jeudi 31 mai 2012

Mons Kallentoft - Eté

Éditeur : Points - Date de parution : Mai 2012 - 447 pages et un polar bien ficelé !

A Linköping en Suède, alors que l'été est caniculaire une adolescente est retrouvée dans un parc. Choquée, nue et portant des plaies, ella a subi des violences et son corps  a été lavé soigneusement. Près d'un lac, le cadavre d'une jeune fille est découvert enterré dans le sable. La commissaire Malin Fors se charge de l'enquête.

Cet auteur est une découverte et j'ai été agréablement surprise par ce livre ! L'atmosphère de cet été où les températures battent tous les records est bien rendue par l'écriture aux phrases courtes de l'auteur. Dès le départ, cette chaleur poisseuse semble nous coller à la peau. La commissaire Malin Fors est humaine, elle a ses propres faiblesses mais c'est une femme déterminée.  Elle creuse toutes les pistes ne voulant écarter aucune possibilité car les analyses sont formelles : les deux jeunes filles ont bien été agressées par une seule et  même personne. Et là, on plonge dans un pays au visage différent de celui que l'on s'imagine généralement. Un pays où le racisme existe et où les préjugés sont nombreux. Le rythme sans être haletant m'a convenue car la tension s'installe au fil des pages et monte en crescendo. L'auteur fait parler la jeune file retrouvée morte ce qui ajoute une touche singulière à ce livre.

Pour conclure, un bon polar ! Par contre, une fois de plus, on évite la 4ème de couverture qui en dit beaucoup trop sous peine de  se priver de surprises!

De nombreux avis sur Babelio


mercredi 30 mai 2012

Halfdan W. Freifow - Cher Gabriel


Éditeur : Gaïa - Date de parution : Février 2012 - 166 pages bouleversantes...

Haldfan W. Freihow écrit une lettre à son fils Gabriel atteint d’autisme. Est-ce que Gabriel la lira un jour ? Comprendra-t-il la portée de ces mots mors dits avec justesse, pudeur et sans pathos ? Sûrement que non. L’auteur nous livre un récit poignant, émouvant. Chaque ligne est empreinte de l’amour  qu’il porte à Gabriel sans oublier  les difficultés rencontrées au quotidien, la peur, les doutes qui assombrissent l’avenir et le rendent incertain. Haldfan W. Freihow s’occupe de son fils dans leur maison en Finlande. Il doit gérer la maladie de Gabriel. L’imprévisible liée à l’autisme, le comportement de Gabriel et ses réactions souvent difficiles à comprendre pour l’extérieur. Et puis, il y aussi ces formidables élans de solidarité pour que Gabriel se sente comme tout le monde et non pas exclu. ce livre permet de mieux comprendre l'autisme, il nous éclaire sur cette bulle dans laquelle des personnes sont emprisonnées.

J’ai eu le cœur serré d’émotions tout au long de ma lecture et à plusieurs reprises, des poissons d’eau sont venus baigner mes yeux. Et, je me suis retrouvée dans certaines des situations décrites…
Un livre hérisson tant j'y ai inséré de marque-pages témoins d'amour et de sincérité !

En fait, Gabriel, tu es toi-même tout un paradoxe, complexe, inattendu et défiant, mais jamais ennuyeux, jamais monotone et jamais facile à comprendre. Tu es tout simplement une langue à toi, Gabriel.

Le billet de Theoma qui m'a donné envie de lire ce livre et celui de Liyah.


mardi 29 mai 2012

Laurence Caracalla - Le livre des copines


Éditeur : JC Lattès - Date de parution : Mai 2012 - 203 pages sur l'amitié des femmes!


Qu’est-ce que l’amitié entre femmes ? Dans ce livre drôlement intéressant et très sympathique, Laurence Caracalla passe en revue les amitiés. Les amies qui se sont connues depuis l’enfance et qui des années plus tard le sont encore ou celles qui ont tissé ce lien fort à l’âge adulte. Les collègues du bureau devenues copines, celles qui choisissent leurs copines attentivement. L’amitié entre sœurs mais aussi les couacs quand la brouille ou la jalousie s’installe. Que recherche-t-on dans cette relation ? Qu’apportent les amies et les copines ( outre les looooongues conversations au téléphone)? Une présence quand elles sont disponibles car une fois qu’elles ont des enfants il devient difficile de se voir autant de temps qu’avant.
L’amitié rime avec  un épanouissement personnel, une franchise absolue pour certaines quitte à faire grincer des dents mais pour toutes elle est un pilier, un soutien indéfectible dans le meilleur ou dans le pire!

Un petit livre à savourer où l'on se reconnaît forcement et à offrir (entre amies et copines) !

Ne pas faire de ragots, faire en sorte de ne pas faire souffrir ses copines, être attentive, c'est, bien sûr, au-delà du savoir vivre.Plutôt une conduite évidente, même intuitive.Que cela ne vous empêche pas, parfois, de repenser à ces règles que vous avez apprises enfant. Promis, elles vous aideront à savoir ( mieux) vivre entre copines...

lundi 28 mai 2012

William Boyd - L'attente de l'aube

Éditeur : Seuil - Date de parution : Mai 2012 - 411 pages plongées dans les turbulences de la première guerre mondiale et de celle de l'âme humaine.

Août 1913, Lysander Rief, un comédien anglais se rend à Vienne pour consulter le docteur Bensimon. Fiancé, ce jeune homme souffre d’anorgasmie. Pour résoudre ce problème intime, il compte sur la psychanalyse dont on dit le plus grand bien. Au cabinet du docteur Bensimon, il rencontre Hettie Bull. Une jeune femme passionnée et hystérique avec qui il a une liaison. Mais les choses se compliquent pour Lysander quand il est accusé d’avoir violé Hettie.

Je dois dire que la première partie de ce livre m’a plus intéressée que la suite. Nous sommes au début de la psychanalyse et le docteur Bensimon applique les méthodes de Freud.  Le docteur Bensimon se sert de l’exploration de l’inconscient et des souvenirs refoulés pour guérir les troubles mais également de l’hypnose. Et là,  j’avoue avoir été très, très surprise car une séance d'hypnose est décrite à la manière de celle d’un charlatan : fermez les yeux et vous dormez. Bref, pour en revenir à l’histoire Lysander rencontre Hettie Bull par hasard et tombe fou amoureux d’elle. Sculptrice, elle est également une patiente du docteur Bensimon. Mais Lysander est arrêté pour viol sur la personne d’Hettie. Enceinte de Lysander et n’ayant plus de rapports sexuels avec son compagnon, elle n’a trouvé que ce moyen pour se blanchir. Grâce a deux diplomates britanniques, Lysander parvient à s’enfuir. Mais le prix à payer est celui de l’espionnage. Dans une Europe balayée par la guerre, Lysander doit déjouer les pièges et découvrir un code secret très important pour les Alliés. Car comme dans toute affaire d’espionnage, il y a une taupe qui fournit aux Allemands des renseignements confidentiels. Et même ses proches jouent un double-jeu.
Le personnage de Lysander est creusé, le docteur Bensimon lui ayant demandé de noter ses rêves et ses pensées, on peut suivre son évolution et ses interrogations. L'écriture apparaît salvatrice éclaircissant les zones d'ombre. L'intrigue est ponctuée de nombreux rebondissements et je n'ai pas vu le dénouement final se profiler.

