sagan - Un orage immobile

Éditeur : Stock - Date de parution : 27/10/2010 - 215 pages

Avertissement : Une fois de plus, on évite la 4ème de couverture qui dit  tout de ce livre.

1832, une jeune et belle veuve de la noblesse vient s’installer à Jarnac. Maître Nicolas Lomont, notaire trentenaire, en tombe éperdument amoureux. Des mois d’amitiés se succèdent offrant beaucoup tous les espoirs à Nicolas Lomont. Mais l’amour survient au hasard d’un bal  et Flora de Margelasse s’éprend d’un métayer poète. De cette passion naitront le drame et le malheur. Trente ans ans plus tard, Nicolas Lomont écrit dans son  journal cette histoire.
Les histoires d’amour finissent mal en général…  Et que dire de celles qui ne sont pas réciproques ! Ici, Françoise Sagan nous offre une histoire d’amour torturé et du romantisme. Et je ne m'attendais à lire cette auteure dans ce registre. Malgré une trame  convenue : lui l’aime, elle non … pas de quoi fouetter un chat, me direz-vous, il y a la griffe Sagan.  Et voilà, toute la différence !Ces petites phrases vives, envolées, pétillantes où elle s’amuse. Notre notaire Nicolas Lomont qui écrit dans son journal se surprend au fil des pages à rêver d’avoir des lecteurs. Son style devient plus limpide et  il délaisse les conventions, la superficialité des personnages pour rendre compte des sentiments. 
A travers l’histoire d’amour de Flora de Margelasse, veuve jeune bourgeoise et de Gildas Caussinade, métayer et poète, la non-conformité d’une situation éclate. La noblesse voit d'un très mauvais œil cette relation. Que va faire Nicolas Lomont ? Aider celle qu’il aime ? Je ne le dirai pas afin  de ne pas vous gâcher votre plaisir ! La tragédie surviendra, des vies seront anéanties. Et Nicolas Lomont, l'homme âgé, revient sur ce gâchis avec lucidité et beaucoup d'honnêteté.
Je ne me lasse pas de l’écriture de Françoise Sagan ! Son style unique, ses tournures de phrases, le choix de ses mots... Bref, j'adore !
Lu dans le cadre de  Dialogues Croisés.

dimanche 6 mars 2011

Dessine-moi un mouton...

J’ai traîné avant de répondre à ce tag ( merci Sandrine !) qui consiste à vous révéler 8 choses me concernant. il n’y aura pas de révélations scabreuses ou explosives ( je ne suis pas une people) et en même  temps, parler de moi me dérange. Parce que j’essaie de maintenir une frontière entre ma vie et le blog. Donc,  il n’y aura pas de scoops croustillants…
Euh,  Clara est un pseudo.
J’aime lire. Non ? Si ! Et je déteste cuisiner.
J’ai deux Fifilles Ado (...je n’en suis pas à la moitié et je cale !)
Comme certains et certaines d’entre vous le savent, j’ai été mise en invalidité en 2004. Et il m’arrive encore de rêver de pouvoir un jour retravailler et mener une vie normale sans douleurs et sans médicaments…Ah, c’est beau de rêver !
Je suis fan absolue de Miossec ( Yes !)
J’ai des défauts : je suis un peu soupe au lait (si, si ) et trop sensible. Et si le manque de confiance en est un alors on peut le rajouter…
Une envie du moment ? Aller me reposer.
Mon rêve le plus fou ? Ecrire un livre (encore faudrait-il trouver l'idée... )
Voili, voilà et qui veut prend la suite

samedi 5 mars 2011

Christos Tsiolkas - La gifle

Éditeur : Belfond - Date de parution : 13/01/2011 -  246 pages lues sur les 467...

Extrait de la quatrième de couverture :  
Provocant, urgent, impitoyable, un roman coup de poing, une révélation dans la lignée d'un Don DeLillo ou d'un Jonathan Franzen. Lors d'un barbecue entre amis, un adulte gifle un enfant qui n'est pas le sien. Un incident qui va créer une onde de choc parmi les invités et provoquer une série d'événements explosifs. Mais aussi révéler, derrière les belles apparences, le racisme ordinaire, la drogue, l'alcool, la honte et une extrême solitude. Tour à tour violent et bouleversant de tendresse, un très grand roman qui dresse, avec une formidable lucidité, le tableau d'un Occident en pleine confusion.
Non, ça ne sera pas un billet habituel mais l’autopsie courte d’une lecture abandonnée à la moitié.  L’auteur a choisi de bousculer le lecteur par une utilisation massive de mots crus. Et la lectrice que je suis en a fait une overdose… J'ai tenté de poursuivre cette lecture, de m'intéresser aux personnages mais le vulgaire l'a emporté.
Dès la première page, les amis de la confrérie de la poésie comprendront que celle-ci ne sera pas au rendez-vous.  Avant même l’incident de la gifle, Hector chez qui le barbecue est organisé m’est apparu comme quelqu’un qui se soucie beaucoup de ses besoins sexuels. Du sexe à l’état brut que j’ai retrouvé dans les 246 pages lues (pour la sensualité, il faudra repasser).  A partir de l'incident, on découvre  l'intimité des personnages. Derrière les masques, on trouve de la drogue, des questions sans réponses,  des désillusions, des enfants surprotégés ou élevés devant la  télé.
J’aime les lectures qui me font réfléchir sur notre société  et ses dérives. Mais là, j’ai abandonné. L’écriture ou plutôt le vulgaire m’a coupée l’envie d’en savoir plus sur ces personnages.
Faut-il user à outrance du trash pour émouvoir le lecteur ou le faire réagir sur certains sujets ?  Je n’en suis pas certaine.
Sandrine(SD49) a également  abandonné. D’autres billets : La publivore, Leiloona, Livr-esse, Livrogne.
Je m'excuse auprès de  BOB pour cet abandon...
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