Une lecture très intéressante par son contexte historique ! Mais, je reste bloquée consciemment ou non sur cette séance d'hypnose.

dimanche 27 mai 2012

Résultats de qui veut gagner des livres - Episode 3

Avant de procéder à l'énumération des gagnant(e)s, tout d'abord les réponses aux questions posées.

1°) Qu'est ce que le Cercle Points ?
-  Un club obscur pour la défense des points  et des virgules
-  L'association de ceux qui ont perdu des points de permis
 - Le site internet des éditions Points

 2°) Au mois de juillet aura lieu Brest 2012, cette manifestation nautique qui rassemble des passionnés du monde entier se déroule tous les :
- 2 ans
- 3 ans
- 4 ans
A cette question, beaucoup d'entre vous ont répondu 2 ans et non! Cette année, Brest  2012 ( les Tonnerres de Brest) se déroulera du 13 au 19 juillet avec plus de 1 000 bateaux et fêtera ses 20 ans d'existence.

3°) Et enfin, la question spéciale Miossec ! Qui a joué durant la première partie de sa dernière tournée ? Indice : j'en avais  parlé dans un mes billets...
Il s'agissait de Joseph d'Anvers pour le concert à Brest.

Les gagnants du livre  Les yeux au ciel de Karine Reysset sont :

Et :
  • Martine
  • Liliba
  • Patricia
  • Florent
  • Kathel
  • Norethrud
  • Aude
  • Morgane
  • Agathe
Recevront un exemplaire de La taupe de John Le Carré.

J'envoie à chacun un mail de confirmation dans la journée ! Vous avez été nombreux et nombreuses à participer ! Pour les perdants, on se console car un épisode 4 est prévu cette semaine avec la clé un livre audio...

samedi 26 mai 2012

J. Courtney Sullivan - Les débutantes


Éditeur : Rue Fromentin - Date de parution : Mai 2012 - 517 pages qu'on ne lâche pas !

Sally, Celia, April et Bree sont quatre jeunes filles qui intègrent l’université de Smith réservée uniquement aux filles et où les valeurs du féminisme sont cultivées. Celia rêve de devenir écrivain, Sally a perdu sa mère il y a peu et veut être médecin, Bree originaire d’un état du Sud est déjà fiancée et April est l’engagée-écolo-féministe. Issues de milieux différents, leur amitié  va survivre à la fac et leurs vies vont prendre des tournants inattendus.

Une fois commencé livre difficile de lâcher ce livre ! L’erreur serait de croire que ce roman est un synopsis d’une série américaine car ce n'est pas le cas ! Dans ce livre, on suit bien entendu Sally, Celia, April et Bree à l’université de Smith (où Sylvia Plath a étudié) et la vie des Smithies. Soirées arrosées,confidences, amour, un féminisme porté haut et fort notamment par April mais aussi leurs propres débuts dans la vie. Et nos quatre héroïnes sont à un âge où l’on continue de se découvrir. Aussi,  les rêves et les ambitions se voient contrecarrer ou  modifier. Et si l’écriture de J.Cortney Sullivan n’est pas hautement littéraire, elle est bourrée d’humour et elle sait ferrer son lecteur ! On apprend plein de choses sur le féminisme ( et sur ses aspects les plus radicaux) et surtout  il y a une vraie réflexion sur le rôle de la femme dans la société.

Alors oui, j’ai du plaisir à suivre ces jeunes filles durant la fac et après, une fois leurs diplômes en poche. Même si  j’ai trouvé les dernières pages moins captivantes que le reste, on ne n’ennuie pas une seule seconde et les pages se tournent à toute allure ! 
Pétillant, captivant, ce roman est devenu un livre hérisson tant j’y ai inséré de marque pages ! 
Et impossible de choisir un extrait!

Le billet de Cathulu 

vendredi 25 mai 2012

Et le lauréat de la 10ème édition du prix des Lecteurs du Télégramme est ..

La 10ème édition du prix des Lecteurs du Télégramme est terminée et le lauréat est Peter May pour L'homme de Lewis. Mon vote était allé au roman de Claire Keegan  Les trois lumières donc je suis un peu déçue...



Il s'agit de la première fois qu'un polar remporte  le prix des Lecteurs du Télégramme qui comme son nom l'indique est un vote des lecteurs. A la différence des autres prix, il n' y pas de jury et  ce sont les lecteurs qui  élisent le lauréat.

Pas de photo car cette  année, je n'ai pas été à  la remise du prix ( pour cause de cours de piscine!).






jeudi 24 mai 2012

Michèle Perret - D'ocre et de cendres


Éditeur : L'Harmattan - Date de parution : Février 2012 - 110 pages et des vies touchantes de femmes Oranaises !

Ce recueil de nouvelles relate la vie de femmes liées à Oran. Elles y sont nées, elles y vivent encore ou alors elles ont quittée cette ville  pour un autre pays.

Des vies différentes où la femme est abordée à travers le temps : enfant, adolescente, jeune mariée, femme plus âgée, grand-mère. Et chacune à sa propre histoire avec les souvenirs heureux du temps de l’insouciance, la condition des femmes Algériennes mais surtout l’empreinte de l’histoire :  la guerre d’indépendance, le massacre du 17 octobre 1961 à Paris. Cet évènement est abordé par le regard d'une parisienne bourgeoise et énarque qui découvre avec stupeur l'impensable. Les coutumes, l’autorité et la figure masculine, la culture, les désillusions, l'amour, le racisme, la pluralité des communautés sont présents dans ces textes. L'image d'une société qui a mué  mais qui conserve ses racines nous est transmise comme les rêves et les espoirs de ces femmes.

Avec une écriture toute en finesse et très visuelle, Michèle Perret dresse des portraits de femme touchants, échelonnés dans la grande histoire et nous livre un  recueil est profondément humain ! Seul petit bémol : j’ai trouvé que la dernière nouvelle était « cliché ».

Nous passons aux bidonvilles du nord-ouest, Courbevoie, Nanterre. Nous les arpentons, Marga, son copain qui ressemble à un vieux typographe anarchiste, deux militants nationalistes au visage de bois et moi, avec mes fines ballerines et tenant par la main ma petite muette. Les ruelles sont boueuses, les baraques misérables et pourtant, il y a souvent là une certaine chaleur, une certaine amitié. Je découvre un monde inconnu.

Les billets d'AlexDaniel Fattorius

mercredi 23 mai 2012

Michelle Richmond - Le carnet de la mathématicienne


Éditeur : Buchet Chastel - Date de parution : Mai 2012 - 416 pages prenantes et très réussies!

Ellie Enderlin presque quarantenaire se retrouvez nez à nez Peter McConnel qui avait été considéré dans un livre comme coupable du meurtre de sa sœur vingt ans plus tôt. Après le décès de sa sœur Lila, une brillante mathématicienne, Ellie avait trouvé en la personne d'Andrew Thorpe, son professeur de littérature, une oreille amicale. Ce dernier en avait profité pour écrire  un livre relatant l’histoire de Lila où il  désignait Peter McConnel, l’amant de Lila, comme le meurtrier idéal.

Lorsqu’Ellie rencontre Peter McConnel , elle voit en premier lieu le meurtrier de sa sœur même si jamais il n‘a été accusé légalement. Ce dernier lui remet le cahier de Lila, un carnet dans laquelle elle consignait ses recherches afin de prouver une conjoncture mathématique. Le carnet s'était volatilisé avec la mort de Lila. Andrew Thorpe professeur de littérature en quête d'une reconnaissance en tant qu'auteur a abusé de la confiance d'Ellie. A partir de ses confidences et  sans son accord, il a publié l'histoire de Lila devenu un vrai succès.  Ellie a alors plongé un peu plus dans le désarroi. Après la publication du livre, Peter McConnel a choisi l’exil. Sa vie de famille a été brisée et il a préferé mettre fin à sa carrière de mathématicien. Lila observait, analysait les évènements avec un esprit cartésien. Et Ellie à son tour va reconsidérer les faits à partir de ce carnet. Est-ce que Andrew Thorpe avait raison  ou alors avait-il accusé un innocent ?
Entre ses propres souvenirs, la recherche des témoins de l’époque et  la mise bout à bout d’éléments, Ellie ouvre d’autres portes qui la conduiront à la vérité. Je n'en dis pas plus !

A mi-chemin entre le roman et le thriller psychologique, ce livre nous plonge dans une histoire écrite avec beaucoup de subtilité  et très  bien menée ! Les conséquences d'un fait d'auteur, la soif de pouvoir, la rivalité professionnelle, la culpabilité, les rapports entre deux sœurs très différentes sont les piliers de ce livre très prenant !  Et conquise, je suis!

En rentrant chez moi, je repensai à ce que Thorpe avait dit, un jour, en cours. La vie n'est pas seulement constituée de personnages principaux et de grands événements.Mais aussi de tout un chacun, de toute choses, dans les interstices.

Le billet de Cathulu

mardi 22 mai 2012

Stewart O'Nan - Emily


Éditeur : Editions de l'Olivier - Date de parution : Mai 2012 - 335 pages remplies de tendresse !

Pennsylvanie, Pittsburgh. Emily quatre -vingt ans est veuve depuis plusieurs années. Ses deux enfants et ses petits-enfants habitent loin. A son âge, elle n’a pas à se plaindre de soucis de santé ou d’argent. Emily a du temps. Beaucoup de  temps.  Avec sa belle-sœur Arlene, elles ont quelques activités hebdomadaires mais cela ne comble pas toutes ses journées.

Dans les nombreux romans qui fleurissent sur le thème de la vieillesse, celui-ci est différent. Point de maison de retraite ou d’humour noir  ou d’héroïne qui n’a que pour but de tyranniser son entourage.  Emily est quelqu’un d’ordinaire. Elle a eu une vie bien remplie avant mais maintenant à quatre-vingt ans, son quotidien est autre. Vous ne trouverez pas dans ce livre des aventures rocambolesques mais la vie d’une personne âgée. Une existence brodée autour d'habitudes qui quelquefois se trouvent chamboulées pour trois fois rien, l'attente et l'espoir que les enfants viennent pour les fêtes,  les souvenirs, les amis qui décèdent et la solitude, les sorties avec Arlene au Club, la venue de la femme de ménage deux fois par semaine.

Avec beaucoup de tendresse et de délicatesse, Stewart O’Nan nous décrit l’apprentissage de cette nouvelle vie.  Le temps qui passe et qui décompte celui de l’existence, les  moments de petits plaisirs,n’avoir pas peur de conduire. Et puis il y a des peines, des peurs.  Quand Emily appelle ses enfants, ils sont souvent occupés et elle hésite de plus en plus à s’introduire dans leurs vies. La crainte que sa fille Margaret retombe dans l’alcool ou la drogue, les premiers vides du cerveau, la préparation du testament... Emily accepte que la roue de l'horloge tourne sans se plaindre et sans s’apitoyer sur elle-même.Elle accepte  l’homosexualité de sa petite-fille, les choix  de ses enfants et avec beaucoup de pudeur, elle s'inquiète pour les siens et leur avenir.

Ce qui aurait pu être ennuyeux  ne l’est pas, et il se dégage beaucoup de tendresse et d’humanité de ce livre ! Il  s'agit d'un roman que j'ai refermé  avec une boule d'émotions dans la gorge !

Merci à Dialogues Croisés !

De la bouche de chaleur, dans le coin provenait  le son de la télé, dans la chambre de Margaret. Au lit, elle entendait encore faiblement l'écho d'une conversation tonitruante qu'elle couvrit du son de sa propre radio. La journée n'avait pas-elle donc pas été assez longue? Mais c'était sa faute, pensa-t-elle, elle était trop habituée à vivre seule. Elle les aimait tous tendrement bien sûr, mais elle avait oublié combien il était épuisant d'être entourée d'autres gens.






lundi 21 mai 2012

Chris Womersley - Les affligés


Éditeur : Albin Michel - Date de parution : Mai 2012 - 320 pages magnifiques!

1919, Quinn Walker a fini la guerre et revient dans sa ville natale de Flint en Nouvelle-Galles du Sud. La grippe espagnole fait des ravages en Australie et des rumeurs de l fin du monde circulent après cette première guerre mondiale.  Quinn ne rentre pas en héros car dix ans plus tôt, alors qu’il avait seize ans, on l’a accusé d’avoir violé et tué sa sœur Sarah âgée de douze ans. Quinn se cache de son père et de son oncle et fait la connaissance d’une fillette mystérieuse Sadie Fox livrée à elle-même mais très maline.

Avertissement : une fois commencé, difficile de lâcher ce livre !

Mais quel roman ! Je l’ai dévoré et j’ai délecté  chaque ligne ! Tout commence en 1909 lors d’un terrible orage. Sarah a disparue, son père parti à sa recherche la trouve morte. A côté d’elle se tient son frère Quinn tâché de sang, un couteau à la main. L’adolescent s’enfuit laissant une famille détruite. Quelques années plus tard, ses parents reçoivent un télégramme indiquant qu'il  est décédé à la guerre. Après avoir erré et effectué différents travaux, Quinn a déserté l’Australie pour l’Angleterre et  s’est engagé en tant que soldat. Gazé durant la guerre, il est pourtant bel et bien vivant.  Quinn a vu celui qui a tué sa sœur dont il était très proche. Sous l’effet de la panique, il a fui sachant que personne ne le croirait. La culpabilité de n’avoir pas su protéger sa sœur le fait revenir en 1919.  Sa mère contaminée par la grippe espagnole est  en quarantaine dans la maison familiale. Quinn se cache dans la campagne aux alentours comme Sadie Fox. La fillette de douze ans, orpheline depuis peu, attend que son frère revienne de la guerre. Un frère dont la dernière lettre remonte à 1917.Une étrange fillette qui croit en la magie, rusée et qui est au courant de tout.  La méfiance réciproque laisse place peu à peu à une entraide car Sadie croit en son innocence. Tout en prenant des risques, Quinn rend des visites à sa mère. Mais qu’espère t-il vraiment ? La rédemption ? Prouver son innocence et que justice soit rendue ? Je n’en dis pas plus ! 

L’auteur nous entraîne dans les souvenirs de Quinn durant la guerre et dans l’Australie frappée par la grippe espagnole.  Le Quinn adolescent et celui revenu de la guerre ne sont qu’un seul et même être meurtri et dont la peur existe toujours.  Ce n’est pas un homme assoiffé de sang mais un homme dont la culpabilité est grande.N'avoir pas su défendre sa sœur est un poids dont il ne peut se défaire.  En tant que soldat, il a vu trop d’horreurs et il ne croit plus en la bonté humaine depuis longtemps. Mais il a compris que Sadie était en danger et il veut la protéger.  

L’écriture de Chris Womersley dégage  quelque chose de magnétique tout comme ce livre. Un roman captivant, brillant,  riche, fort, émouvant avec des personnages très approfondis, hantés par la quête de la vérité, tourmentés par le deuil,  la  guerre, la rédemption, le mensonge et l’amour ( oui, tout ça!) !  Au fil des pages, une certaine tension s'installe et j'ai tourné  les pages de plus en plus vite !

 Un cheval gris était attaché à la barrière et un mouton broutait dans l'ombre profonde de l'orme du jardin. La bicyclette du policier était appuyée contre le mur en grès du poste. Le cœur de Quinn se gonfla de peur, mais ce n'était pas le moment d'hésiter. Il traversa et entra dans la bâtiment frais et sombre. Cette fois. Cette fois, justice sera faite. 

Le billet de Mélopée
 

dimanche 20 mai 2012

Qui veut des gagner des livres - épisode 3?

Le beaux jours approchant (petits oiseaux qui gazouillent, le soleil, la plage, les siestes après le repas), je vous propose de gagner des livres de poche aux éditions Points :

10 exemplaires  du livre  Les yeux au ciel de de Karine Reysset
10 exemplaires de La taupe de John Le Carré

Pour cela, rien de plus simple, il vous suffit de répondre (correctement) aux 3 questions suivantes :

1°) Qu'est ce que le Cercle Points ?
-  Un club obscur pour la défense des points  et des virgules
-  L'association de ceux qui ont perdu des points de permis
 - Le site internet des éditions Points

 2°) Au mois de juillet aura lieu Brest 2012, cette manifestation nautique qui rassemble des passionnés du monde entier se déroule tous les :
- 2 ans
- 3 ans
- 4 ans

3°) Et enfin, la question spéciale Miossec ! Qui a joué durant la première partie de sa dernière tournée ? Indice : j'en avais  parlé dans un mes billets...

Pour participer, il faut habiter en France métropolitaine, m'adresser par mail quel livre vous voulez gagner (vous pouvez jouer pour les deux), votre adresse postale et m'envoyer le tout avant le samedi 26 mai midi ( edit du soir : je vais y arriver dans des dates!!!! si!). Jeu ouvert à tous ( blogueurs ou non)!

samedi 19 mai 2012

Don Carpenter - Sale temps pour les braves


Éditeur : Cambourakis - Date de parution : Mars 2012 - 341 pages âpres et terribles!


Abandonné à sa naissance en 1929 en Oregon, Jack Levitt s’enfuit de l’orphelinat à dix-sept ans.A Portland, il traîne avec une bande de gamins.  Ils sont à la recherche de l’argent facile et du bon temps avec les filles et l’alcool. Une soirée dans une maison  dont les propriétaires sont partis en vacances et c’est le début des démêlés avec la justice pour Jack.

Il suffit de lire le prologue  qui revient sur  les parents de Jack pour comprendre que ce livre est à part. D’emblée, l’écriture ferre le lecteur ! Et la suite est une plongée noire, vertigineuse, violente sur les pas de Jack de Portland à Los Angeles en passant par Vegas. Nous sommes dans les années 1940 et Jack est  un volcan, un gamin qui envie la vie facile de ceux qui ont de l’argent. A  Portland avec ses copains, Jack passe beaucoup de temps dans les salles de billard, des endroits où se trouvent également les bons pigeons. Il y fera la connaissance de Billy, un jeune noir très doué au billard venu se gonfler les poches. Un mauvais plan, trop d’alcool et c’est le premier faux pas de Billy qui se retrouve en maison de correction. Placé en isolement, traité comme un chien, sa rage n’en sera que plus grande. Son parcours continue par la prison du comté puis celle de San Quentin en passant par . La justice à double face, l’argent qui permet d’acheter beaucoup de choses, la promiscuité, l’homosexualité, les gangs, la violence souterraine  … Jack y sera confronté mais jamais il ne s'effondrera. Toute la colère qui coule dans ses veines jaillit par ses poings. Derrière les barreaux, il retrouvera Billy.  A sa sortie de prison, l’amour sulfureux et malheureux l’attend. Devenu père, Jack pense enfin retrouver une certaine liberté et intégrer une vie "normale". Mais, quelquefois le destin se montre bien cruel.

Tout au long du roman, on suit l’évolution et les pensées de Jack. L’argent, la justice et la liberté reviennent en toile de fond dans ce livre âpre, cru (attention aux âmes sensibles) et terrible ! Pas de pathos, mais un œil aiguisé sur des personnages à la déroute dès le départ. Jack représente une partie de ses laissés pour compte d’une société qui ont cette rage de vivre dans les tripes. Don Carpenter nous fait ressentir avec la même intensité  l'atmosphère autour d'une table de billard  que celle qui règne dans une cellule de prison. L’écriture renvoie au plus près des émotions. Et il s'agit d'un livre qui colle au lecteur comme une seconde peau !

vendredi 18 mai 2012

Blanche de Richemont - Manifeste vagabond


Éditeur : Plon - Date de parution : Mai 2012 - 124 pages magnifiques !

A trente-trois ans, je pose mes valises et m’interroge : cela fait des années que tu cours sur les routes après un sens ; existe-t-il ? Parviendras-tu encore à échapper à ton époque ou céderas-tu au désenchantement ? Partir encore. Mes longues marches dans le désert ont guéri des blessures mais le mot “ailleurs” est devenu une obsession. Comme si je ne pouvais jamais revenir. A chaque retour, il me faut de nouveaux rêves pour tenir. Le voyage est devenu un esclavage. Alors, j’ai compris qu’il devait servir une autre dimension : intérieure. Le véritable vagabond ne serait pas celui qui prend la route, mais celui qui part chercher son âme. Ces pages sont l’écho de cette quête.

J’ai lu puis relu ce livre en me demandant comment vous en parler car j'ai puisé de la force dans  les mots de Blanche de Richemont. A la base de ces voyages, il y un abîme de douleur. Le suicide son frère âgé de quinze ans. Une blessure béante, des questions et l’envie de partir ailleurs. Blanche de Richemont a d'abord voyagé dans le Sahara puis en Inde. Toujours avec modestie, pour apprendre et recevoir. Au Sahara, les heures de marche se sont succédées des jours durant, le corps épuisé, meurtri et le désert qui s’offrait  à sa vue à perte de vue. Après ce premier voyage, elle dit :
Je ne suis pas allée dans le désert pour guérir du deuil mais pour chercher un sens qui me permette de survivre. Je l’ai trouvé dans un retour aux sources. Cette vie simplifiée m’a rendue plus forte car elle m’a soumise aux lois de la terre et non à celle des hommes, toujours discutables. Aucune vérité humaine qui ne soit éternelle, aucune en laquelle je puisse croire désormais.

Les retours réclament des départs. Partir pour éviter l’amour, partir toujours pour cette  quête de la paix intérieure. La remise en question est toujours présente car « on ne fuit rien dans le désert. La route nous ramène toujours à nous-mêmes ».

Le récit est émaillé de citations de romanciers qui un jour ont tous pris la route Sylvain Tesson, Jünger, Kerouac donnant une portée riche de sens à la définition de la liberté. Le voyageur se fait éclaireur, libre physiquement et spirituellement mais toujours soumis à la nature.  De ses parcours, elle a découvert une autre vie. L’auteure ne se fait pas moralisatrice ou donneuse de leçons. Simplement et à son tour, elle nous transmet ce qu’elle a reçu et appris.

Une lecture en apnée totale, riche d'enseignement,  magnifique où l'humanité, la simplicité se déploient dans chaque ligne !
Avec des mots qui touchent le cœur et l'esprit, ce livre est une fenêtre ouverte sur nous-mêmes et sur les autres !

jeudi 17 mai 2012

Le prénom



Film réalisé par  Alexandre de la Patellière et Matthieu Delaporte
Avec Patrick Bruel, Valérie Benguigui, Charles Berling

Synopsis : Vincent, la quarantaine triomphante, va être père pour la première fois. Invité à dîner chez Elisabeth et Pierre, sa sœur et son beau-frère, il y retrouve Claude, un ami d'enfance. En attendant Anna, sa jeune épouse éternellement en retard, on le presse de questions sur sa future paternité dans la bonne humeur générale ... Mais quand on demande à Vincent s'il a déjà choisi un prénom pour l'enfant à naître, sa réponse plonge la famille dans le chaos

J’avoue qu’au départ malgré les billets d’Aifelle et de Géraldine , je n’étais pas partante pour voir ce film. Tout ça à cause de Patriiiiick et oui, car j’ai toujours des doutes sur la performance des artistes qui multiplient leurs activités (chanteur, comédien, acteur, peintre, représentant publicitaire  ou que sais-je). Bref, toujours est-il que je suis allée voir ce film avec Monsieur. Et je ne regrette pas car j’ai passé un excellent moment ! Tout le film repose sur le choix du prénom de l’enfant que Vincent, futur papa,  (interprété par Patrick Bruel) révèle à sa sœur, à son beau-frère et à leur ami de toujours. Quand le prénom est annoncé, on est interloqué. On se dit qu’il y a une erreur ou un malentendu quelque part et ensuite tout s’enchaîne, on sourit et  on rigole franchement ! La suite tourne aux règlements de compte et tout y passe : les positions sociales, les défauts de chacun. Les pics lancés dans les conversations font mouche ! Le film est sans temps mort, les acteurs  (je pense notamment à Valérie Benguigui, une actrice que j’aime beaucoup) sont  parfaits. Et oui, Patrick Bruel ne m’a pas conquise en tant que chanteur mais en tant qu’acteur, j'ai été bluffée ! 

Donc, si vous voulez passer un très bon moment, allez voir ce film !

mercredi 16 mai 2012

Molly Keane - Fragiles serments


Éditeur : La Table Ronde - Date de parution : Mai 2012 - 285 pages et un régal!

A Silverue, Lady Bird veut que tout soit parfait. Son aîné, son fils adoré John revient après avoir été hospitalisé en psychiatrie pendant plusieurs mois pour une dépression. Mark le cadet âgé de sept ans a hâte de revoir ce grand frère qu’il admire. Sa sœur Sheena espère retrouver la complicité d’autrefois avec John et Julian, leur père, un homme effacé se réjouit en silence. Pour l’occasion, Lady Bird a invité son amie Eliza qui habite à Londres à venir séjourner chez eux en Irlande. Un portait idyllique? Détrompez-vous!

Lady Bird que ses enfants appellent Olivia  passe la majeure partie de son temps à s’occuper de son jardin, de l’intérieur de sa demeure en déléguant toutes les tâches aux domestiques. Ainsi Miss Parker la gouvernante de Mark se voit obligée de planter des centaines des bulbes ou de mettre à la diète les chiens. Car sur ces terres irlandaises des années 1930, la chasse à cor occupe les gens de la haute société. Julian son époux est passionné par la pêche à la mouche. Egocentrique, Lady Bird cultive sa beauté avec pour préoccupation de ne pas afficher les traits de la quarantaine. Il s'agit d'une mère  qui fait passer ses  propres intérêts avant ceux de ses enfants. D'ailleurs, aucun d'eux n'est dupe même Mark qui  profite consciemment de son sourire d’ange pour obtenir ce qu’il veut. Sheena, dix-huit ans, ne vit que pour Rupert le jeune homme dont elle est amoureuse et n'éprouve que du ressentiment pour Olivia. Lorsque John revient, tout le monde parle de séjour à l’étranger ou  de cure pour ne pas nommer son hospitalisation en psychiatrie. Mais John  joue les troubles fêtes, du moins au départ. Eliza, l’amie de jeunesse d’Olivia  se complet à jouer le rôle qu’on lui demande. Acquiescer les dires d'Olivia même si elle pense le contraire. Tout comme ses enfants et son époux. Ce dernier ne veut que le bonheur d'Olivia c'est-à-dire ne jamais lui infliger la moindre contrariété. Amoureuse de Julian depuis toujours, aigrie et amère, bercée par un romantisme étouffant, Eliza connaît mieux que quiconque la famille. Et sous leurs airs parfaits, la superficialité, la bêtise et les mensonges sont ancrés dans chacun d’eux. Car si chacun aime ajouter « chéri »  en s’adressant à son interlocuteur ou  interlocutrice, la mesquinerie n’en est pas pour autant absente.   

Avec une plume caustique et absolument délicieuse aux accents poétiques, Molly Keane  n’épargne personne  !  Dans ce  portrait vitriolé de cette haute société vivant sur ses acquis et traditions, tout en se moquant de ses personnages avec une férocité ou avec tendresse, l'auteure pointe du doigt le décalage des classes sociales.
Ce huit clos est un vrai régal ! 

Et je ne résiste pas à l'envie de vous mettre deux extraits!

Miss Parker était une fille très scrupuleuse. Elle attendit jusqu'au dernier moment préconisé pour les pilosités abondantes ( une pilosité que seuls quelques Primitifs italiens ayant une conception des plus extravagantes de la Crucifixion eussent pu imaginer).

Passionnément obstinée, l'esprit occupé par une seule idée comme cela n'arrive qu'aux jeunes, et souffrant comme seuls peuvent le faire les jeunes gens quand il est en ainsi, Sheena était allongée dans sa chambre obscure, remplie du son ignoré de la mer, de son acceptation austère du malheur et de la force et de l'amertume de son refus.

mardi 15 mai 2012

Esther Freud - La bonne étoile


Éditeur : Albin Michel - Date de parution : Mai 2012 - 430 pages et une  déception...

A Londres, Nell, Charlie et Dan sont admis à la prestigieuse école de théatre la Dram Arts. Une école jugée impitoyable, dure où les élèves doivent se monter à la hauteur. Mais une fois sortis de l'école, la vie d’acteur ou de comédien n’est pas celle espérée…

Avertissement : Si vous voulez lire ce livre, évitez la quatrième de couverture qui dit tout…

Charlie est belle et  sûre d’elle, Nell manque de confiance en elle et est complexée par son physique. Dan, le beau gosse, est ambitieux et tombe amoureux de  Jemma une autre élève.  Nell  est la bonne copine, toujours prête à rendre service à Charlie. De la Drama Arts, ils ne sortiront pas tous les trois diplômés. Si Nell s’est résignée et  accepte des petits boulots pour vivre, Charlie et  Dan trouvent des rôles mais pas à la hauteur de leurs espérances. Dan devenu père de famille trompe Jemma. Tous les trois connaissent le désenchantement et la solitude.Mais ( bonne nouvelle) comme dans les contes de fée, seule celle qui avait la moindre chance de percer va réussir.

Même si l’écriture n’est pas désagréable, j’ai été déçue par ce roman. J'ai trouvé que l'ensemble était très prévisible et surtout superficiel.  Les personnages ne m'ont pas convaincue et l'histoire comporte beaucoup de clichés. Voilà, il ne reste plus qu'à me consoler en regardant de vieux épisodes de Fame...

lundi 14 mai 2012

Arnaud Modat - La fée Amphète


Editeur : Quadrature - Date de parution : Avril 2012 - 117 pages et 11 nouvelles déjantées !

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’Arnaud Modat possède de l’humour. Décalé, féroce ou tendre ! Dès la première nouvelle le ton est donné. Déjanté et la suite l’est autant ! Derrière ce qui prête à sourire ou à rire, il y a les non-dits, le désespoir, la non communication et la souffrance. Un avertissement pour les âmes sensibles, l’écriture est parfois crue. Mais la sensibilité est bien là. Palpable, à fleur de peau et les situations sont le reflet du cynisme, de la lâcheté de l’âme humaine. Entre poésie, clins d’œil malicieux, (j’ai passé la première semaine à toucher le fond de la piscine dans mon pull bleu marine), l’auteur met à vif ce qui fait mal. Des récits où l’on croise entre autres un tueur d’un genre particulier, des pères de famille scotchés dans leur canapé ou à la buvette, des jeunes hommes ou des adolescents qui découvrent l’amour, un joueur d’échec ou encore une fillette qui se prend pour une fée, …

L’écriture donne une sensation de liberté totale et de fraîcheur !

Des nouvelles  qui ne vous lâchent pas ( et qu'on ne lâche pas) et dont je me suis régalée ! 


samedi 12 mai 2012

Karin Alvtegen - Oublier son passé


Éditeur : JC Lattès - Date de parution : Mai 2012 - 379 belles pages !

Helena, Martin et leur fille de 11 ans ont quitté Stockholm pour s’installer dans le nord de la Suède avec le projet de retaper une ferme et de la transformer en hôtel.  Trois ans après, Martin a quitté Helena. Anders Strandberg, la quarantaine et  ancien homme d’affaires fortuné est blasé par son existence. Venu dans le nord pour acheter une guitare de collection, il séjourne dans hôtel d’Helena suite à un accident de voiture.  

L’hôtel d’Helena est une ancienne ferme où elle passait ses vacances étant enfant. Six mois ont passé depuis que Martin l’a quittée pour retourner à Stockholm avec une nouvelle compagne. Helena vit très mal cette séparation. De plus, sa fille Emilie âgée de quatorze ans ne se plait pas à la campagne et les rapports sont tendus entre elles deux.  Anna-Karin son amie d’enfance habite à côté mais les deux femmes n’ont guère plus de points communs. Anna-Karin a de nombreux préjugés et passe la plupart de son temps à critiquer à tort et à travers les autres. Anders Strandberg  n’attend plus rien de la vie, l’argent lui a permis de s’offrir ce qu’il veut mais il s’est lassé de ce bonheur matériel. Il cherche à combler la solitude de son existence en achetant des objets de collection. Son accident de voiture était en fait une tentative de suicide ratée. L’hôtel n’étant pas terminé, Helena propose à Anders d’accomplir des travaux moyennant un salaire. Helena et Anders souffrent tous les deux. Elle de voir s’écrouler ses rêves et sa famille, et lui de son passé.  Cette relation amicale-professionnelle va les  aider mutuellement. A demi-mots, ils vont s’amarrer l’un à l’autre. Un événement permettra à chacun de crever les abcès, d’affronter ses échecs et d’accepter ses erreurs.

Karin Alvtegen déploie toute en finesse et avec beaucoup de psychologie les failles, les blessures et les personnalités de ses personnages. Des êtres abimés par trop d’exigences ou par la peur de ne pas réussir. L’histoire est émaillée de belles réflexions sur la vie et ce que nous attendons d’elle. L’auteure évite l’écueil d’une happy end (ils tombèrent amoureux et se marièrent) et nous offre un beau ballon d’oxygène !


vendredi 11 mai 2012

Anne Tyler - Une autre femme


Éditeur : Stock - Date de parution : Mai 2012 ( réédition) - 414 pages subtiles!

Au premier jour des vacances, Delia Gristead mariée depuis vingt-cinq ans et mère de famille prend place à bord d’un camping-car d’un ouvrier et lui demande de la laisser dans une petite ville qu’elle ne connait pas. Cette femme de quarante ans à l’existence heureuse en  apparence décide de recommencer une nouvelle vie.

Il aura fallu à Delia plusieurs petites gouttes d’eau qui font déborder le vase pour tout quitter.  Une rencontre hasardeuse avec un homme à un supermarché qui lui demande un service et avec qui elle finira par avoir une liaison très vite terminée, l’anecdote relatée par d’un patient âgée de Sam qui est médecin et surtout ce sentiment profond d’être invisible  aux yeux de sa famille. La frustration de ne pas s'être accomplie et de subir sa vie la poussent à partir soudainement sans n'avoir rien planifié.Vêtue de ses habits de plage et munie de cinq cent dollars, Delia se retrouve à Bay Borough une petite ville à deux heures de Baltimore.  Elle prend une chambre dans une pension de famille, s’achète quelques vêtements et trouve rapidement un emploi de secrétaire chez un notaire. Les semaines passent et  fait blessant, son mari lui envoie juste une lettre sans chercher à la faire revenir. Delia s’épanouit dans une vie complètement différente où on lui accorde de l’importance. Elle a changé d’emploi, a des amis et prétend mener la vie qu’elle souhaitait.  Mais l’amour et  la culpabilité envers ses enfants sont des sentiments qui ne s’effacent pas aussi facilement même si on la sensation d’être devenue quelqu'un d'autre.Je n'en dis pas plus!

Tout en subtilité avec un sens du détail frappant, Anne Tyler aborde ici le thème de tout abandonner et de recommencer une nouvelle vie. Dans une écriture  limpide, l’auteure fait évoluer son héroïne. Si son acte de départ peut être assimilé à une forme de lâcheté, par la suite elle fait preuve de courage et assume les conséquences de son acte aussi douloureuses soient-elles.
Les personnages sont creusés, le sens de l’analyse est aigu,  un vrai plaisir de lecture ! 

Le fait est que Delia n'était pas irremplaçable. Elle n'était qu'un extra.  Elle avait vécu sa vie de femme mariée comme une petite fille joue à la poupée, avec toujours auprès d'elle un adulte prêt à prendre la relève- sa sœur, son mari ou son père.
(...)
Pourquoi, ainsi, fallait-il toujours que ce soit vers Sam  qu'ils se tournent  tous dans les moments décisifs? Chaque fois, il passait pour le plus raisonnable des deux, le plus posé, la plus fiable. Elle n'était que purement décorative. Comment en était-elle arrivée là ? Où avait-elle la tête pendant que s'enracinait cet état des choses ?

jeudi 10 mai 2012

Valérie Mréjen - Forêt noire


Éditeur : P.O.L - Date de parution : Mars 2012 - 124 pages lues en apnée!

Dans ce livre, Valérie Mréjen nous rappelle la fragilité de la vie. Avec une écriture ciselée et où le détail compte, elle entraîne le lecteur dans un ballet où la mort mène la danse. Autant de personnages sans lien apparent dont la fin est tragique. Suicide, accident…des décès soudains et des destinées qui se brisent. Si dans un premier temps, on peut être surpris par cette énumération, l’auteure sait distiller tout au long du livre  le souffle de la vie. Valérie Mréjen réussit à ne pas nous plonger dans le morbide ou dans le désespoir. Avec une analyse des relations et des sentiments  toute en finesse, elle nous décrit  les points de non retour, l'engrenage de certaines situations. Et c'est tout naturellement  que dans cette danse l’absence, le manque deviennent des présences.

Un livre au style unique lu en apnée qui m'a beaucoup touchée !


Il arrivait d’oublier momentanément,  de ne plus penser aux personnes avec qui on avait étudié par exemple à l’école, puis de se rappeler avoir appris quelques semaines plus tôt que ce grand type, l'une des figures les plus marquantes parmi les élèves des Beaux-Arts, était  mort lui aussi, sans autres précisions.

Les billets d'Antigone, Cathulu

mercredi 9 mai 2012

E. L. Doctorow - Homer & Langley


Éditeur : Actes Sud - Date de parution : Avril 2012 - 229 pages surprenantes, drôles et grinçantes!

Dans leur maison de la Cinquième avenue à New-York, Homer et Langley Collyer vivent  cloîtrés depuis le mort de leurs parents en 1918. Langley y accumule toutes sortes d’objets inutiles et des quantités de journaux. Homer, pianiste aveugle, accepte les excentricités de son frère. 

Dans ce roman à l’écriture raffinée et exquise,  E.L. Doctorow nous livre l’histoire un peu  modifiée mais  passionnante de deux frères qui ont réellement existé. La vie d’Homer et de Langley Collyer, fils d’une famille riche, bascule à la mort de leurs parents. Parti à la Grande Guerre, Langley reviendra des tranchées  avec des poumons malades. Son frère Homer le décrit comme un homme changé à tout jamais et c’est à son retour que Langley commence à amasser  toutes sortes d’objets qu’il récupère la nuit. Il se met aussi en  tête d’écrire un journal au numéro unique compilant toutes les informations. Féru de musique classique, Homer joue du piano une échappatoire à sa cécité. Au fil des années, la belle demeure de la Cinquième avenue perdra toute sa splendeur mais accueillera des thés dansants, un gangster, une élève en musique qui deviendra une nonne, un couple de domestiques d’origines japonaises et des hippies.

La métamorphose de New-York passe par la maison des deux frères et les personnages sont  des relais pour décrire avec tranchant ou drôlerie,  l’absurdité et  le grotesque des aberrations humaines. Au gré des évènements historiques et technologiques, Homer et Langley se retranchent un peu plus. Les objets entassés gagnent du terrain les coupant de plus en plus du monde.   Homer deviendra sourd. Déjà dépendant de son frère à cause de sa cécité, il ne lui en dira rien.  De la folie de Langley se dégage une atmosphère pesante et Homer subit davantage l’isolement dans ce capharnaüm qu'est devenue la maison. Mais un amour fraternel unique, très fort les unit jusqu’à la fin tragique.

Ce récit  raconté par Homer fait appel à tous les sens, un récit rythmé et très lumineux malgré les thèmes abordés comme  le handicap, l’amour, la solitude ou  la folie.
De cette course au  matérialisme décrite avec un humour grinçant et du destin de ces deux frères cultivés et fantasques à  l’humanité frappante, il en résulte ce livre passionnant! L'auteur nous fait jubiler mais il sait aussi nous toucher... Superbe! 

Quand on lit ou quand on écoute la radio, disait-il, on voit la scène en esprit. C'est comme toi dans la vie, Homer. Perspectives infinies, horizons sans fin, Mais l'écran de télé aplatit tout, il comprime le monde, sans parler de l'esprit des gens. Si je la regarde encore, je pourrais aussi bien prendre un bateau sur l'Amazone et me faire réduire la tête par les Jivaros.
(...)
Et qu'est ce qu'on fait d'une tête réduite ?
On la pend par les cheveux avec les autres. De minuscules têtes humaines, en rang, doucement balancées par la brise.
Doux Jésus.
Oui. Pense au peuple américain en train de regarder la télévision 

samedi 5 mai 2012

Peter Rock - L'abandon


Éditeur : Rue Fromentin - Date de parution : Janvier 2012 - 239 pages hypnotiques!

Dans l’état de l’Oregon, Caroline âgée de treize ans et son père vivent cachés dans la forêt. Caroline tient un journal qu’elle nous livre. Intelligente, cette vie semble lui convenir  et elle ne la remet pas en question. L'amour qu'elle éprouve pour son père est très fort et admiratif. Très vite, on comprend que ce dernier, un ancien soldat, souffre de troubles.Toujours aux aguets, il a peur qu'on les découvre. Pourtant, ils ne font rien de mal si ce n’est leur mode de vie différent aux yeux d’une société qui a ses règles et ses principes. De temps en temps, ils sont obligés de se rendre en ville mais évitent de se faire remarquer.

Ce livre a quelque chose de magnétique car bien entendu, on se pose des  questions. Pourquoi vivent-ils cachés ?  Pourquoi son père n’aime pas parler du passé à Caroline ?  Les réponses ne seront données que partiellement laissant planer une ombre persistante. Un jour, un joggeur remarque Caroline et tout bascule. Je n‘en dirai pas plus sur l’histoire...

Et puis, il y a l’écriture de Peter Rock. Sublime,  intrigante et fascinante. A travers ce livre inspiré d’un fait divers, l’auteur explore le thème de la famille, du rapport à la nature et nous renvoie en pleine figure les tracés de la normalité dessinés par la société.

Il s'agit d'une lecture hypnotique qui colle à la  peau et qu’on ne lâche pas ! Un sans faute pour ce roman qui laisse un sentiment  très, très troublant voire dérangeant ! 

Ce n'était peut-être qu'un accident, mais nous ne croyons pas aux accidents, nous adaptons simplement notre itinéraire.

vendredi 4 mai 2012

Lucy-Anne Holmes - Marilyn, Elvis, le prince William et moi


Éditeur : Plon - Date de parution : Mai 2012 - 399 pages qui donnent la pêche!

Dynamique, pêchue, Gracie voit le dernier échelon de son plan s’écrouler quand la promotion qu’elle attendait tant  est  attribuée à quelqu’un d’autre. Mais voilà, un malheur en entraîne un autre et elle doit faire face sur tous les fronts. Plutôt que de s’effondrer, Gracie est bien déterminée à reprendre les choses en main.

Agent immobilier, Gracie est l’opposée de l’image type de cette profession et sa  franchise font d’elle la meilleure des vendeuses. Pétillante de vitalité et ayant une gouaille à faire rougir les oreilles des membres de la confrérie du langage châtié, Gracie voit les malheurs s’accumuler. Son plan de carrière s’effondre, son petit ami l’a quittée et cerise sur la gâteau sa mère s’est mise dans un beau  pétrin financier. Si les malheurs s’accumulent, Gracie n’a pas dit son dernier mot. Dotée d’une forte personnalité, ayant un penchant prononcé pour Nina Simone, cette héroïne anticonformiste déménage. 

Beaucoup d’humour, de tendresse et aucun  temps mort pour cette lecture distrayante qui redonne du baume au cœur (surtout par temps de pluie) ! Seul petit bémol, la fin est largement prévisible.

Le billet de Cathulu



jeudi 3 mai 2012

Wulf Dorn - L'interprétation des peurs


Éditeur : Le Cherche Midi - Date de parution : Mai 2012 - 417 pages terriblement efficaces!

En l’absence de Chris son compagnon , Ellen psychiatre tout comme lui dans le même établissement lui a promis de s’occuper du cas d’un nouveau patient. Une femme en état de choc qui lui confie avoir peur d’un homme, le croque-mitaine. La patiente n’en dit pas plus et disparaît de la clinique. Curieusement, toutes les traces de son admission ont été effacées et seule Ellen l’a vue. Quelques jours plus tard, un individu agresse Ellen et il lui lance une sorte de défi. Elle dispose de quarante-huit heures pour sauver la vie de cette patiente.

Quand sa patiente se volatilise, Ellen se pose des questions. Forcément car personne d'autre à la clinique n’a vu cette femme hormis elle et Chris. Or ce dernier est parti pour une dizaine de jours sur une île à l’autre bout de monde coupée de tout moyen de communication. Son confrère Mark ne la croit pas et lui suggère de prendre du repos. Mais Ellen est bien décidée à retrouver sa piste car pour elle cette femme est en danger. Peu de temps après, Ellen se fait agresser par un individu qui visiblement connait très bien ses habitudes. Son agresseur la lance sur un jeu de pistes effrayant qui va durer quarante-huit heures. Un véritable cauchemar ! Violences psychiatriques, terreurs... l’individu ne recule devant rien et  pousse Ellen dans ses propres retranchements là où les peurs enfouies sommeillent.
J’ai failli m’arracher les cheveux à plusieurs reprises car j’ai cru deviner qui se cachait derrière cette machination infernale. Mais je me suis trompée à chaque fois ! J’ai suivi le raisonnement d’Ellen et comme elle, j’ai eu tout faux. Sauf que je n’ai pas vu venir le fin mot de l’histoire. Terrifiant, glaçant à vous hérisser les poils des bras. J'ai été scotchée !

Dans ce livre, l’auteur nous mène aux confins de l’âme humaine.Un très, très bon thriller qui n'hésite pas à jouer avec nos nerfs !

Le chemin menant à ce qu'on appelle communément la folie n'est pas aussi long qu'on on pourrait le penser. Il suffit parfois d'un petit problème de communication entre quelques cellules cérébrales pour déclencher une catastrophe. 

mercredi 2 mai 2012

Anne Wiazemsky - Une année studieuse


Éditeur : Gallimard - Date de parution : Janvier 2012 - 262 pages....chabadadada, chabadadaba, tatada, ...

1966, Anne Wiazemsky à dix-huit ans passe son bac. Celle qui atourné sous la direction de Robert Bresson envoie un lettre à Jean-Luc Godard pour lui dire son admiration. De cette lettre, va naître l’amouuuur.

Je le dis d'emblée ce roman autobiographique m’a laissée indifférente. Si je n’ai ressenti aucune émotion en lisant cette histoire d’amour considérée comme irraisonnable entre Anne Wiazemsky et Jean-Luc Godard de presque vingt ans son aîné, seuls deux points sauvent ce livre de la déception totale.On y apprend qu’Anne Wiazemsky est la petite-fille de François Mauriac et la fille d’un prince décédé (information digne de Gala, et que sa relation avec le cinéaste fait grincer des dents dans les milieux bourgeois parisiens. En premier celles de sa mère. D’ailleurs, ils se marieront en secret en Suisse. Si Anne Wiazemsky doute par moments de son amour pour Jean-Luc Godard, lui est décrit comme un homme extrêmement passionnel, jaloux, possessif voire colérique et surtout prêt à tout pour celle qu’il aime. Voilà pour l’histoire d’amour. Pour en revenir à Anne Wiazemsky le bac en poche, elle suit des cours à Nanterre où mai 68 se prépare. Elle cherche à gagner son indépendance tout en voulant rester une petite-fille. Rien de nouveau en somme hormis le contexte de l’époque.

Seuls les mouvements étudiants qui voient le jour et surtout  la personnalité du cinéaste m’ont intéressée. Certains passionnés de cinéma seront sûrement ravis de lire des descriptions concernant le tournage du film la Chinoise. L'écriture est banale et j'ai eu l'impression que l'auteure n'allait pas au fond des choses comme pour ne pas faire de vagues...

Merci à Dialogues Croisés de m'avoir permis de me faire ma propre opinion sur ce livre où je suis à contre-courant des autres avis.

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